Herzog exclue du Sénat : la sanction que l’Assemblée n’ose pas
Le Sénat a prononcé sa sanction la plus lourde contre Christine Herzog : harcèlement, collaborateurs détournés au profit de son compagnon. Quinze jours dehors, six mois sans indemnités. À l’Assemblée, pour des faits voisins, le silence continue.
Le Sénat, lui, a tranché. Le 16 juillet 2026, son Bureau, présidé par Gérard Larcher, a prononcé contre Christine Herzog, sénatrice centriste de Moselle, sa sanction la plus lourde : la censure avec exclusion temporaire, prévue par l’article 99 ter du Règlement. La plus haute peine que la chambre puisse infliger à l’un des siens.
Ce qui est reproché
Les motifs, tels qu’exposés par le Sénat, sont doubles. D’abord, du harcèlement moral à l’encontre d’un collaborateur parlementaire. Ensuite, un détournement de ressources : des collaborateurs, payés par l’argent public pour servir le mandat, auraient été mobilisés pour des tâches personnelles, au profit du compagnon de la sénatrice. À la sanction s’ajoute une obligation d’accompagnement par un professionnel, vingt-quatre heures au minimum sur un an. Selon la presse, l’exclusion du Palais du Luxembourg court sur quinze jours, assortie de la privation de l’essentiel de ses indemnités pendant six mois.
Christine Herzog est présumée innocente des infractions pénales qui pourraient en découler : une sanction disciplinaire interne n’est pas une condamnation. Mais le Bureau, lui, a estimé les faits établis à son niveau, et il a agi. C’est précisément ce geste, l’acte de trancher, qui mérite d’être souligné.
D’un hémicycle à l’autre
Car on a déjà lu cette histoire cette semaine, à quelques centaines de mètres de là. Des collaborateurs mobilisés pour des courses personnelles, une élue mise en cause comme employeuse : c’est, presque mot pour mot, ce que raconte le dossier de la députée Sandrine Josso, à l’Assemblée nationale. À une différence près, et elle est de taille : le Sénat a sanctionné, quand l’Assemblée, elle, regarde ses chaussures.
Deux chambres, deux réflexes. L’une considère que l’usage privé de moyens publics abîme l’institution, et le dit. L’autre laisse le dossier à la porte. On peut discuter de la sévérité, du calendrier, de la proportion. On ne peut pas discuter du contraste. Quand il s’agit d'argent public, il n’y a pas de petit détournement : il y a des institutions qui tiennent leur rang, et d’autres qui espèrent que ça passe.
Sources : Communiqué du Sénat · X-Pression Média
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