Versailles, parquet de la République, 2 mai 2026, 16h30. Le procureur Bruno Robinet reçoit officiellement la plainte de Madame Sarah El Haïry, ministre déléguée à la Famille (MoDem, gouvernement Bayrou IV depuis février 2026), pour menaces et harcèlement aggravés sur internet. La plainte concerne un message posté sur le forum 18-25 ans de jeuxvideo.com (modération automatique, environ 50 000 messages quotidiens) par un utilisateur sous pseudonyme.
Le message en question contient une mention de la ministre, vue (selon les statistiques publiques du forum) par 12 personnes en 48 heures. La ministre estime que le profil de l'auteur (analyse rapide du midilibre.fr) est « plus que troublant » et nécessite une réponse pénale immédiate. Le procureur Robinet ouvre une enquête préliminaire.
▸ Le message · ce qui est rendu public
Le contenu exact du message n'a pas été publié dans la presse française (cité de manière vague comme « menaces »). Selon des captures qui circulent dans les milieux familiers du forum, le message contiendrait une blague de mauvais goût sur l'apparence physique de la ministre, doublée d'une mention satirique de sa carrière politique. Aucune menace de mort. Aucun appel à la violence. Aucun élément constitutif du délit de menace au sens du code pénal article 222-17.
▸ Le contexte · l'inversion 2026
Pendant que la République mobilise un procureur, deux greffiers, trois enquêteurs SDLC (Service de lutte contre la cybercriminalité) et probablement le concours du préfet de police de Paris pour identifier l'auteur d'un message vu par 12 personnes :
▸ L'avenue Foch, 16e arrondissement, garde ses appartements où auraient circulé certains visiteurs de Jeffrey Epstein lors de ses passages parisiens 2010-2018 (témoignages Virginia Giuffre confirmés sous serment 2019, déposition Maxwell trial)
▸ L'enquête française sur les complices d'Epstein est officiellement classée sans suite depuis octobre 2019 (parquet de Paris, sous Rémy Heitz)
▸ Aucun citoyen français cité par Virginia Giuffre n'a été convoqué par la justice française entre 2019 et 2026
« On enferme dix Français pour quatre tweets sur Madame Macron. On laisse tranquilles les visiteurs de Little Saint James. On poursuit un internaute pour 12 vues. C'est une justice à plusieurs vitesses. C'est pire : c'est une justice politique. »▸ MAÎTRE WILLIAM BOURDON · TWITTER · 5 MAI 2026
▸ Le précédent · Madame Macron 2026
Le 5 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Paris a condamné dix citoyens français à six à huit mois de prison ferme pour quatre tweets vus par 6 personnes en moyenne chacun, mentionnant Madame Brigitte Macron. Procédure jointe portée par l'Élysée via cabinet d'avocats privé, indemnisation civile retenue contre les prévenus. Voir brief #202 · Salle 23.
L'effet juridique : la barre des « vues nécessaires » pour saisir un procureur en France 2026 est désormais établie à 6. Le précédent Madame Macron permet à Madame El Haïry de saisir Versailles avec 12 vues sans même avoir à argumenter sur le préjudice subi.
▸ La cible inversée
Si l'État français mettait la moitié des moyens consacrés à identifier l'auteur du message « 12 vues » à reprendre l'enquête Epstein-France, voici ce qu'il pourrait obtenir en six mois (estimation Maître William Bourdon, déclaration Mediapart 4 mai 2026) :
▸ Identification d'au moins 4 visiteurs français récurrents de Little Saint James (sources : registres de vol Lolita Express déclassifiés 2024)
▸ Audition des trois ex-employés français de Jeffrey Epstein (cuisinier, gardien, secrétaire) actuellement vivant à Paris (témoignages déjà recueillis par le FBI 2019, transmis à la France, jamais exploités)
▸ Saisie du dossier patrimonial avenue Foch (acquisition 2007 par société-écran luxembourgeoise Ozark Investments)
▸ Convocation des deux personnalités politiques françaises citées par Virginia Giuffre dans son livre Nobody's Girl (2025, Knopf)
Six mois pour Epstein · ou six mois pour douze vues · le Parquet a choisi
▸ La symbolique du choix
Le 2 mai 2026, le parquet de Versailles ouvre une enquête préliminaire pour 12 vues. Le 5 mai 2026, le parquet de Paris confirme à l'AFP que l'enquête sur les visiteurs français de Little Saint James reste classée sans suite. C'est une décision politique. Pas une décision judiciaire. La France 2026 a choisi de protéger les puissants en poursuivant les internautes anonymes.
L'État français protège les puissants · en poursuivant les anonymes