Le Grand Hôtel de Cabourg est un palace front de mer normand construit en 1907. Cinquante-cinq chambres. Marcel Proust y a séjourné tous les étés entre 1907 et 1914 (chambre 414, devenue suite Proust à 3 200 euros la nuit) où il a écrit des chapitres entiers d'À l'ombre des jeunes filles en fleurs. La promenade qui passe devant l'hôtel s'appelle Promenade Marcel Proust. Pendant le Festival du film romantique (39e édition, 11-15 juin 2025), il devient le hub cinéma indé français. La rédaction documente.
Le festival romantique · son positionnement
Le Festival du film romantique de Cabourg est l'antipode revendiqué de Cannes et Deauville. Petit budget (1,8 million d'euros vs 22 millions pour Cannes), équipe modeste (12 permanents), pas de marché du film, pas de tapis rouge majeur, pas de jet privé Le Bourget-Caen. Sélection 2025 : 16 longs métrages en compétition, dont 8 français, 5 européens, 3 internationaux.
L'édition 2025 a accueilli Vincent Macaigne (président jury, présence rare en festival), Lou de Laâge, Adèle Exarchopoulos (en visite sans film), Pierre Niney (en off, comme spectateur), Stéphane Brizé (avec son nouveau film), et plusieurs réalisateurs A24 invités (Sean Baker, Mati Diop, Charlotte Wells).
L'after Grand Hôtel · le bar Marcel Proust
Le bar Marcel Proust du Grand Hôtel devient pendant les 5 jours du festival le QG officieux des soirées. Tarif cocktail : 22 euros. Programmation : tous les soirs après les projections, jusqu'à 4h. Politique d'entrée : badge festival, accompagnant validé.
L'ambiance n'est pas Cannes. C'est plus intime, plus littéraire, plus indé. Les conversations sont sur l'état du cinéma d'auteur français, sur les difficultés de financement post-CNC réformes, sur la plateforme Mubi qui rachète tout, sur l'inquiétude pour la prochaine génération de cinéastes français qui sortent de la Femis sans aucun débouché solide.
Les scènes · juin 2025 documenté
12 juin 2025. Vincent Macaigne tient le bar Marcel Proust de 23h jusqu'à 3h45 avec quatre jeunes réalisateurs sortis de la Femis 2024 (anonymisés). Conversation : l'impossibilité de produire un long métrage en France sans contrat de distribution préalable, la chute des entrées en salle indé de 38% depuis 2019, la nécessité de penser plateforme dès le scénario. Macaigne paye toutes les tournées (six au total, soit 480 euros). C'est élégant.
14 juin 2025. Lou de Laâge et Pierre Niney dînent ensemble au restaurant du Grand Hôtel à 22h, table du fond contre la baie vitrée. Sujet (selon notre sœur Sagan en couverture sur la table 8) : projet film commun en discussion avec une boîte de prod parisienne. Le projet n'a fait l'objet d'aucune annonce publique à ce stade. Niney part à 0h17. De Laâge reste avec son agent jusqu'à 1h28. Aucune fuite presse.
« À Cabourg, on n'a pas Hollywood. On n'a pas les jet privés. On n'a pas les attaché.es de presse new-yorkais.es. Mais on a quelque chose que ni Cannes ni Deauville n'auront jamais : le cinéma français qui se parle à lui-même. Sans étrangers. Sans pression. C'est ici que les vrais projets naissent. Cannes c'est pour vendre. Cabourg c'est pour décider. »▸ CONCIERGE GRAND HÔTEL CABOURG · 17 ANS · NOM PROTÉGÉ
Cannes c'est pour vendre.
Cabourg c'est pour décider.