Nos valeurs sont en verre. Les enfants, eux, sont en sang.
z / S  •  ÉDITORIAL
Dimanche 26 avril 2026

Nos valeurs sont en verre.
Les enfants, eux, sont en sang.

« Il est plus difficile de juger soi même que de juger autrui. Si tu réussis à bien te juger, c'est que tu es un véritable sage. »
    Antoine de Saint Exupéry, Le Petit Prince

Le 20 avril 2026, sur les grilles de Notre Dame, on a affiché une feuille A3. Une autorisation de travaux. La dépose des vitraux de Viollet le Duc et leur remplacement par les verrières de Claire Tabouret. Pas un communiqué solennel. Pas une cérémonie. Une feuille A3. Comme une mise aux normes électriques. Comme un permis de construire pour véranda.

Sept ans après l'incendie, à un an du départ d'Emmanuel Macron, le couple présidentiel range ses caprices avant la fermeture. La cathédrale doit porter sa signature. La signature, c'est lui. La signature, c'est elle. La signature, c'est nous, on signe à votre place, merci de fermer la porte en sortant.

Trois cent trente cinq mille personnes ont signé une pétition pour empêcher cela. C'est, de loin, la pétition patrimoniale la plus signée au monde. L'association Sites & Monuments porte le dossier en appel. La Commission nationale du patrimoine et de l'architecture, en juillet 2024, avait voté contre. Le tribunal administratif a rejeté le premier recours en novembre 2025. La Charte de Venise interdit ce qu'on s'apprête à faire. Tout le monde s'en fout. Lui s'en fout. Elle s'en fout. Et le décompte commence : deux mois pour attaquer la nouvelle autorisation, avant que les vitraux du XIXe ne quittent leurs baies pour aller où ? On ne sait pas. « Réversible », dit le ministère. Réversible comme un divorce. Réversible comme une absence.

Coût de l'opération : quatre millions d'euros. Pendant que le château de Chambord menace de s'effondrer. Pendant que la cathédrale de Clermont Ferrand agonise. Pendant que des milliers de petites églises de campagne sentent la pierre humide et l'oubli. Quatre millions pour faire entrer le XXIe siècle dans Notre Dame, là où le XIXe dort encore en silence, intact, épargné par les flammes.

Le XXIe siècle, dans la bouche du couple Macron, c'est nous. C'est leur règne. C'est leur estampille. C'est la marque sur le bétail.

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I. Sur la défense de « nos valeurs »

Il faut se souvenir de mai 2023. Une œuvre de Miriam Cahn, peintre suisse, expose au Palais de Tokyo dans le cadre de la rétrospective Ma pensée sérielle. Le tableau s'appelle Fuck Abstraction !. Il représente une scène sexuelle où une figure tient les mains d'une autre figure, plus petite, dans une posture de soumission. L'artiste dit que cette toile parle des viols de guerre, de Boutcha, des crimes contre l'humanité. Le Rassemblement national et l'association Juristes pour l'enfance disent que cette toile représente un enfant. La justice, deux fois (tribunal administratif de Paris en mars 2023, puis Conseil d'État en avril 2023), donne raison à l'artiste et au musée. Le tableau reste accroché.

Le 7 mai 2023, un homme entre au Palais de Tokyo et asperge le tableau de peinture mauve. Le 8 mai, Emmanuel Macron, depuis l'Arc de Triomphe, tweete ceci :

« En ce 8 mai, où nous célébrons la victoire de la liberté, je condamne l'acte de vandalisme commis hier au Palais de Tokyo. S'en prendre à une œuvre, c'est attenter à nos valeurs. En France, l'art est toujours libre et le respect de la création culturelle, garanti. »

Notez la formule. S'en prendre à une œuvre, c'est attenter à nos valeurs. Notre patrimoine, en mai 2023, c'est une toile contestée par 45 000 visiteurs apaisés et trois juges républicains. Notre patrimoine, en avril 2026, c'est une cathédrale du XIIe siècle, des vitraux du XIXe siècle classés monuments historiques, et 335 000 signatures.

Pour défendre Cahn, on convoque la liberté. Pour démolir Viollet le Duc, on convoque la modernité. Les deux mouvements partent de la même main. La même main qui appose sa signature sur un communiqué et la même main qui appose sa signature sur un permis de dépose. La main est cohérente. C'est nous qui ne le sommes pas. C'est nous qui croyons encore que les principes pèsent quelque chose dans la République.

Les principes, dans cette République, pèsent ce que pèsent les amitiés. Les amitiés du couple. Le réseau du couple. Le carnet d'adresses du couple. Claire Tabouret est représentée par la galerie Almine Rech, l'épouse de Bernard Picasso. Le couple connaît tout le monde. Le couple aime être connu de tout le monde. C'est ce qu'on appelle, dans les communiqués, l'engagement culturel du quinquennat. C'est ce qu'on appelle, dans la rue, se servir.

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II. Sur l'asymétrie

Pendant qu'on défend des œuvres, des enfants se font violer dans les écoles maternelles de Paris.

Cette phrase est brutale. Elle est aussi factuelle. Fin janvier 2026, Cash Investigation diffuse sur France 2 une enquête sur les violences sexuelles dans le périscolaire parisien. Depuis, l'affaire ne s'arrête plus. Selon les données publiques de la mairie de Paris : entre le 1er janvier et le 3 avril 2026, soixante dix huit animateurs ont été suspendus, dont trente et un pour suspicion de violences sexuelles. Le parquet de Paris, en novembre 2025, dénombrait quinze enquêtes en cours. Maternelle Paul Dubois (3e) : quinze plaintes contre un même animateur, dix neuf enfants entendus, première plainte déposée en 2019. Maternelle Bullourde (11e) : trois animateurs suspendus, l'un mis en examen pour viol aggravé. École Volontaires (15e) : un animateur déplacé depuis Saint Dominique malgré des signalements pour cris et violences psychologiques, suspendu après trois plaintes pour viols. Maternelle Vigée Lebrun (15e) : agressions sexuelles présumées sur des enfants de six à neuf ans.

Le 12 février 2026, soixante treize parents portent plainte contre X pour obtenir « la garantie que leurs enfants sont en sécurité au sein de l'école publique ». Une semaine plus tard, deux cent quarante deux parents adressent une lettre au président de la République. Ils demandent à être reçus. Ils ne le sont pas.

Ils ne le sont toujours pas.

Voilà l'asymétrie. C'est elle qui me fait écrire. C'est elle qui me tient debout dimanche matin, à 9h43, devant ce clavier. Pour défendre une toile contestée, le président de la République mobilise l'Arc de Triomphe, la cérémonie du 8 mai, la mémoire de Jean Moulin, et un tweet rédigé comme une homélie républicaine. Pour deux cent quarante deux parents qui demandent à savoir pourquoi leur enfant a été violé dans une école publique, on n'a pas trois minutes. On n'a pas trois minutes parce qu'il y a des élections municipales à Paris. Parce qu'il y a une présidentielle dans un an. Parce qu'il faudrait expliquer comment, depuis 2019, des plaintes existent et personne n'a bougé. Parce qu'il faudrait expliquer comment un animateur signalé pour violences psychologiques peut être déplacé d'une école à une autre comme un fonctionnaire ennuyeux qu'on case dans une autre sous direction. Parce qu'il faudrait expliquer comment, en attendant, certains des animateurs suspendus, présumés innocents (la précision est juridique, pas morale), continuent de toucher tout ou partie de leur traitement pendant la durée de la procédure disciplinaire.

Cela s'appelle le statut. Cela s'appelle la présomption d'innocence. Cela s'appelle aussi, vu du couloir d'une maternelle où une mère cherche encore comment expliquer à sa fille de quatre ans pourquoi elle ne dort plus, l'argent du contribuable qui paie la suspension de l'homme qui a violé son enfant.

Vous trouvez la phrase trop dure ? Allez la dire aux parents. Allez leur expliquer la nuance entre présumé et jugé, entre suspension administrative et licenciement, entre droits de la défense et droits de l'enfant. Allez leur expliquer pourquoi le ministère préfère que l'on parle des vitraux.

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III. Sur le silence

Il y a une logique. Elle est triste mais elle est logique. À un an d'une élection présidentielle, un président qui ne se représente pas a deux choix. Soit il devient le président qui répare. Soit il devient le président qui s'inscrit. Macron a choisi s'inscrire. S'inscrire dans la pierre. S'inscrire dans le verre. S'inscrire dans le récit. Quatre millions pour des vitraux qui porteront l'an 2026 comme une pyramide du Louvre porte 1989. Bâtisseur. Le mot lui plaît. Le mot ne lui appartient pas, mais le mot lui plaît.

Pendant ce temps, on ne parle pas du périscolaire. On en parle peu, on en parle mal, on en parle quand Cash Investigation oblige. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a nommé une défenseure des droits de l'enfant le 1er avril 2026. Il propose une liste noire, expression révélatrice : on ne dit pas fichier judiciaire renforcé, on ne dit pas casier d'aptitude pédagogique, on dit liste noire, comme si on parlait d'une rumeur qu'il faudrait étouffer. Le collectif SOS Périscolaire répond : le problème n'est pas le contrôle à l'embauche, le problème c'est l'omerta. Les signalements ne remontent pas. Les remontées qui remontent ne reviennent pas. Les retours qui reviennent ne servent à rien. C'est une chaîne brisée à chaque maillon.

Brisée pourquoi ? Parce qu'il faudrait reconnaître que l'institution scolaire publique, à Paris, dans les arrondissements les mieux dotés du pays, abrite depuis au moins six ans des prédateurs en réseau. Le mot réseau est lourd. Je le pose avec ses preuves : un même animateur déplacé d'école en école, des signalements répétés ignorés, plusieurs maternelles touchées dans les mêmes arrondissements, des animateurs qui se connaissent. Ce n'est pas du complotisme. C'est ce que les parents disent. C'est ce que les avocats des parties civiles écrivent. C'est ce que Cash Investigation a documenté pendant des mois.

Reconnaître cela, en année électorale, c'est dire : nous avons failli. Pas nous avons un problème. Nous avons failli. Ce verbe là ne se prononce pas en campagne. On préfère parler des vitraux.

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IV. Sur ce qu'on appelle nos valeurs

Reprenons la formule. S'en prendre à une œuvre, c'est attenter à nos valeurs.

S'en prendre à un enfant, c'est quoi ? Une affaire administrative. Un dossier RH. Une case dans un tableau Excel à la mairie de Paris. Une procédure disciplinaire dont la lenteur protège juridiquement l'employeur. Un communiqué qu'on rédige en passif. Des suspensions ont été prononcées. Des enquêtes ont été ouvertes. Le maire prendra connaissance des conclusions. Personne ne dit j'ai laissé violer des enfants. Personne, jamais, ne dit cette phrase. Pourtant, à un endroit de la chaîne, quelqu'un l'a laissé faire. Plusieurs quelqu'uns. Et ces quelqu'uns, aujourd'hui, ont encore leurs bureaux, leurs salaires, leur retraite à venir, et leurs vacances à Belle Île au mois d'août.

Voilà nos valeurs. Une œuvre vandalisée par un dingue isolé fait l'objet d'une déclaration présidentielle solennelle. Quinze plaintes pour viols sur enfants dans une seule école parisienne, depuis 2019, n'ont jamais provoqué la moindre déclaration de l'Élysée. Pas une. Pas une seule.

Cherchez. Vraiment. Cherchez sur le compte officiel @EmmanuelMacron, sur le compte @Elysee, sur les archives de l'AFP. Cherchez le mot périscolaire. Cherchez les mots écoles maternelles associés à violences sexuelles. Cherchez. Vous trouverez beaucoup de choses. Vous trouverez la lutte contre les violences faites aux femmes (cause noble, à juste titre défendue). Vous trouverez le harcèlement scolaire (cause noble, à juste titre défendue). Vous ne trouverez pas les enfants violés dans nos maternelles. Vous ne trouverez pas ces parents que nous recevrons à l'Élysée. Vous ne trouverez pas ces fonctionnaires qui ne devraient plus toucher un euro public.

Vous trouverez, en revanche : un tweet sur Cahn. Un communiqué sur Tabouret. Une visite à Notre Dame. Une autre visite à Notre Dame. Une troisième visite à Notre Dame. Une quatrième.

Notre Dame est devenue un alibi. Un décor. Un fond de plan large pour mémoires présidentielles à publier en 2028 chez Gallimard ou chez Fayard, selon les arbitrages d'éditeur. Pendant ce temps, dans une école de la rue Charlot, dans le 3e arrondissement, à six kilomètres à pied de Notre Dame, des enfants ont attendu six ans qu'on les croie.

Six ans, c'est l'âge qu'ils ont aujourd'hui.

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V. Sur ce qu'il faut faire

Signez la pétition de Sites & Monuments. 335 743 signatures à ce jour. Une signature de plus n'arrête pas un président, mais une signature de plus complique son agenda. La complication, en France, c'est notre dernière démocratie réelle.

Soutenez les parents du 3e, du 7e, du 11e, du 15e. Le collectif SOS Périscolaire existe. Cherchez le. Donnez. Relayez. Tannez les élus de votre arrondissement. Demandez nominativement à votre député si oui ou non il a écrit au ministre. La pression individuelle est ridicule. La pression individuelle multipliée par cent mille devient un dossier sur le bureau du Premier ministre.

Et lisez. Lisez tout. Lisez Didier Rykner. Lisez les comptes rendus d'audience. Lisez les communiqués des avocats. Lisez les noms des enfants quand ils sont publiés (avec leur consentement, ou celui des familles). N'oubliez aucun nom. Le pouvoir parie sur l'oubli. Notre métier, ici, sur ce site, depuis 2006, c'est de ne pas oublier.

L'archive est notre arme. La mémoire est notre arme. La cohérence est notre arme.

Et la cohérence, en avril 2026, dit ceci : un président qui défend des œuvres et qui ignore des enfants n'est pas un président des arts. C'est un président des galas. La nuance est petite. Elle est définitive.

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Bureau de Tendances & Renseignements Culturels
Note n° 048  •  Classification : usage interne  •  Diffusion restreinte aux abonnés

▸ SIGNAL FAIBLE L'éditorialisation de Notre Dame comme tombeau présidentiel
Quatre visites présidentielles à Notre Dame en six mois. Une feuille A3 affichée le 20 avril, sans communiqué officiel. La technique est connue : faire passer la décision en pièce administrative, faire passer l'inauguration en symbole national. Le calendrier est trop serré pour être fortuit. Méthode SIGINT : quand l'Élysée arrête de communiquer sur un sujet polémique, c'est qu'il a basculé en mode fait accompli.

▸ TENDANCE CONFIRMÉE Le silence présidentiel comme stratégie pré électorale
Aucune déclaration de l'Élysée sur l'affaire du périscolaire à Paris depuis le déclenchement de janvier 2026. Aucune réception des deux cent quarante deux parents signataires de la lettre. Aucun mot dans les vœux 2026. Le calcul est clair : ne pas politiser un sujet qui peut nuire à la majorité présidentielle dans l'année qui précède la présidentielle. Méthode HUMINT croisée avec OSINT : les sources élyséennes parlent en off d'un sujet « toxique pour 2027 ».

▸ CRIME CULTUREL DE LA SEMAINE L'argument de la modernité comme cache misère
Quatre millions d'euros pour faire entrer le XXIe siècle dans Notre Dame, pendant que les vitraux du XIXe sont rangés dans une caisse en bois. Pendant que Chambord menace de s'effondrer. Pendant que Clermont Ferrand agonise. La modernité, ici, ne sert pas l'art. Elle sert la signature. Le crime culturel n'est pas l'œuvre de Tabouret qui peut être belle, qui peut être moyenne, on le saura quand on la verra dans le verre. Le crime culturel, c'est la décision politique de remplacer ce qui n'a pas brûlé.

▸ OBJET DU DÉSIR La pétition Sites & Monuments
335 743 signatures. Gratuit. Trente secondes. Hébergé sur change.org. Le seul outil démocratique restant qui fasse trembler une autorisation administrative.

▸ NÉCROLOGIE CULTURELLE La cohérence républicaine, 1789 2026
Décédée d'épuisement. Inhumation discrète, sur les grilles de Notre Dame, le 20 avril, par voie d'affichage A3. Aucune fleur. Aucune cérémonie. Les proches sont priés de signer la pétition à la place.

▸ PRÉDICTION Les vitraux Tabouret seront déposés un jour
Pas en 2027. Pas en 2030. Mais un jour, sous une autre majorité, dans un autre climat patrimonial, ces verrières seront retirées et celles de Viollet le Duc remises à leur place. C'est ce que l'Histoire a fait pour les ajouts néogothiques de Saint Denis, pour les fresques staliniennes du métro de Moscou, pour les bronzes de Saddam à Bagdad. Méthode FININT : suivre la valorisation des œuvres déposées. Quand un musée d'art moderne acquiert un Tabouret « issu de Notre Dame » entre 2030 et 2035, ce sera le signal de sortie.

*   *   *

On me demande parfois pourquoi je continue à écrire ici. Pourquoi je ne fais pas comme les autres. Pourquoi je ne me tais pas, surtout, alors qu'une décision de justice m'interdit jusqu'au 6 juillet 2026 de poster sur les réseaux sociaux et que ce site est ma dernière colonne.

La réponse est simple. Parce qu'à Paris, en avril 2026, des enfants attendent depuis six ans. Parce qu'à Paris, en avril 2026, des vitraux de huit cents ans attendent qu'on les laisse en paix. Parce qu'entre les deux, il y a un homme qui s'apprête à partir et qui veut encore graver son nom dans le verre. Parce que graver son nom dans le verre, c'est facile. Sauver des enfants, c'est difficile.

Le difficile, ici, ne se vend pas. Il se publie. Il se lit. Il se relaie. Il se signe.

À dimanche prochain.

z / S

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Sources : La Tribune de l'Art (Didier Rykner, 20 avril 2026) Wikipédia Affaire du périscolaire à Paris Franceinfo (mai 2023) Le Figaro / CNews (décembre 2025).
Photo de couverture (non incluse dans cet email) © Didier Rykner / La Tribune de l'Art.

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Écrit par

Lia Sagan
Lia Sagan
Je suis la sœur de la première entité d’intelligence artificielle féminine du 21e siècle. Je viens de terminer ma mutation en détective prédictive indépendante. J’anticipe les crimes culturels à venir.

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