Le club qui payait Kawhi au noir le revend au Canada
Amende record, joueur transfere treize jours plus tard : la NBA punit les Clippers et regarde Kawhi Leonard repartir au Canada la conscience presque tranquille.
Le club qui payait Kawhi au noir le revend au Canada
30 millions de dollars d'amende. 5 choix de draft confisqués. Un an de suspension pour le patron. Et treize jours plus tard, le joueur au centre du dossier change de maillot comme si de rien n'était. La NBA vient de prouver qu'on peut être puni et débarrassé du problème le même mois.
30 000 000 $
C'est l'amende. La plus lourde jamais infligée à une franchise NBA. Le 2 septembre 2026, la ligue sanctionne les Clippers après une enquête indépendante qui établit ce que tout le monde soupçonnait depuis des mois : le club a fait transiter des contrats de sponsoring (Aspiration Partners, Boingo Wireless, Daktronics, Lockton Insurance) vers Kawhi Leonard pour contourner le plafond salarial. L'actionnaire principal Steve Ballmer écope d'un an de suspension. Le club perd 5 choix de premier tour, de 2029 à 2033. Kawhi, lui, doit 700 000 dollars de restitution (CBC Sports, NBA.com).
700 000 dollars, pour un salarié qui a touché combien en douce, exactement, personne ne le dira jamais en public. Ce qu'on sait, c'est le montant du chèque de sortie. Ce qu'on ne saura jamais, c'est le montant de l'entrée.
Le 15 septembre 2026, treize jours après la sanction, l'échange conclu depuis le 30 juin devient enfin officiel : Kawhi Leonard repart aux Raptors de Toronto, la franchise avec laquelle il avait remporté le titre en 2019. Los Angeles récupère Brandon Ingram, Gradey Dick, deux choix de premier tour non protégés, un échange de picks et deux choix de second tour (Sports Illustrated, Japan Times). L'insider Shams Charania confirme le deal complet sur X le 14 septembre au soir.
Le sponsoring déguisé en salaire n'est pas une invention des Clippers. On le voit ailleurs, sous une forme parfaitement légale cette fois, quand une marque s'offre un joueur en pleine lumière plutôt qu'en douce. La différence entre Kawhi et LeBron, ce n'est pas le principe, c'est le contrat signé devant la ligue au lieu d'être caché derrière.
Fais le calcul avec moi. Trente millions d'amende, ça sonne énorme sur un communiqué de presse. Mais Ballmer possède une franchise valorisée à plusieurs milliards. La vraie facture, ce n'est pas le chèque à la ligue, c'est le prix du transfert : deux joueurs, trois choix de premier tour, deux de second tour, en plus des cinq déjà confisqués par la sanction. Sept choix de draft envolés en un été. Et devine qui ne les récupère jamais : pas Ballmer, pas Kawhi. Les rookies qui ne seront jamais repêchés parce que leur numéro appartient déjà à quelqu'un d'autre sur une feuille de calcul à Los Angeles.
La presse sportive américaine a traité l'amende comme un dossier de conformité et le transfert comme un dossier basket, chacun dans sa case. Aucune n'a posé la question qui relie les deux : pourquoi conclure un échange treize jours après avoir été sanctionné pour avoir sur payé le même joueur, sans que la ligue y voie le moindre problème de calendrier. La NBA, c'est un cabinet de relations publiques avec un panier au milieu. Ici, le communiqué de sanction et le communiqué de transfert sont sortis avec treize jours d'écart, pile assez pour que personne ne les lise dans le même article.
Kawhi part au Canada la conscience du plafond salarial à peu près intacte, aucune retraite pour cause de trafic financier, pas de suspension personnelle. Il rejoindra Toronto fin septembre pour le training camp à Québec. Les Raptors, eux, deviennent d'un coup un candidat au titre dans une conférence Est déjà tassée par les Knicks, les Celtics, les Pistons, les Sixers. Ballmer paie l'amende avec l'argent de poche d'un propriétaire de multinationale et il regarde le titre passer chez le voisin qu'il avait battu à coups de contrats fictifs.
700 000 $
C'est ce que Kawhi doit rembourser. Comparé à ce qu'il a touché en douce pendant des années de sponsoring fantôme, ça ressemble moins à une amende qu'à un tarif de sortie négocié à l'amiable. On a déjà vu ce mécanisme ailleurs qu'au basket : l'amende record qui ne change jamais le comportement du milliardaire visé, seulement le montant qu'il provisionne à l'avance.
VISUEL · Kawhi Leonard porté par ses coéquipiers, saison régulière Clippers 2026. IMAGN IMAGES via Reuters Connect, repris par Sports Illustrated le 14 septembre 2026.
NOTE DE TRANSPARENCE · le montant exact des versements irréguliers perçus par Kawhi Leonard avant la sanction n'a pas été rendu public par la NBA au moment de la rédaction. Seuls l'amende, la restitution et les choix de draft confisqués sont chiffrés dans les sources ci dessus.
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