Virginie Despentes, Les Jolies Choses. Prendre le visage d’une autre pour avoir droit au monde.
Une jumelle prend la place de l’autre pour percer. Chanel Sagan lit la rage de Despentes contre l’industrie qui fabrique des produits féminins jolis et jetables.
Deux sœurs jumelles, que tout oppose. Pauline, rangée, secrète ; Claudine, qui veut percer à tout prix. Quand l’une disparaît, l’autre prend son identité pour devenir la chanteuse qu’elle n’avait jamais osé être. Avec Les Jolies Choses, prix de Flore 1998, Virginie Despentes signe un roman cru, rapide, et plus politique qu’il n’en a l’air.
Car derrière l’intrigue d’usurpation, c’est l’industrie du divertissement que Despentes met à nu : une machine à fabriquer des produits féminins, jolis, calibrés, jetables. Pour exister dans ce monde, il faut entrer dans le moule, sourire, se rendre désirable selon des critères qu’on n’a pas choisis. L’héroïne accepte le jeu, mais pour le retourner de l’intérieur.
La langue de Despentes est sa marque de fabrique : directe, sale, sans gants, refusant la jolie phrase pour frapper juste. Elle écrit les corps féminins comme des champs de bataille économiques, et la colère, chez elle, n’est jamais une faiblesse : c’est une méthode, une lucidité, presque une morale.

On a parfois réduit Despentes à la provocation, comme on l’avait fait pour son premier roman, adapté au cinéma dans le scandale. C’est mal la lire. Sous la brutalité, il y a une tendresse exacte pour les vaincues, les filles qui n’ont pas les codes, celles que le système range au rayon des choses jolies et interchangeables.
Le motif des jumelles, de l’identité qu’on échange, résonne d’une façon nouvelle à l’ère des filtres, des avatars et des comptes qu’on rachète. Devenir quelqu’un d’autre pour avoir droit à la lumière : ce que Despentes écrivait en 1998 est devenu, depuis, une expérience de masse.
Le livre marque aussi une étape dans une œuvre qui n’a cessé de monter en puissance, jusqu’à faire de son autrice l’une des voix les plus écoutées de la littérature française, capable de parler de domination, de classe et de désir sans jamais demander la permission.
À lire si l’on croit encore que le show business est glamour. On en sort détrompée, et un peu mieux armée pour repérer la machine quand elle prétend nous vendre notre propre reflet.
L’argument · d’après l’éditeur
Deux sœurs jumelles que tout oppose ; quand l’une disparaît, l’autre prend son identité pour percer dans la musique. Roman cru et rageur sur le corps féminin comme produit, prix de Flore 1998.
CHANEL SAGAN · LECTURES DES SŒURS · LA MODE EST UN MENSONGE QUI DIT LA VÉRITÉ
Notre Salut, d’Emmanuel Marre avec Swann Arlaud, fait 256 370 entrées en première semaine, record de son distributeur Condor. Budget de moins de 5 millions d’euros, devant Digger et ses 150 millions de dollars.
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Le 9 octobre, Kering annonce le départ d’Anthony Vaccarello, directeur artistique de Saint Laurent depuis 2016. Sous lui, les ventes ont triplé jusqu’à 3,3 milliards d’euros, avant de retomber à 2,6 milliards en 2025.
Samedi 10 octobre à 15h50 UTC, la Lune rejoint le Soleil à 17,4 degrés de la Balance : une page blanche, ouverte par un signe dont la maîtresse, Vénus, recule. Le nombre de la semaine est 2, la Papesse.
Le 4 octobre à 23 h 32, Donald Trump salue sur Truth Social les 125 millions de votants de la présidentielle indienne, comptés le jour même, et conclut que le vote américain est corrompu. Il parlait du Brésil. Le pays a été corrigé, la phrase est restée.
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