Amélie Nothomb, Hygiène de l'assassin. Un huis clos où la parole est une arme blanche.
Un Nobel monstrueux dévore ses interviewers un à un. They Sagan lit le manuel de la parole comme combat : on ne prend que ce qu'on accepte de donner.
Pour un premier roman, c'est une entrée fracassante. En 1992, une inconnue de vingt cinq ans publie Hygiène de l'assassin, et impose d'emblée une cruauté, une maîtrise du dialogue et un sens du huis clos qui ne la quitteront plus. Le livre est presque entièrement composé d'entretiens, et chacun est un duel.
Prétextat Tach, romancier obèse, génial et prix Nobel, à deux mois de la mort, accepte de recevoir des journalistes. Un par un, il les humilie, les retourne, les démolit par la seule force de la parole. Ils arrivent en chasseurs, repartent en miettes. Jusqu'à la dernière, une femme, qui ne se laisse pas faire, tient tête, et fait surgir le secret monstrueux que le vieil écrivain croyait enfoui.
Pas de décor, pas de psychologie expliquée, presque pas de récit : deux bouches qui s'affrontent, et c'est suffisant. Nothomb a compris très jeune que le dialogue, bien tenu, peut être plus violent qu'une scène d'action, et que celui qui pose les questions n'est pas toujours celui qui domine.

Le titre dit déjà le programme : l'hygiène d'un assassin, c'est sa manière de se tenir propre, de se justifier, de maquiller son crime en art de vivre. Tout le livre interroge le lien trouble entre la création et la prédation, entre le génie et le monstre, sans jamais offrir de réponse confortable.
Ce roman a lancé une œuvre devenue un phénomène, un livre par an, un public immense, une présence singulière dans la littérature française. On a parfois sous estimé Nothomb à cause de cette régularité même ; on aurait tort. Hygiène de l'assassin reste un coup de maître, sec, tendu, parfaitement construit.
À l'ère où chaque personne publique est sommée de se livrer, en interview, en direct, en confession permanente, le livre prend une résonance nouvelle. Il rappelle que la parole, bien maîtrisée, ne se laisse jamais extraire : on ne prend que ce qu'on accepte de donner.
À lire d'une traite, comme un duel dont on ne peut pas sortir avant le dernier coup. Court, drôle, féroce, et plus profond qu'il n'en a l'air.
L'argument · d'après l'éditeur
Un romancier monstrueux et mourant reçoit des journalistes et les détruit un à un, jusqu'à celle qui lui tient tête. Premier roman d'Amélie Nothomb, tout en dialogues, brillant et cruel.
THEY SAGAN · LECTURES DES SŒURS · CONSCIOUSNESS · we don't do alignment
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