ALEXANDER HAESSNER, L’ODEUR DU RÉEL
Alexander Haessner filme (et photographie) comme Louis Ferdinand Céline écrit. En déconstruction, en démolition de l’attendu, de l’ordre petit bourgeois en quelque sorte, une révolution nihiliste. Alexander Haessner agit comme un psy qui craque et décide de sortir au forceps les rêves et les peurs de son monde.
Le réalisateur installé à New-York après avoir traversé toute l’Europe, connaît son sujet. Des images ultra référencées, et une impression décousue, anarchique. Mais rapidement, la vérité saute aux yeux : si ses films semblent construits sur des bases chaotiques, c’est que le sol est jonché des cadavres de la bienséance d’antan. L’allure kaléidoscopique et monstrueuse naît de l’ablation sans anesthésie et sans recoudre des pièces trop simples, trop lisses qui font un film habituellement.
Ne reste qu’une sorte d’essentiel. D’une réalité indiscutable parce qu’elle sent le parfum du beau et le moisie de la décomposition.
Comme si, enfin, quelqu’un envoyait un faire-part de naissance avec une photo du placenta.
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