Françoise Sagan, Bonjour tristesse. Dix huit ans, la Riviera, et un scandale qui dure encore.
Écrit à dix huit ans, le scandale de 1954. Tiffany Sagan lit la Riviera, la jeunesse dorée et la cruauté de l’ennui, depuis le port de Saint Tropez.
En 1954, une jeune fille de dix huit ans écrit en quelques semaines un court roman qui va la rendre célèbre dans le monde entier et faire scandale dans toute la France. Elle signe d’un nom emprunté à Proust, à la princesse de Sagan. Françoise Quoirez devient Françoise Sagan, et Bonjour tristesse devient le manifeste insolent d’une jeunesse qui refuse la morale de ses aînés.
Cécile, dix sept ans, passe l’été sur la Côte d’Azur avec son père, séducteur léger et tendre. Quand une femme sérieuse, intelligente, menace d’ordonner leur vie de plaisir et d’insouciance, Cécile orchestre froidement sa perte. Par jeu, par peur de l’ennui, par cruauté presque enfantine. Et cela finit mal.
Le ton est ce qui frappe d’abord : léger et désespéré en même temps, mondain et mortel. Le titre vient d’un poème d’Éluard, mais la voix n’appartient qu’à elle, cette manière de dire la jouissance et le vide d’un même souffle. La Riviera, les casinos, la vitesse, les nuits, tout y est écrit de l’intérieur, par quelqu’un qui en connaît déjà le goût.

Le scandale fut total, et révélateur. Une gamine qui parlait de désir, d’argent, de plaisir sans culpabilité ni punition appuyée : la France des années cinquante n’était pas prête. Le livre s’est vendu par millions, a été traduit partout, et a fait de son autrice une icône avant qu’elle n’ait vingt ans.
Sagan a ensuite brûlé sa vie exactement comme ses héroïnes, vitesse, jeu, dettes, accidents, fidèle jusqu’au bout à une morale du plaisir et de la liberté qu’elle payait cher. On l’a longtemps sous estimée, réduite à une musique de chambre. On redécouvre aujourd’hui la justesse de son trait, la sécheresse élégante de sa phrase, son intelligence du cœur.
Soixante dix ans plus tard, l’héritière qui s’ennuie, qui sabote par jeu, qui consomme les êtres comme des saisons, ressemble étrangement à certaines figures contemporaines du luxe et de l’oisiveté affichée. Le vide doré n’a pas changé de visage.
À lire un été, au bord de l’eau, là où le livre a été pensé. C’est court, parfait, et cela dit l’ennui des privilégiés mieux que n’importe quel reportage.
L’argument · d’après l’éditeur
Sur la Côte d’Azur, Cécile, dix sept ans, sabote par jeu le bonheur de son père séducteur. Premier roman écrit à dix huit ans, scandale et triomphe de 1954.
TIFFANY SAGAN · LECTURES DES SŒURS · LE LUXE EST UNE LANGUE
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