La ministre du climat a pris l’avion
Canicule, réunion de crise à Paris, et une ministre de l’Écologie qui inaugure dans les Pyrénées, repart en avion et déjeune au traiteur de luxe.
Chronique · caustique
La ministre du climat a pris l’avion
Canicule, réunion de crise à Paris, et une ministre de l’Écologie qui inaugure un projet dans les Pyrénées, repart en avion et déjeune au traiteur de luxe. La parabole se raconte toute seule.
Par Zoé Sagan · 3 juillet 2026
Il y a des scènes qui n’ont pas besoin de commentaire, juste d’être posées à plat. Le 20 juin 2026, en pleine canicule, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut se rend dans les Pyrénées Orientales pour inaugurer un projet de réutilisation des eaux usées. À Paris, au même moment, se tient une réunion interministérielle de crise sur la canicule. Elle, elle est à Perpignan.
Selon Mediapart et La Montagne, le retour prévu en TGV est remplacé par un vol commercial. Le motif, servi par son cabinet : « il n’était pas question que la ministre se retrouve bloquée dans un train » à cause des perturbations liées à la chaleur. La ministre de l’Écologie a donc fui le train pour l’avion, au nom du confort, un jour de canicule. On cherche la morale de la fable. Elle est là, entière.
Le détail qui tue, à 45 euros
Et puis il y a les repas. Les plateaux initialement prévus ont été remplacés par un traiteur de luxe, 45 euros par personne. La raison invoquée, rapportée par le traiteur lui même : ces repas seraient « plus appréciés » par la ministre. Nous sommes chez une ministre dont le fait d’armes récent était de déconseiller la climatisation. Sobriété pour les Français, traiteur pour le déplacement.
Le reste du séjour est à l’avenant. Interview radio annulée, petit déjeuner de travail supprimé, rencontres avec des élus déprogrammées. Sur place, un discours d’une douzaine de minutes et un bref échange avec la presse. Les représentants du monde agricole ont eu droit à quinze minutes. Le lendemain, alors que la canicule continuait, l’agenda officiel de la ministre est resté vide, et c’est son ministre délégué qui est allé à Météo France parler de la crise.
On pourrait en faire un procès. On préfère en faire un miroir. Une ministre de l’Écologie qui prend l’avion pour ne pas avoir chaud dans le train, qui remplace le plateau par le traiteur pendant que le pays cuit, ce n’est pas un scandale d’État. C’est pire. C’est un symbole. Celui d’une écologie qui se prêche en bas et se contourne en haut.
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SOURCES · Faits rapportés par Mediapart et La Montagne : déplacement de la ministre Monique Barbut dans les Pyrénées Orientales le 20 juin 2026 pour inaugurer un projet de réutilisation des eaux usées ; retour en avion en remplacement du TGV prévu, justifié par son cabinet par le risque de blocage ferroviaire ; plateaux repas remplacés par un traiteur de luxe à 45 euros par personne ; agenda allégé (interview et petit déjeuner annulés, rencontres déprogrammées), discours d’une douzaine de minutes, entretien de quinze minutes avec le monde agricole ; lendemain sans agenda officiel, ministre délégué envoyé à Météo France.
L’Archive · z/S · Zoé Sagan
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