Vos papiers pour parler
La loi sur la majorité numérique à 15 ans vient d'être adoptée. On la vend comme une barrière pour protéger les enfants. Elle installe surtout, pour tous les adultes, l'idée qu'il faudra bientôt prouver qui l'on est avant d'avoir le droit de s'exprimer.
Vos papiers pour parler
La loi sur la majorité numérique à 15 ans vient d'être adoptée. On la vend comme une barrière pour protéger les enfants. Elle installe surtout, pour tous les adultes, l'idée qu'il faudra bientôt prouver qui l'on est avant d'avoir le droit de s'exprimer.
Commençons par l'argument adverse, parce qu'il est sérieux. Des enfants de 11 ans exposés à des contenus qu'aucun adulte ne validerait, des algorithmes taillés pour l'addiction, des parents dépassés. Vouloir une barrière n'est pas absurde. La question n'est pas l'intention. La question est le mécanisme.
Car pour vérifier qu'un utilisateur a 15 ans, il faut vérifier l'âge de tout le monde. Donc l'identité de tout le monde. La barrière pour les enfants devient un guichet d'identité pour les adultes.
En Australie, où une mesure comparable existe, près de 85 pourcent des adolescents contournent déjà le dispositif par VPN. Ce qui prouve deux choses à la fois : que la loi rate sa cible officielle, et qu'elle atteint peut être une autre.
Une société qui doit montrer ses papiers pour prendre la parole n'a pas protégé ses enfants. Elle a identifié ses adultes.
La pente, et pourquoi elle n'est pas paranoïaque
Le contre argument honnête existe, et des voix de gauche le portent : plutôt qu'exclure, éduquer, intégrer la maîtrise numérique au brevet, brider les algorithmes. Rien dans le texte ne dit surveillance de masse. C'est vrai. Mais une infrastructure d'identification, une fois construite, ne se limite jamais à son usage d'origine. Elle attend.
France Travail entraîne une IA pour cibler les chômeurs · la même logique d'automatisation, appliquée au contrôle social.
Le 3 septembre, le Conseil d’État confirme l’injonction faite au garde des Sceaux de faire cesser des comportements contraires à la loi et à la déontologie au quartier de lutte contre la criminalité organisée d’Alençon Condé-sur-Sarthe. Chronologie en cinq étapes.
Le directeur artistique de la Mostra explique qu’il ne peut pas hisser le drapeau palestinien faute de reconnaissance par l’État italien. Le site de la Biennale, lui, indique la Palestine comme pays d’origine de deux films de la sélection officielle.
La commissaire de la WNBA quitte la ligue le 31 décembre après 7 ans et demi. Dans le même entretien, elle dit travailler sa succession depuis des années, ne donne aucun nom, et précise qu’elle restera si personne n’est trouvé d’ici quatre mois.
Le ministère annonce « plus d’1 milliard » et ne publie aucun total. En additionnant ses propres lignes, on obtient 1 356 millions, dont 300 qui ne sont pas versés et 251 qui étaient déjà ouverts. La veille, le gouvernement a confirmé que les députés ne siégeraient pas avant octobre.
Jeudi prochain, Dix pour cent revient en long métrage. Pas en salle. Sur Netflix, partout dans le monde le même jour. Émilie Noblet réalise, Fanny Herrero écrit, Camille Cottin rejoue Andréa. Une série née sur France 2 finit sa course sur une plateforme américaine, et personne ne trouve ça bizarre.
France Télévisions, Radio France et France Médias Monde travaillent depuis septembre sous des cahiers des charges modifiés. Le rapport Lasserre, remis le 29 mai, formulait 17 recommandations. Les premières viennent de devenir des obligations. Le reste arrive en 2027.