Élysée, 2018 : les 8 collaborateurs que le Journal officiel avait laissés dehors
L’affaire Benalla avait révélé des chargés de mission sans nomination publiée ni déclarations déposées. Le scandale est documenté. Sa régularisation aussi. Retour sur une transparence obtenue après les questions.
À l’Élysée, en juillet 2018, on pouvait travailler près du président et rester loin du Journal officiel. Le nom sur l’organigramme public, les déclarations d’intérêts, le patrimoine : ces petites formalités républicaines s’arrêtaient à une distinction de vocabulaire. Il y avait les conseillers. Et il y avait les « chargés de mission ».
L’affaire Benalla a fait sauter cette cloison. Dans le compte rendu de son audition au Sénat le 25 juillet 2018, Patrick Strzoda, alors directeur de cabinet du président, explique que Benalla et 8 autres agents n’avaient pas été tenus de transmettre une déclaration d’intérêts. Il invoque la pratique réservant cette obligation aux collaborateurs dont la nomination paraissait au Journal officiel.


Le raisonnement avait le mérite de la commodité : ne pas publier la nomination devenait une raison de ne pas déclarer. Le papier absent expliquait le papier manquant. La transparence tournait en rond à l’entrée du palais.
Une controverse de droit, pas une légende de couloir
Le sénateur François Pillet lui oppose la portée de la loi de 2013 : elle vise les collaborateurs du président. La catégorie ne dépend pas seulement de la publicité accordée à leur nomination. Le débat ne porte donc pas sur la nécessité de rendre publiques toutes les conversations du chef de l’État, mais sur l’identification de personnes auxquelles sont confiées des fonctions auprès de lui.
Le rapport sénatorial du 20 février 2019 reprend le constat. Il mentionne 8 chargés de mission, outre Alexandre Benalla, au moment de la première audition. Il relève l’absence de liste publique et de déclarations déposées. Les sénateurs recommandent notamment de publier la nomination de l’ensemble des membres du cabinet. Leur critique vise une organisation insuffisamment contrôlée, pas la découverte d’un gouvernement surnaturel.
La séparation des pouvoirs fut aussi opposée pendant les travaux. Le compte rendu de Public Sénat présente l’échange entre Philippe Bas et Patrick Strzoda. Il résume le conflit institutionnel : jusqu’où une commission peut-elle demander des comptes au personnel présidentiel ? Une protection de l’indépendance de la présidence ne saurait être simplement assimilée à une exemption générale de contrôle. Le Sénat contestait précisément cette extension.
Les noms circulaient déjà en 2018
Dans un communiqué du 22 février 2019, Anticor récapitule les démarches engagées. L’association avait saisi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique le 31 juillet 2018 ; elle annonçait désormais une saisine du procureur de Paris.
Elle citait 6 noms publiés par Mediapart le 25 juillet 2018 : Tristan Bromet, Sophie Walon, Vincent Caure, Raphaël Coulhon, Hugo Vergès et Ludovic Chaker. Ces noms n’ont donc pas été exhumés cette semaine. Leur circulation contemporaine sans date transforme un dossier ancien en découverte permanente.
Anticor s’appuyait également sur une lettre du président de la HATVP, datée du 27 juillet 2018, qui précisait le champ des obligations : l’ensemble des membres du cabinet, y compris les chargés de mission, hors fonctions support. Une association saisissant la justice n’équivaut pas à un tribunal prononçant une condamnation. L’objet de la démarche était le défaut de déclaration, et son existence suffit déjà à contredire l’image d’un secret demeuré sans contestation.
La règle n’avait d’ailleurs pas été inventée pour Benalla. Le 16 mars 2015, la HATVP présentait la charte de déontologie des collaborateurs du président. Elle rappelait les déclarations de patrimoine et d’intérêts, ainsi que l’entretien déontologique à l’entrée en fonction. Les grands principes étaient déjà imprimés. C’est leur application qui demandait une relance.
La pièce que le récit viral oublie
Le rapport de la Cour des comptes sur l’exercice 2019, publié en juillet 2020, apporte une suite essentielle. Il constate que 4 postes de chargés de mission existant en 2018 ont été transformés en postes de conseillers techniques, désormais inscrits dans la liste publiée au Journal officiel. Il ajoute que la HATVP avait indiqué que toutes les personnes soumises à déclaration avaient rempli leur obligation.
Les 4 postes de ce bilan ne sont pas automatiquement une liste exhaustive des 8 personnes évoquées en juillet. Ce sont des photographies prises à des moments différents. En revanche, le document interdit d’affirmer tranquillement que rien n’aurait jamais été déclaré et que les mêmes 8 personnes continueraient, en 2026, à travailler dans les mêmes conditions. Ce présent-là ne figure pas dans les pièces.
La régularisation n’efface pas la séquence qui l’a précédée. Elle en mesure le coût politique : il a fallu des auditions, des objections juridiques, une intervention de la HATVP, une mobilisation associative et un contrôle comptable pour faire entrer certaines fonctions dans les cases déjà prévues. La République n’avait pas besoin d’un exorciste. Elle avait besoin d’une liste tenue à jour.
Le vrai privilège était administratif
Appeler ces collaborateurs des « fantômes » fonctionne dans un titre. Cela devient moins éclairant si la métaphore dispense de suivre la trace réelle des nominations et des contrôles. Le privilège le plus solide n’était pas l’invisibilité absolue. C’était la possibilité de traiter les formalités comme un sujet secondaire, jusqu’au jour où quelqu’un demandait les pièces.
Déclarer ses intérêts à une autorité de contrôle ne signifie pas nécessairement mettre toutes ses informations personnelles à la disposition d’un moteur de recherche. Publier une nomination, transmettre une déclaration et rendre cette déclaration publique sont des opérations différentes. Les confondre permet au pouvoir de se réfugier dans la technicité ; les distinguer permet de lui demander exactement ce qu’il doit.
Le dossier de 2018 est donc suffisamment accablant pour se passer d’une fausse actualité. Il raconte une présidence dont les pratiques ont été contestées, puis corrigées sous contrôle. Le republier en supprimant la correction produit un récit plus spectaculaire et moins solide. Laisser la date visible, c’est conserver le scandale à son véritable endroit : dans le temps qu’il a fallu pour appliquer la règle.
Des taxis londoniens aux apprentis jongleurs, l’imagerie montre que l’apprentissage peut modifier le cerveau adulte. Les études parlent de pratique, de temps et de changements précis. Le miracle de la pensée positive s’est ajouté après.
Une fuite de 28 millions de comptes est alléguée, sans confirmation vérifiable à ce stade. Un autre dossier est établi : Grindr annonce un accord britannique de 26 millions de livres sur ses pratiques de données d’avant 2020.
Un développeur a branché H3 Max sur un direct inspiré de Rick et Morty. Le vrai basculement tient en quelques secondes : produire le prochain clip pendant que le précédent passe. L’infini a désormais une facture de calcul.
La tétractys compte dix points. La Kabbale déploie dix sefirot. Leur rapprochement raconte notre fascination pour les formes du tout. Il ne démontre ni une doctrine unique ni une vérité cachée.
Un engendre deux, puis trois. Chez Laozi comme dans la tradition pythagoricienne, les nombres racontent la naissance du multiple. La rencontre est fascinante. Elle mérite mieux qu’un copier-coller cosmique.
Le tribunal de Carpentras a condamné le 27 août 2026 l’ancien élu pour détention et diffusion de fichiers pédopornographiques. Les arrêtés municipaux retracent le retrait de sa délégation, puis sa démission.