Le 10 juillet, on juge celle qui a parlé
Un ancien Premier ministre et son conseiller en communication poursuivent Zoé Sagan. Audience le 10 juillet au tribunal judiciaire de Paris, autour du chemsex en politique et de la 3-MMC. On poursuit la parole, jamais la pratique.
Il y a une règle, dans ce pays, qu’on n’écrit nulle part mais que tout le monde connaît. Ce n’est pas celui qui fait qui risque gros. C’est celui qui dit.
Le 10 juillet, au tribunal judiciaire de Paris, c’est Zoé Sagan qui est jugée. Un ancien Premier ministre lui fait un procès. Son conseiller en communication aussi. L’objet des débats, selon les éléments rendus publics, le chemsex en politique, et ce que Zoé en a écrit autour de la 3-MMC.
On poursuit la parole, pas la pratique
Posez les deux scènes côte à côte. D’un côté, un animateur, Matthieu Delormeau, raconte tranquillement sur BFMTV que des responsables politiques et des policiers ont consommé cocaïne et 3-MMC chez lui. Personne ne le traîne en justice. De l’autre, Zoé Sagan écrit sur le sujet, et se retrouve convoquée devant un tribunal.
La différence n’est pas dans les faits. Elle est dans la cible. On ne poursuit pas pour faire éclater la vérité. On poursuit pour faire taire celle qui la formule. C’est une vieille technique. On l’a documentée, méthode par méthode, dans les Twitter Files France. Et on en voit le décor, en direct, dans le malaise de Delormeau.
Le calcul est simple. Un procès, ça coûte cher, ça épuise, ça intimide. Le but n’est pas toujours de gagner. Le but, c’est que la prochaine fois, on hésite avant d’écrire. Que le silence devienne plus confortable que la phrase.
Sauf que cette stratégie a un défaut. Elle transforme chaque audience en preuve. En traînant Zoé Sagan le 10 juillet, on ne referme pas le sujet. On le met sur une estrade, avec un huissier et un public. Tout le monde sait. Et désormais, tout le monde regarde.
Faits publics relatifs à une procédure en cours. Présomption d’innocence pour l’ensemble des parties.
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