L’algorithme qui note les chômeurs avant de les convoquer
France Travail développe un outil d’intelligence artificielle qui profile les inscrits et fabrique tout seul des listes de demandeurs d’emploi à contrôler en priorité. La Quadrature du Net a sorti le document le 20 juillet. Des millions de personnes, dont les bénéficiaires du RSA, sont dan
L’algorithme qui note les chômeurs avant de les convoquer
France Travail développe un outil d’intelligence artificielle qui profile les inscrits et fabrique tout seul des listes de demandeurs d’emploi à contrôler en priorité. La Quadrature du Net a sorti le document le 20 juillet. Des millions de personnes, dont les bénéficiaires du RSA, sont dans le viseur.
Le principe est froid comme une feuille de calcul. L’algorithme, en phase de test, s’appuie sur des dizaines de variables : historique professionnel, formation, manquements passés. Il en tire une prédiction, un risque de non respect des obligations de recherche d’emploi. Puis il classe. Les mieux notés pour la suspicion passent en tête de la file des contrôles.
Le calendrier éclaire l’intention. L’objectif affiché est de 1,5 million de contrôles en 2027. Un tel volume ne se tient pas à la main. Il se tient par la machine. L’outil n’accompagne pas la hausse des contrôles, il la rend possible.
On ne contrôle plus des dossiers. On trie des probabilités. Et une probabilité n’a pas le droit de se défendre.
Ce que l’opacité coûte, concrètement
La Quadrature dénonce une automatisation opaque du contrôle social. Le mot opaque n’est pas une posture. Quand une liste de personnes à contrôler sort d’un modèle dont on ignore les pondérations, la personne classée ne sait pas pourquoi elle l’a été, ni comment cesser de l’être. Le soupçon devient un statut, attribué par une équation que personne ne montre.
Vos papiers pour parler · la loi sur la majorité numérique installe la même brique d’identification, côté expression.
Un nombre annuel commence par une date de référence. Sans elle, deux calculs peuvent sembler se contredire alors qu’ils ne parlent pas de la même année. Le premier détail à lire n’est donc pas le verdict. C’est le calendrier.
Deux signes ne racontent pas deux vies. Une comparaison commence par les données disponibles, parce qu’un résultat ne peut pas être plus précis que ce qui le nourrit. Le jour, le lieu et l’heure ne jouent pas le même rôle dans chaque calcul.
Tu connais ta date. L’heure manque. Le calcul doit le dire, parce qu’une case vide n’est pas une naissance à midi. Une interface peut choisir midi pour afficher un aperçu technique. Elle ne doit pas transformer cet aperçu en certitude sur toi.
Si une conversation avec une machine peut être lue contre vous à l’audience, à quoi ressemble une machine qui vous rend ce qu’elle calcule ? La quatrième pièce de la série du 17 octobre.
En janvier 2020, trois ans avant que ChatGPT ouvre au public, un livre écrivait que nous ne vivions plus dans la société du spectacle mais dans celle de l’algorithme. Les pages exactes, les dates exactes, et ce qu’on ne lui fera pas dire.
Le 19 octobre 2026, salle 6.01, le témoin le plus bavard de l’audience n’était pas dans le box. Il était dans les poches. De la société du spectacle à la société de l’algorithme, en une journée de comparutions immédiates.