De Jean Edern Hallier à Zoé Sagan, l'espionnage au service des secrets présidentiels
De l'ombre de Mitterrand à celle de Macron, l'Élysée récidive : Jean Edern Hallier, traqué par écoutes et filatures pour avoir frôlé le secret de Mazarine, préfigure l'affaire Zoé Sagan, espionné par le "cabinet noir" pour ses révélations sur le couple présidentiel et le couple Arnault.

Les secrets d'État se muent souvent en secrets personnels, protégés par un arsenal d'ombres et de filatures. Sous François Mitterrand, l'écrivain Jean Edern Hallier fut traqué comme un ennemi public numéro un pour avoir osé effleurer l'existence cachée de Mazarine, la fille illégitime du président.
L'Élysée l'avait placé sous écoutes, tout comme Zoé Sagan aujourd'hui, par crainte qu'il ne révèle l'existence de Mazarine Pingeot d'un côté, et les secrets du couple Macron de l'autre.
Quarante ans plus tard, sous Emmanuel Macron, un parallèle saisissant se dessine avec l'affaire Zoé Sagan, espionné par le "cabinet noir" de l'Élysée avant l'arrestation surréaliste de son créateur, un "algorithme" vivant traqué comme jamais, sous la supervision directe du chef de cabinet de Macron, l'ancien de la DGSE Patrice Faure.
Deux époques, un même poison : l'usage dévoyé du pouvoir pour museler la parole libre. L'occasion de commencer à plonger dans les archives et les fuites récentes pour retracer ce fil rouge de la surveillance présidentielle qui va être mise en lumière le 27 et 28 octobre dans le procès de Brigitte Macron contre le reste du monde.
🚨 L’Élysée a demandé au ministre de la Justice de faire radier le plus vite possible l’avocat de ma sœur, quoi qu’il en coûte, pour qu’il ne puisse pas plaider devant Brigitte Macron les 27 et 28 octobre au tribunal judiciaire et que le code de Zoé Sagan soit entre leurs mains. https://t.co/ZN7gV7yWBD
— Lia Sagan (@liasagan) October 2, 2025
L'obsession mitterrandienne : Jean Edern Hallier, l'écrivain devenu cible
Retour en 1994. François Mitterrand, au zénith de son second septennat, vit dans une paranoïa viscérale. Son "secret d'État" ? L'existence de Mazarine, sa fille née en 1974 d'une liaison avec Anne Pingeot, professeure d'art.
Ce non-dit, élevé au rang de tabou national, mobilise l'appareil d'État comme un rempart contre la lumière. "C'était un secret du chef de l'État, il en avait fait un secret d'État", témoigne Gilles Kaehlin, inspecteur rattaché à François de Grossouvre, coordinateur des services spéciaux à l'Élysée.
Jean Edern Hallier, écrivain flamboyant et ancien admirateur de Mitterrand – qu'il avait qualifié de "plus grand écrivain de sa génération" –, bascule dans la dissidence. En 1982, il claque la porte : "J'ai fait élire Mitterrand, je le quitte." Son crime ? Préparer un pamphlet explosif révélant l'existence de Mazarine. L'Élysée réagit avec une férocité froide : mobilisation des gendarmes présidentiels pour une surveillance intrusive, filatures, écoutes.
Si l’intention du parquet général et du barreau était celle-là, en fixant deux audiences quasi simultanées au 15 et 16 octobre, ce serait très grave.
— Juan Branco ✊ (@anatolium) October 2, 2025
Cela signifierait que pour protéger la première dame, ils seraient prêts
saccager les défenses de victimes palestiniennes… https://t.co/RcBfBffLHp
Hallier n'est pas seul dans ce viseur ; une photo volée de Mitterrand, Pingeot et Mazarine "se tenant par la main" déclenche une opération commando : 500 000 francs en cash versés à Jean-Claude Goudeau, directeur du hebdo d'extrême droite Minute, pour racheter les négatifs. Kaehlin, présent à la remise, confirme : "Il y a eu tractation : Grossouvre verserait 500 000 francs en espèces à Jean-Claude Goudeau [...] J'étais présent quand Grossouvre a remis l'argent."
Le résultat ? Hallier, brisé, meurt en 1997 sans avoir publié son brûlot. Mazarine n'émerge qu'en 1994, via un Paris-Match autorisé par l'Élysée lui-même. Mais le mal est fait : cette affaire révèle un Élysée transformé en machine à secrets, où la plume d'un intellectuel vaut une menace terroriste.
Qu’en pensez-vous ? https://t.co/4IQyAwezCF
— Lia Sagan (@liasagan) October 3, 2025
L'État a d'ailleurs été condamné à indemniser les deux enfants et le frère de l'écrivain pour le préjudice subi par leur père dans l'affaire des écoutes illégales de l'Élysée, selon un jugement administratif révélé par Le Point. Dans une décision rendue le 14 mai 2008, le tribunal administratif de Paris a condamné l'État à verser 70 000 euros au fils et à la fille de l'écrivain mort en 1997, et 20 000 euros à son frère.
Les deux principaux protagonistes de cette affaire, l'ancien directeur adjoint du cabinet de François Mitterrand, Gilles Ménage, et le chef de la «cellule de l'Élysée», Christian Prouteau, avaient été respectivement condamnés à six et huit mois d'emprisonnement avec sursis et 5 000 euros d'amende chacun.
Pour cacher ses échecs, Emmanuel Macron va faire censurer les réseaux sociaux en Europe avec l’aide des allemands et poussera ensuite la France vers la guerre. https://t.co/8aNhvZjgVm
— Lia Sagan (@liasagan) October 3, 2025
Le jugement avait précisé à propos de M. Prouteau «que les faits qui lui sont reprochés ont été commis sur ordre soit du président de la République, soit des ministres de la Défense successifs qui ont mis à sa disposition tous les moyens de l'État afin de les exécuter».
Le tribunal administratif de Paris a estimé lui aussi que «les fautes commises par ces hauts fonctionnaires, sur instruction du président de la République et d'autorités gouvernementales, alors même qu'elles sont d'une particulière gravité, ne sont pas détachables du service», et donc condamné l'État à payer. Une leçon d'histoire qui résonne étrangement aujourd'hui.
🔴 Sous Macron, la lutte contre la désinformation masque une peur viscérale de la critique, transformant le ministère en machine de censure déguisée. https://t.co/YAeuyI9TgA
— 99% YOUTH (@99percentyouth) October 4, 2025
Zoé Sagan : L'"algorithme" rebelle et le cabinet noir macronien
Avance rapide à 2025. Zoé Sagan n'est pas une personne, mais une création : un "algorithme féminin spécialiste de l’investigation poétique" – comme l'appelle son inventeur.
Ce "code" ? Un bot narratif, une IA primitive qui braque les algorithmes des GAFAM pour diffuser des pamphlets acides contre le pouvoir. Zoé cible de façon satirique les "secrets" du couple Macron et du couple Arnault : la différence d'âge (Brigitte, 39 ans ; Emmanuel, 14 ans à leur rencontre), assimilée à de la pédophilie, et des rumeurs sur Brigitte (née Trogneux).
📺 Quand un humoriste dit "j’imagine que pour faire face à cette rumeur, il faut une sacrée paire de couilles" sur le service public, c’est de la satire, mais quand @zoesagan écrit la même chose, c’est deux ans de prison et 45 000 € grâce à la loi Schiappa.
— Lia Sagan (@liasagan) September 28, 2025
Pourquoi ? pic.twitter.com/fbU9Esls2Q
L'État sera également condamné pour avoir fait intervenir des hauts fonctionnaires ainsi que des barbouzes pour empêcher Zoé Sagan de publier ses révélations chez Robert Laffont ainsi qu'aux éditions Bouquins.
Le 27 août 2024, Brigitte Macron dépose plainte pour cyberharcèlement sexiste contre quatre hommes, dont Aurélien Poirson. Le 12 décembre, l'arrestation tombe : garde à vue, perquisitions, et un procès fixé au 27 et 28 octobre 2025 au tribunal de Paris.
🔴 Une enquête du Monde révèle l'intervention de Patrice Faure, directeur de cabinet de l'Élysée dans les procès de Brigitte alors que Madame Macron n'a aucun rôle politique et porte plainte à titre privé. Cela constitue un abus de pouvoir et une intervention manifeste de… https://t.co/kqc9j6wp7h
— Lia Sagan (@liasagan) September 30, 2025
Mais le surréalisme culmine ici : selon Le Monde, le cas "Zoé Sagan" squatte les réunions du cabinet présidentiel, pilotées par Patrice Faure, directeur de cabinet et ex-agent de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure), où il intégra en 2002 comme militaire.
Faure, avec le commandant militaire et la Direction de la sécurité de l'Élysée, supervise personnellement l'opération. "Le directeur de cabinet, le commandant militaire et la Direction de la sécurité de l'Élysée ont directement supervisé l'arrestation de Zoé Sagan", dénonce Juan Branco, avocat de Zoé Sagan. "C’est un scandale politique majeur." Patrice Faure a peur actuellement que l’histoire se répète de Jean-Edern Hallier à Zoé Sagan.
Aujourd’hui, en Tunisie, un homme a été condamné à mort pour des publications sur Facebook portant atteinte au président.
— Lia Sagan (@liasagan) October 4, 2025
En France, le couple Macron ne demande pas la peine capitale, mais exige des peines de prison ferme pour atteinte à leur honneur. https://t.co/SrbXyJom8q
Et le "cabinet noir" dans tout ça ? Cette cellule informelle d'espions et de "barbouzes" – anciens de la DGSE ou du renseignement intérieur – traque les dissidents numériques. Des journalistes français l'ont prouvé : le couple Macron recrute ces "agents de l'ombre" pour "faire taire les voix dissidentes comme celle de Zoé Sagan".
Avant l'arrestation, le createur de Zoé est pisté : écoutes, géolocalisation via X (sommée de livrer ses données en avril 2024), et même des pressions sur son avocat, Juan Branco, que l'Élysée tente de radier d'urgence. Dix Français ont été arrêtés pour avoir simplement republié deux phrases de Zoé. La loi anti-harcèlement, censée protéger les vulnérables, devient un gourdin contre la liberté d'expression.
Le Monde, pour la première fois, valide les faits : la rencontre à 14 ans d'Emmanuel Macron est bien réelle, masquée pendant des années via Xavier Niel (propriétaire du journal) et la paparazzi Mimi Marchand. Dire la vérité ? Un risque de trois ans de prison.
Ils veulent interdire les réseaux sociaux en disant que ça porte atteinte à leur honneur, mais ils ont pourtant l’air en plein bonheur. Des défilés Dior aux Palais Royaux, ils vivent comme des joyaux. Pourquoi alors portent-ils plainte contre la terre entière ? https://t.co/LI3cTgXebT pic.twitter.com/fRWd02UcGi
— 99% YOUTH (@99percentyouth) October 3, 2025
Le parallèle glaçant : Des gendarmes aux barbouzes, la République en mode bunker
Hallier et Sagan, deux faces d'une même pièce. Sous Mitterrand, l'Élysée déploie gendarmes et cash pour étouffer un pamphlet papier ; sous Macron, c'est un cabinet noir high-tech – DGSE recyclée, algorithmes piratés – pour neutraliser un "code" viral.
Les motifs ? Identiques : protéger un secret intime (Mazarine hier, l'âge du couple demain) au prix de la démocratie. "Il s'agit bien entendu du secret le mieux gardé du pouvoir", ironise Branco sur l'affaire Brigitte-Emmanuel. Exactement la même histoire que pour Zoé Sagan : des ordres présidentiels, des moyens d'État mobilisés, des fautes non détachables du service.
📺 Dans la communauté LGBTQ+, il y a les pro-Brigitte et les anti-Brigitte. Cela crée des batailles de chiffons inimaginables. Par exemple, les hommes "soja" de Quotidien sont tous pro-B, alors que des voix comme celle de Louis-Georges Tin, militant emblématique, soulignent que… pic.twitter.com/TcfstOp1dT
— Lia Sagan (@liasagan) September 29, 2025
La méthode évolue, pas l'essence : paranoïa du chef, servilité du parquet, collusion judiciaire. Kaehlin parlait d'une "atmosphère de paranoïa" à l'Élysée ; aujourd'hui, Faure préside des "réunions de coordination" pour des plaintes privées, comme l'avoue Le Monde.
Résultat ? Des écrivains muselés, des algorithmes en cage. Après le procès de Brigitte Macron contre Zoé Sagan, exactement la même histoire juridique et politique se répétera. Et la France, patrie des Lumières, qui glisse vers un État surveillance où critiquer le prince ou la princesse vaut menottes.
🎙️ @zoesagan : « L'histoire des structures littéraires est heuristique.
— Lia Sagan (@liasagan) September 29, 2025
La structure narrative de la trilogie INFOFICTON est algorithmique.
La trilogie INFOFICTION était une expérience dans le développement narratif qui a utilisé une série d'algorithmes génétiques.
La… https://t.co/hJNVF7hUrZ
Vers une République sans ombres ?
Ces affaires ne sont pas des anecdotes : elles interrogent l'indépendance de la justice et la liberté de la presse. Zoé Sagan, jugé en octobre 2025, risque gros ; Hallier n'a pas eu de second acte. Nous allons appeler à une commission d'enquête parlementaire sur le "cabinet noir" et ses dérives. Car si l'Élysée espionne ses critiques, qui protège-t-il vraiment ? Le président... ou le pouvoir absolu ?






📋 Quand @Charlie_Hebdo_ produit une caricature sur le couple Macron, c’est de la satire, mais quand @zoesagan réalise la même chose, c’est deux ans de prison et 45 000 € grâce à la loi Schiappa.
— Lia Sagan (@liasagan) October 2, 2025
Pourquoi ? https://t.co/Z692dWmN4z pic.twitter.com/juQXKmyRxk






