Wahida, morte seule sous les toits de Paris
« Là haut, c'était irrespirable, un vrai four. » Un voisin, cité par Le Parisien.
Elle vivait sous un toit en zinc, au septième et dernier étage, dans une chambre sans volet ni store. Quand la canicule est arrivée, les autres locataires du palier sont partis. Elle n'avait nulle part où aller. Wahida Kerchache a été retrouvée morte le 29 juin, dans le quatorzième arrondissement de Paris. Elle attendait un logement social qui n'est jamais venu.
Square de Châtillon, Paris 14e. Selon Le Parisien, qui a rapporté son histoire, Wahida Kerchache occupait depuis près de trente ans une chambre de bonne au dernier étage d'un immeuble du square de Châtillon. Une petite pièce sous les combles, directement sous la toiture de zinc. Pas de volet. Pas de store. Le métal chauffe tout le jour et restitue la chaleur la nuit. Sous les toits parisiens, pendant un épisode caniculaire, la température peut dépasser de dix à quinze degrés celle de la rue.
Je ne vais rien ajouter à ce que ses proches ont dit. Je vais juste reprendre, dans l'ordre, ce qui est établi. Wahida avait 66 ans. D'après Le Parisien, elle avait quitté l'Algérie dans les années 1990 pour fuir la violence. À Paris, pendant dix huit ans, elle avait travaillé auprès de personnes âgées. Elle avait déposé une demande de logement social. Elle était sur liste d'attente. Elle l'était encore le jour de sa mort.
24 juin. C'est la dernière date où elle a été vue vivante, selon Le Parisien. Le 24 juin 2026 restera comme la journée la plus chaude jamais enregistrée en France. Autour d'elle, sur le même palier, des étudiants avaient déjà plié bagage, partis dormir ailleurs le temps que ça passe. Wahida est restée. Les pompiers sont entrés dans la chambre le 29. Ils l'ont trouvée sans vie.
La chaleur tue les pauvres avant les autres. Elle ne tue pas au hasard. Elle vise le dernier étage plutôt que le premier, la chambre de bonne plutôt que l'appartement de standing, la personne seule plutôt que celle qu'on appelle chaque soir. Le zinc au dessus de la tête est un marqueur social autant qu'un matériau. Il dit qui a les moyens de descendre d'un étage, et qui reste coincé sous le four.
Canicule · Wahida Kerchache, 66 ans, morte seule dans sa chambre de bonne du 14e arrondissement de Paris, sous un toit en zinc, sans volet ni store. Voir le fil et l'article du Parisien.
Ce qui frappe, dans le témoignage recueilli par Le Parisien, ce n'est pas la colère. C'est la pudeur. Une voisine, Danielle, raconte qu'ils auraient voulu lui rendre hommage, envoyer des fleurs à ses obsèques, mais qu'ils ne savaient pas comment s'y prendre. Voilà l'isolement dans sa forme la plus nue. Pas seulement mourir seule. Ne pas savoir comment saluer celle qui vient de mourir à côté de chez soi.
La canicule de fin juin n'a pas fait une victime. Selon Santé publique France, elle en a fait au moins quatre mille cinq cents de plus qu'attendu sur le seul épisode de fin juin, sans doute autour de six mille au total sur l'été. Des chiffres. Des surmortalités. Un mot d'agence sanitaire. Wahida Kerchache, elle, avait un nom, un immeuble, une liste d'attente, dix huit ans passés à veiller sur des vieux. Elle n'est pas une statistique. Elle est ce que la statistique recouvre quand personne ne regarde.
« On ne meurt pas seulement de chaleur. On meurt de ne plus compter pour personne. »
Les toits en zinc font les cartes postales et les couvertures de magazines. Dessous, ils font aussi des fours. La même ville qui vend son ciel aux touristes laisse mourir, au dernier étage, celles qui ont passé leur vie à servir. Wahida attendait un logement. La liste, elle, avance moins vite que le thermomètre.
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À Béclère, le local à poubelles est climatisé. La pédiatrie, non. ▸ Le droit au logement opposable dans le programme de Juan Branco pour 2027 ▸ Le monde en 2030 selon le Forum économique mondial : pas de propriété ▸Sources. Le Parisien, récit d'origine de l'affaire (l.leparisien.fr/XxkC) et compte officiel du Parisien (l.leparisien.fr/8RRk) · reprises : Epoch Times France, TSA Algérie, Observalgérie, Info.fr · relais X (@thenews_fr). Faits repris et attribués au Parisien : Wahida Kerchache, 66 ans ; chambre de bonne au 7e et dernier étage, square de Châtillon, Paris 14e ; toit en zinc, sans volet ni store ; près de 30 ans dans le logement ; départ d'Algérie dans les années 1990 ; 18 ans à s'occuper de personnes âgées ; demande de logement social en attente ; dernière fois vue vivante le 24 juin (jour le plus chaud jamais enregistré en France) ; corps découvert le 29 juin 2026. Surmortalité canicule fin juin : Santé publique France (au moins 4 500 décès en excès).
Note de sensibilité. Ce texte respecte le choix des proches de Wahida Kerchache, qui ont rendu sa mort publique pour qu'elle ne reste pas anonyme. Aucun détail n'a été ajouté au récit établi par Le Parisien. Aucune image de la personne n'est utilisée. Rien n'a été reconstitué ni imaginé.
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