Colette, Chéri. L’amour d’une femme mûre et d’un jeune homme, sans une once de morale.
Léa, courtisane vieillissante de la Belle Époque, aime Chéri, jeune homme magnifique qu’elle doit rendre au mariage. Roman somptueux sur le luxe, le désir et le temps.
Avant que le sujet ne devienne une mode, Colette en avait écrit le chef d’œuvre. Chéri, publié en 1920, raconte la liaison de Léa, courtisane de quarante neuf ans au sommet d’une carrière de beauté entretenue, et de Chéri, jeune homme magnifique et gâté de vingt cinq ans qu’elle a presque élevé et qui partage son lit depuis six ans.
Le monde du livre est celui des demi mondaines de la Belle Époque, entretenues par le luxe des hommes, expertes en bijoux, en palaces, en vieillissement maîtrisé. Colette le connaît de l’intérieur et l’écrit sans jugement, avec une précision sensuelle qui fait du moindre objet, un collier de perles, un édredon de soie, le théâtre des sentiments.
Le vrai sujet n’est pas le scandale, c’est le temps. Quand Chéri doit épouser une jeune fille de son âge, Léa découvre, sous l’ironie qu’elle s’impose, qu’elle l’aimait, et qu’elle perd en même temps l’homme et sa jeunesse. Le luxe ne protège pas du vieillissement ; il le rend seulement plus visible.

Colette ose ce que peu osaient : faire d’une femme de cinquante ans le centre désirant d’un roman, lui donner un corps, un appétit, une lucidité. Léa n’est pas pathétique, c’est une professionnelle du plaisir qui se découvre vulnérable et choisit, dans une scène magnifique, de rendre l’homme aimé à sa jeunesse plutôt que de le retenir.
Sa langue est l’une des plus sensuelles de la littérature française, attentive aux peaux, aux lumières, aux parfums, capable de dire le désir et la mélancolie d’une même phrase. Elle écrit le luxe comme une langue, et la fin d’un amour comme la fin d’une saison.
Une suite, La Fin de Chéri, montrera l’homme détruit par cet amour et par la guerre. Mais tout se joue dans ce premier livre, dans la grâce d’un adieu consenti pour ne pas abîmer ce qui fut beau.
À lire pour la perfection de la prose et pour cette vérité que le luxe ne dit jamais à voix haute : il achète le temps, mais ne l’arrête pas.
L’argument · d’après l’éditeur
Léa, courtisane vieillissante de la Belle Époque, aime Chéri, jeune homme magnifique qu’elle doit rendre au mariage. Roman somptueux sur le luxe, le désir et le temps.
TIFFANY SAGAN · LECTURES DES SŒURS · LE LUXE EST UNE LANGUE
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