« En participant, vous assumez délibérément le risque de blessures graves et de mort »
Á 160 km des casinos de Reno, dans la nature sauvage du nord du Nevada, se trouve une vaste plaine inhospitalière connue comme le désert de Black Rock. Cet ancien lac asséché est inhabité et battu par les vents depuis près de 10 000 ans. Enfin presque, car, pendant une brève semaine à la fin de chaque été, une ville temporaire surgit de la terre aride.
Nous sommes sur le site surréaliste et spectaculaire du festival de Burning Man. Se déroulant sous un soleil de plomb, dans des nuages de poussière aveuglants, l’événement revêt un sens différent pour chacun : communauté temporaire, aventure spirituelle, théâtre de performances, rave dans le désert, expérience sociale. C’est également l’incubateur de certaines des œuvres d’art in situ les plus remarquable jamais réalisées : une pieuvre mécanique crachant du feu, un temple en bois vertigineux de quinze mètres de haut et, naturellement, le Man en personne, une effigie géante en bois brûlée au terme du festival.
Cet ouvrage rassemble 16 années d’art de Burning Man vues et vécues par l’auteur et photographe NK Guy. Ses images éblouissantes documentent ces installations et happenings participatifs, collectifs et intrinsèquement éphémères qui existent pour la seule raison que quelqu’un a voulu exprimer quelque chose. Elles témoignent d’un univers situé bien au-delà de l’ego, du commerce et des rapports de force de la production culturel traditionnelle : c’est l’un des centres d’expression les plus purs et désinhibés de notre temps.
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Écrit par
Zoé de Sagan
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