Taryn Simon, force de réalité
Si Taryn Simon était reporter, on dirait qu’elle informe. Mais la New-Yorkaise est artiste, alors on dit qu’elle dérange. Pour Taryn Simon, c’est le sens qui prime. Regarder un cliché de l’artiste de 37 ans, c’est comme se voir attraper fermement par la nuque et être obligé de regarder la réalité en face.
Mais loin de lancer ses photos dans une métaphysique stratosphérique, elle ancre ses clichés dans une réalité sociale, politique et contemporaine. Son œuvre en devient, si ce n’est un combat, du moins un engagement, une obligation au questionnement. Selon l’adage de René Char selon qui « ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience », alors Taryn Simon mérite amplement les deux.
Les massacres dans le monde, les objets prohibés à l’aéroport Kennedy, les lieux secrets, les prisonniers innocents, les menacés de fatwa, les immigrés illégaux, les révolutionnaires, les blessés, les sans papiers, les sans paroles… Non, il ne s’agit pas du programme des vacances de BHL, ni du plan d’urgence de l’ONU, mais de ses différents travaux. Taryn Simon utilise son appareil photo comme Zola écrit dans l’Aurore ou Nanni Moretti tourne ses films. Ou comme l’aurait dit Albert Londres, « pour planter sa plume dans la plaie de la société ».
Pas de doute, Taryn Simon est une artiste. Elle aime l’esthétique et ses clichés révèlent une maîtrise de la lumière et de la mise en scène absolument parfaite. Mais là n’est pas le principal. Les photos de Taryn ne doivent pas seulement se contempler, elles doivent se faire expliquer. Savoir, comprendre, analyser. Qui, où, quoi, comment, pourquoi. Comme sa série The Innocents qui nous montre d’anciens prisonniers, enfermés à tort. Les sujets posent sur les lieux du crime, de leur arrestation ou de leur alibi. Froidement. Comme toujours. La photo paraît d’abord innocente, avant de révéler son sens qui vous frappe en plein visage. L’effet Simon.
C’est que Taryn Simon a une obsession : montrer ce que nous ne voulons pas voir. Quand nos yeux se ferment sur notre culpabilité d’humain, quand nos cerveaux effacent pour continuer à dormir, Taryn, elle, fige la vérité sur pellicule pour que nous ne puissions échapper à notre monde. Pour ne plus pouvoir dire que l’on ne savait pas.
PARADISE #059. East Village apartment 84 East 7th Street 1980-1985. Untitled Film Stills série finale 1980. Pink Robes 1982. Centerfolds 1981. Tight as Houses 1980 David. Saltimbanques 1981. Séparation 1985 amère. 40 ans pas se parler 1985-2025. Cindy fortune 2024 = 50 millions dollars vs
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