McKinsey : 4 ans d’enquête, 3 procédures et un calendrier brouillé
Le commentaire politique parle d’un réveil du PNF. Les documents racontent 3 procédures distinctes, ouvertes en 2022, puis une saisie réalisée avant son annonce publique. Remettre les dates dans le bon dossier change la lecture.
La saisie est devenue publique le 4 septembre. Elle avait eu lieu le 19 août. L’enquête fiscale, elle, remontait au 31 mars 2022. Dans le dossier McKinsey, lire les dates à l’endroit suffit déjà à corriger l’idée d’une justice qui aurait commencé à agir cet automne.
Les procédures se sont multipliées autour du même nom. Le communiqué du PNF du 24 novembre 2022 en distingue explicitement 3 : le volet fiscal, les comptes de campagne et le favoritisme. Ils ont des dates d’ouverture, des qualifications et des objets différents.

Les dates publiques, dossier par dossier
| Date | Acte ou événement documenté | Périmètre |
|---|---|---|
| 16 mars 2022 | Dépôt du rapport sénatorial | Influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques |
| 31 mars 2022 | Ouverture d’une enquête préliminaire | Blanchiment aggravé de fraude fiscale aggravée |
| Mai 2022 | Perquisitions, selon la rétrospective de Consultor | Structures françaises de McKinsey |
| 20 octobre 2022 | Ouverture d’une information judiciaire | Comptes des campagnes électorales de 2017 et 2022 |
| 21 octobre 2022 | Ouverture d’une information judiciaire | Favoritisme et recel de favoritisme |
| 2025 et 2026 | Auditions de témoins et de suspects rapportées par l’AFP | Enquête fiscale |
| 19 août 2026 | Saisie de fonds en Belgique | Enquête fiscale, entraide judiciaire |
| 4 septembre 2026 | Annonce commune des parquets français et belge | Publicité de la saisie |
Le tableau rapproche les dates du rapport du Sénat, du communiqué du PNF, de la rétrospective de Consultor et de la dépêche AFP du 4 septembre. Il retrace les étapes rendues publiques, pas l’intégralité des actes d’enquête.
Le fiscal commence avant les autres volets
Le premier dossier examine les obligations fiscales du groupe et de ses entités françaises. Les 2 informations judiciaires ouvertes à l’automne portent sur d’autres questions. Le PNF cite les travaux parlementaires, mais aussi des plaintes et signalements parmi les éléments à l’origine de ses procédures. L’existence d’un même cabinet dans les 3 dossiers ne transforme pas leurs objets en une accusation unique.
L’enquête sur les comptes électoraux vise les conditions d’intervention de cabinets de conseil dans les campagnes de 2017 et 2022. Ce périmètre n’autorise pas à attribuer à une campagne les fonds saisis dans le volet fiscal. Le dossier de favoritisme ne se résume pas davantage à l’absence alléguée de versement d’un impôt. Chacune de ces qualifications appelle ses propres vérifications.
Cette précision a une conséquence éditoriale immédiate : une somme issue d’une dépêche fiscale ne peut pas illustrer un financement électoral sans pièce supplémentaire. Le nom McKinsey relie les manchettes. Il ne dispense pas de lire ce qui suit.
La Belgique intervient dans une enquête en cours
L’AFP rapporte une demande d’entraide après des auditions en 2025 et 2026. La saisie réalisée en Belgique constitue donc une étape du travail décrit par les procureurs. Sa mise en lumière, plus de 2 semaines après l’opération, ne marque pas l’ouverture de l’enquête. Le cabinet conteste toute faute.
La période entre 2022 et 2026 comporte encore des zones non documentées publiquement. Elles empêchent d’évaluer, à partir de ces seules sources, la durée de chaque vérification ou de chaque échange. Elles n’autorisent pas à présenter toute cette période comme une interruption. Les perquisitions et auditions déjà rapportées contredisent cette présentation.
Ce que le calendrier ne dit pas
Aucun des documents consultés ne démontre que la saisie aurait été commandée pour intervenir dans une compétition électorale. Une telle hypothèse demanderait d’autres éléments : un ordre, un échange, un témoignage recoupé ou une pièce montrant un choix étranger aux besoins de l’enquête. Une proximité de dates ne peut pas les remplacer.
La question des délais demeure légitime. Elle gagnerait à porter sur les moyens disponibles, les opérations effectuées et les décisions attendues. Ce contrôle-là a besoin d’informations supplémentaires, pas d’un verbe qui présume le résultat. Parler de « réveil » fournit une explication avant d’avoir établi un sommeil.
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