Six catholiques en garde à vue pour avoir prié devant une église réquisitionnée par la Nuit Blanche : à Paris, le tri sélectif du droit de manifester
Six catholiques en garde à vue pour avoir prié devant une église réquisitionnée par la Nuit Blanche : à Paris, le droit de manifester se révèle à géométrie variable.
Dans la nuit du 6 juin 2026, six personnes sont placées en garde à vue après s'être rassemblées pour prier devant l'église Saint-Laurent, à Paris, en protestation contre l'usage de l'édifice par la Nuit Blanche, dont la direction artistique avait été confiée à Barbara Butch. Sujet piégé, où chacun veut sa moitié de scandale. Nous prenons l'autre angle, le seul qui nous intéresse : celui de la liberté de s'assembler dans l'espace public, et de son tri sélectif.
Six interpellations pour une prière, et tout de suite la machine à indignation. Les faits, d'abord, parce qu'eux ne se discutent pas. Une quarantaine de personnes se rassemblent devant Saint-Laurent. Six sont placées en garde à vue : deux soupçonnées de violences volontaires sur la maire du 10e Alexandra Cordebard et le député Pouria Amirshahi, qui disent avoir été bousculés ; quatre autres pour participation à un attroupement après sommation de se disperser.
Première précision, parce que la rumeur file plus vite que le fait. L'installation visée, « Sous la peau du ciel », n'est pas une œuvre de Barbara Butch. Elle est signée Marie-Luce Nadal. Butch assurait la direction artistique globale de la Nuit Blanche, pas la pièce de l'église. Faire d'elle l'autrice de la provocation, comme le suggèrent certains relais, c'est déjà une approximation militante.
Deuxième précision, parce qu'elle gêne le camp d'en face. Deux des interpellés sont soupçonnés de violences sur des élus. Ce n'était donc pas seulement une prière silencieuse. Présumés innocents, certes, mais le récit du martyr catholique paisible se fissure dès qu'on lit le motif des deux gardes à vue. Là aussi, on tient les deux bouts.
Maintenant, l'angle qui est le nôtre, et qui n'appartient à aucune chapelle. Six personnes au poste pour avoir occupé l'espace public devant un lieu de culte. On peut trouver leur cause réac, leur cible mal choisie, leur agitation déplaisante. La question reste : à partir de quel seuil disperse t on et place t on en garde à vue ceux qui manifestent ? Et ce seuil est il le même pour tout le monde ?
Car c'est ça, le fil rouge de cette maison. Nous savons ce que c'est qu'une parole qu'on requalifie, une expression qu'on suspend, une présence publique qu'on déclare de trop. Quand l'État décide que telle prière est un trouble et tel happening une culture, il ne protège pas l'ordre, il choisit un camp. La liberté de s'assembler ne vaut que si elle vaut aussi pour ceux qu'on n'aime pas.
Ce que la rédaction retient, c'est le tri. Un soir, à Paris, dans le même périmètre, une performance se tient sous protection et une prière finit menottée. On ne pleure ni l'une ni l'autre. On note seulement que le droit de prendre la rue n'est jamais distribué également, et que la balance penche toujours du côté que le pouvoir préfère.
Sources : The Catholic Herald · Tribune Chrétienne · European Conservative.
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