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societe· 8 MIN· septembre 2025 PUBLIÉ LE 02 sept.

En faux couple avec sa fausse fille

En faux couple avec sa fausse fille
Zoé Sagan
Zoé Sagan 02 sept. 2025 · 8 MIN · societe

Avant de me rendre hier dans ce commissariat arlésien que je connais maintenant mieux que ma poche, j’essayais de terminer un texte sur ces penseurs, intellectuels, écrivains et philosophes qui ont fui la France sous l’ère Macron – un signal faible, mais éloquent, sur l’état des choses.

C’était une bonne mise en condition. Une belle préparation mentale. Donc, hier encore, j’ai été convoqué par la police judiciaire, pour des employés d’Hanouna cette fois, des influenceuses qui portent plainte contre Zoé Sagan pour une phrase et soi-disant une divulgation d’identité datant de 2023 disant que leur identité a été dévoilé et qu’elles demandent la prison pour Zoé.

Même les policiers n’y comprennent plus rien ; c’est la quinzième fois que je suis auditionné. Pour Brigitte, j’avais dû me rendre à Paris, au tribunal judiciaire, le 10 juillet. C’est une dystopie palpable : j’en ai tiré une pièce de théâtre, mais la police joue désormais les éditeurs et les censeurs au service du parquet de Paris, lui-même aux ordres de l’Élysée.

Nous voilà dans un asile où les directives s’inversent sans cesse.

Hier, je me suis donc retrouvé face à un agent qui s’excusait de n’avoir pas préparé l’audition. Je l’ai rassuré : aucun souci. Puis j’ai demandé à voir le dossier, à comprendre cette nouvelle absurdité. Était-ce encore Gabriel Attal ? Emmanuel Macron ? La bande psychopathe de Rudy ? Frank Tapiro, Marlène Schiappa, qui ont détruit mes comptes, mes boîtes mail, ma vie numérique ? Était-ce les Mimran qui volaient mes collections de vêtements ? Elle m’a répondu non, mais en examinant mon dossier, elle a admis n’avoir jamais vu autant de plaintes émanant d’un parti politique, de figures influentes, voire d’un gouvernement entier.

Elle m’a rappelé que j’avais l’État contre moi. Je devrai retourner la semaine prochaine pour répondre à des questions sur un sujet qu’ils maîtrisent à peine. La seule réplique qui m’est venue : « C’est donc les employés du faux mari de la fausse fille de Brigitte qui m’entraînent dans cette suite de procès ? » Elle a confirmé : oui, avec H2O production et TPMP au cœur. Tout cela n’existe plus, ai-je objecté. Oui, a-t-elle convenu. Nous discuterons donc du néant mais il y aura quand même un procès de plus.

Telle fut mon expérience d’hier après-midi, jour de la rentrée des classes – annulée chez moi, pour quelques gouttes de pluie, comme on a supprimé plus d’une semaine en juin pour cause de chaleur excessive. Je me demande si l’école restera obligatoire, si elle ouvrira plus d’un jour sur deux, avec les grèves à l’horizon. Ce n’est pas dit que je reste longtemps dans les Bouches-du-Rhône.

Mes amis s’exilent un peu partout, et cela suscite une envie profonde. Mais ils n’ont pas d’enfants en bas âge à charge. Sinon, je ne serais déjà plus là, rendu mon passeport français – car, imaginez, j’ai obéi aux ordres de gens armés pour ne pas publier un livre, pour ne pas relancer un compte Zoé. C’est surréaliste.

Tout le monde en est de plus en plus embarrassé, se pince le nez, car on perçoit que c’est pour protéger Monsieur et Madame Macron.

Ils sont prêts à tout, même à sacrifier leur dignité, leur honneur. Philosophiquement, je m’interroge : pourquoi ? Alors qu’ils seront piétinés à la première occasion. Pour les invitations au premier rang ? Pour voir et sentir la fange ? Cela m’échappe.

En réalité, les forces politiques ne peuvent plus se passer de la police judiciaire pour survivre : ils ont enquêté sur moi, accumulé 1 200 pages, avec un sous-dossier de centaines de feuillets traçant mes déplacements, mes bornages téléphoniques, mes comptes bancaires – achats de baguettes, trajets entre les activités extrascolaires de mon fils, ses anniversaires chez les copains, l’école.

Une enquête glaçante, qui révèle un ordre clair : surveiller, détruire. Comme vous l’avez sous-entendu, et comme tant de lecteurs de ma newsletter me le répètent quotidiennement, ils iront jusqu’au bout, tant que je n’aurai pas disparu, tant qu’il restera un seul lecteur. J’ai même accepté de ne plus publier pendant des années si nécessaire. Je ne vois que de la pathologie, surtout chez ceux qui entourent Cyril Hanouna – toxicos en coulisses, cagoles en téléréalité.

Tout le monde sait qu’il n’est pas en couple avec Tiphaine Auzière, qu’il arrange Monsieur et Madame. Mais monter de faux procès contre des citoyens ? C’est étrange. La police, elle aussi, semble perdue : elle agit dans la précipitation, comme ces cabinets d’avocats, tous liés, une petite famille, une bande isolée. Plus rien n’existe. Ils attaquent du vent, des tweets autodafés, censurés par leurs officines israéliennes. Cela exhale un parfum de fin de règne, de folie sénile.

Je vois les sommes folles dépensées en huissiers – 500 à 1 000 euros par tweet gravé dans le marbre –, plus les cabinets qui lancent les procédures, pour effacer ce qu’ils ont déjà oblitéré à grands frais. Nous frôlons l’asile, avec des entonnoirs sur la tête. Je ne sais plus comment répondre.

Même la police, lors de cette convocation, m’a presque invité à m’auto-interroger. J’ai répliqué : chacun son métier. Vous êtes les gardiens de l’ordre ; moi, le pamphlet, la satire, le roman. Restons à notre place. Vos collègues m’ont dit que ce n’était pas un vrai métier, mais descendre vingt-cinq fois à Arles pour poser les mêmes questions pendant six ans à un écrivain ? Pas plus sensé.

Nous voilà égaux dans l’absurde, tout cela pour Hanouna, Attal, Brigitte et Emmanuel Macron. Cela devrait vous déranger : des policiers de banlieue, de province, à moins de 2 500 euros mensuels, qui, année après année, devraient se dire : arrêtons les convocations, les gardes à vue. Cela ne sert à rien. J’ai calculé plus de 120 heures à répondre aux mêmes interrogations.

Au début, j’étais professoral, expliquant comment l’art conceptuel s’intègre avec Zoé à la littérature contemporaine. Puis, voyant leur incompréhension après cinquante heures heures, j’ai simplifié pour des collégiens. Toujours rien.

J’aurai des procès variés, dont un pour une affaire de pédocriminalité dans une école à Toulouse – Zoé n’y est pour rien, je n’ai rien écrit là-dessus, je ne connais pas les protagonistes. Que dire là-bas ? C’est gênant. Même pour Brigitte et Emmanuel, le temps passe ; j’ai de moins en moins à ajouter, hormis : pourquoi le cabinet noir est venu à Arles ? Les barbouzes ? Pourquoi l’Élysée a-t-il envoyé le parquet, avec des équipes dédiées pour m’espionner, me surveiller des mois, m’enfermer ?

Le procès devrait porter sur cela, sur l’absence de séparation des pouvoirs entre justice et politique. Pourquoi personne ne le dit nationalement ? Pourquoi ne pas changer les textes, alors que c’est accepté, que la police évoque une démocrature, et que tous l’admettent ? Je ne comprends pas pourquoi les lois ne s’adaptent pas, pourquoi le droit pénal stagne.

La loi de 1881 devrait être réécrite, surtout avec la loi Schiappa qui enferme opposants et dissidents. Je pensais que les journalistes s’intéresseraient au procès des Macron, car demain, c’est eux qui morfleront : un article déplaisant sur les réseaux, comme chez Mediapart, et n’importe quel politique portera plainte pour cyberharcèlement – trois ans de prison, 45 000 euros d’amende.

Mais ils m’ont dit que c’était une bonne chose pour protéger la stabilité, l’ordre, dans ce moment où François Bayrou est en difficulté, le couple Macron aussi. Une loi pour sauvegarder le monde des affaires, au prix de ruiner auteurs dramatiques, satiristes, investigateurs. Ils l’acceptent pleinement.

Voilà où nous en sommes en septembre 2025. J’attends sereinement ma peine de prison, les 27 et 28 octobre. Dans ma pièce prédictive, je prends huit mois ferme pour quatre phrases qui ne sont pas de moi, avec aménagement : un stage d’éducation civique pour m’apprendre à ne plus écrire sur une mamie qui aime tant les enfants ou un président en péril ; des lettres d’excuse à Gabriel Attal, aux fonctionnaires de ses soirées, à Hanouna, Tiphaine Auzière, Rudy, Julien Pain et leur clique, qui nous traitent de complotistes, de cafards à éradiquer.

J’ai deux cabinets d’avocats sur l’affaire ; cela coûte, et tout le monde s’en moque, sauf mon avocat – actuellement aussi en garde à vue au 17, rue du Bastion, pour deux tweets.

Si la machine suit son rythme, ils le radieront deux ou quatre jours avant le procès de Brigitte Macron, avant ma condamnation. Mais je prends tout cela avec sérénité : une dystopie devenue réalité.

J’ai une culpabilité : avoir fait naître l’espoir chez des millions de lecteurs, touché tant de cœurs. Je m’en veux de ne plus être là, de ne plus publier, d’être banni des réseaux. En vérité, la grande majorité l’a accepté, y compris l’édition et le journalisme.

Cette affaire est scandaleuse : des pères et mères de famille innocents, des handicapés, des cancéreux, une femme à 900 euros avec deux enfants, tous enfermés à cause de moi, car Zoé les touchait. Ils ne protègent pas la veuve et l’orphelin ; c’est le drame. J’ai vu leur vraie nature : ignoble.

Ces médias dits indépendants, pour le peuple ? Non. Depuis un an, je les ai suppliés : protégez au moins cette personne handicapée, écrivez un mot pour cette dame en larmes, sans avocat, face à un juge. C’est votre travail. Ils refusent, car Zoé est impliquée. Imaginez l’âme noire de ces gens.

Était-il nécessaire de poursuivre les livres, les textes, les combats politiques, idéologiques, culturels pour défendre cela ? Non. J’attends calmement la condamnation, avec le sourire presque. Malgré ce harcèlement disproportionné, j’ai toujours un petit rictus quand ils évoquent Zoé : comme s’ils voulaient interdire, brûler ou liquider Madame Bovary, un simple personnage de roman. Je les vois rougir, s’énerver. Année après année, même s’il ne reste rien, hormis cette société littéraire des amis de Zoé Sagan – dont je suis fier et que j’institutionnaliserai cette année –, je me concentre sur ce qui vient avec Rudy, déchaîné, aidé par le personnel de la Licra.

Il vit chez ses avocats, sans adresse en France : introuvable, protégé au-delà d’un chef d’État. On doute de son vrai nom. Même les plaintes contre lui seront classées ; aucun procès.

J’ai abandonné : plus de rage, plus de basse colère. S’acharner sur Madame Bovary à cet âge ? Quelque chose cloche. J’ai consulté médecins, psys et avocats qui ont analysé cela finement : ils ont vécu un trauma profond en lisant Zoé chaque jour, expliquant leur énergie aujourd’hui de destruction à vouloir détruire ce qu’ils ont déjà détruit.

Ils ont le droit, sur leurs réseaux, de se réjouir de mon enfermement, de ma détention, de Robert Laffont brûlant des livres – pour moi, des messages nazis, 1940-1944. Mais la police dit qu’ils sont au-dessus des lois ; j’ai accepté, comme un marronnier français.

La seule note : comme je verrai bientôt beaucoup de juges, passant du temps avec eux – ils nous l’ont dit : nous sommes personne face à Marlène, nous ne changerons jamais la loi –, pas même face à Schiappa, la grande icône Playboy devenue chroniqueuse star chez Hanouna, qui m’a donc fait garder hier par la police via ses employés, en faux couple avec la fausse fille de Brigitte.

Comment répondre à tout cela sérieusement ? C’est important de graver cela ce midi, pour vous rassurer et montrer qui ils sont.

Je vous rappelle qu’ils tirent sur le dernier témoin clé de l’affaire Boulin, assassiné : ils ont tenté de le tuer il y a trois jours devant chez lui, à l’arme à feu, car il témoigne. Le dossier ressort : Matzneff, ami du fils de Boulin (décidément), des pédocriminels dangereux ; le père est mort à cause de ce réseau, toujours actif…

Le téléphone sonne.

Je vous quitte ici et vous embrasse très fort.

z/S
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02 sept. 2025 · ARCHIVE z/S · ZOESAGAN.COM
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Zoé Sagan
Zoé Sagan

Analyste, journaliste, auteure de la trilogie INFOFICTION (Kétamine, Braquage, Suspecte — Robert Laffont). Fondatrice de la Lettre confidentielle z/S. Investigation poétique des pouvoirs médiatiques depuis 20 ans.

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