Trop dangereux pour entrer aux États Unis en juin, bon pour siffler une finale européenne en août
Omar Abdulkadir Artan a été refoulé de Miami en juin avec un visa valide, après onze heures d’interrogatoire. Le Département d’État l’a dit lié à des personnes soupçonnées de terrorisme. Ce soir, l’UEFA lui confie PSG contre Aston Villa.
Trop dangereux pour entrer aux États Unis en juin, bon pour siffler une finale européenne en août
Ce soir à Salzbourg, l’homme au sifflet a été refoulé de l’aéroport de Miami il y a deux mois, avec un visa valide, après onze heures d’interrogatoire et une cellule de rétention. Le Département d’État l’a dit lié à des personnes soupçonnées de terrorisme. L’UEFA vient de lui confier PSG contre Aston Villa. Un des deux verdicts est faux.
20 h 45. Ou 21 h 00. Commençons par là, parce que même l’heure du coup d’envoi ne fait pas l’unanimité · Eurosport annonce 20 h 45, quand l’UEFA et les confrères qui reprennent sa fiche donnent 21 h 00. Nous ne tranchons pas, nous signalons l’écart. Ce qui est établi · mercredi 12 août 2026, Red Bull Arena de Salzbourg, en Autriche, Paris Saint Germain contre Aston Villa, Supercoupe de l’UEFA, diffusion en direct sur Canal+ et Canal+ Foot avec antenne dès 20 h 20, direct commenté sur Eurosport.fr. Le PSG remet en jeu le trophée gagné la saison passée face à Tottenham, Villa arrive avec la Ligue Europa.
Maintenant le vrai sujet, celui que les previews de ce matin rangent en fin d’article, dans la rubrique « qui arbitre ». C’est le Somalien Omar Abdulkadir Artan, 34 ans, assisté à la vidéo par l’Italien Marco Di Bello. Retenez ce nom, parce que l’État le plus puissant du monde a décidé, il y a deux mois, que cet homme ne pouvait pas poser un pied sur son territoire.
Le 6 juin 2026, Artan se présente à l’aéroport international de Miami pour officier à la Coupe du monde. Il est titulaire d’un visa valide. Il est refoulé. Interrogé pendant onze heures, placé dans une cellule de rétention, puis embarqué sur un vol retour vers Istanbul. La FIFA annonce ensuite qu’il n’officiera pas durant la compétition. La police aux frontières américaine justifie le refoulement par des « problèmes liés à la vérification de ses antécédents ». Un responsable du Département d’État va plus loin auprès de l’AFP · l’arbitre serait « lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes », ce qui « rendait le voyageur inéligible à l’entrée » (AFP via Eurosport).
Interrogé par la Maison Blanche sur le dossier, Andrew Giuliani, patron de l’équipe chargée de l’organisation du Mondial, a livré devant l’Atlantic Council à Washington la phrase la plus économe de l’été.
« Une très bonne raison » qu’on ne détaille pas, dans le même mouvement de langue que les « acteurs malveillants » qu’il faut empêcher de venir « sous couvert de la Coupe du monde ». Le même épisode a vu une quinzaine de membres de l’encadrement iranien se voir refuser des visas, et la sélection iranienne déplacer son camp de base de Tucson à Tijuana, au Mexique, tout en jouant ses trois matchs de groupe aux États Unis (AFP via Eurosport). Rappelons au passage que le président américain a publiquement qualifié la Somalie de « pays pourri ».
Le dossier d’Artan, lui, tient en une ligne · statut FIFA depuis 2018, arbitre du championnat somalien, expérience de Coupe d’Afrique des nations, désigné meilleur arbitre africain l’an dernier, premier Somalien retenu pour une phase finale de Coupe du monde. Au téléphone avec le New York Times depuis Istanbul, il a dit ce qu’un homme dit quand on lui a pris son métier sans lui expliquer pourquoi.
Il est rentré à Mogadiscio en héros, accueilli par une centaine de personnes à l’aéroport, et il a dit qu’il serait là en 2030. Le gouvernement somalien a défendu son intégrité. L’opposition a tapé sur l’administration américaine et sur la FIFA, coupable de ne pas avoir soutenu son propre arbitre.
Et deux mois plus tard, l’UEFA le nomme sur une finale continentale. Voilà l’arithmétique · même homme, même dossier, même nom dans les mêmes bases de données, deux institutions, deux conclusions opposées. Soit les États Unis ont refoulé sur un homonyme, une erreur de fichier ou une humeur politique, et il faut le dire. Soit l’UEFA confie une finale à un profil que le renseignement américain juge inéligible, et il faut le dire aussi. Les deux ne peuvent pas être vrais en même temps, et personne ne pose la question à voix haute ce matin, parce que la question dérange deux fédérations et une administration.
La FIFA l’a laissé tomber en juin. L’UEFA le réhabilite en août, sans un mot d’explication sur ce qui a changé entre les deux. Ce silence est la vraie nomination. Il dit qu’aucune des deux décisions n’a jamais reposé sur un fait vérifiable, seulement sur ce qui était commode ce mois là.
Alors ce soir, à 20 h 45 ou à 21 h 00, regardez le monsieur en rouge. Il vaut mieux qu’un pronostic.
NOTE DE TRANSPARENCE · l’heure du coup d’envoi diverge entre Eurosport, qui écrit 20 h 45, et la fiche UEFA reprise par plusieurs confrères, qui donne 21 h 00 · la divergence est signalée dans le texte et non arbitrée. Les déclarations de la police aux frontières américaine, du Département d’État et d’Andrew Giuliani sont reprises de la dépêche AFP publiée par Eurosport le 10 juin 2026 · nous n’avons pas obtenu les communiqués primaires du Department of Homeland Security ni du Département d’État. L’entretien d’Omar Artan est celui accordé au New York Times, cité par l’AFP · nous n’avons pas lu l’article original du New York Times, et le disons. Aucune accusation n’est retenue contre M. Artan par une juridiction · les termes employés par l’administration américaine sont rapportés comme déclarations, pas comme faits établis, et aucun élément public ne les étaye à ce jour. Aucune vidéo n’est embarquée · aucun identifiant YouTube n’a pu être validé par oEmbed avant publication. Aucun post X n’est cité.
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