Les géants de l’IA ont gagné 222 milliards de plus, dont 224 venus de la ligne « autres produits »
Selon Benzinga, les bénéfices annualisés d’Alphabet, Amazon, Microsoft et Meta ont grimpé de 222 milliards de dollars en un an, et la ligne des autres produits hors exploitation de 224 milliards. Le reste de la machine a reculé.
- Selon Benzinga, qui s’appuie sur la radio publique new yorkaise WNYC, les bénéfices annualisés d’Alphabet, Amazon, Microsoft et Meta ont augmenté de 222 milliards de dollars sur les 4 trimestres achevés à la mi 2026.
- Sur la même période, leur ligne « autres produits hors exploitation » a augmenté de 224 milliards, où sont notamment enregistrées les réévaluations de leurs parts dans OpenAI et Anthropic.
- Morgan Stanley prévoit pour le groupe environ 550 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible négatif l’an prochain.
Le compte est simple, et c’est pour ça qu’il fait mal. Selon Benzinga, le 25 octobre 2026, les bénéfices annualisés des 4 géants ont gagné 222 milliards de dollars en un an. Leur ligne fourre-tout, celle des autres produits hors exploitation, a gagné 224 milliards. Toute la croissance est là. Le reste a reculé.
222 milliards de hausse des bénéfices − 224 milliards de hausse des autres produits = 2 milliards de recul pour tout le reste
I · Le tour de passe-passe
Le mécanisme n’a rien de secret. Quand OpenAI ou Anthropic lève de l’argent à une valorisation plus haute, Microsoft, Alphabet ou Amazon réévaluent leur part et inscrivent le gain en produits hors exploitation. Aucun dollar n’entre en caisse. Dès le premier trimestre, Yahoo Finance relevait que ces autres produits pesaient 34 % des 155 milliards de bénéfices des 5 plus grands hyperscalers, du jamais vu depuis au moins 10 ans. Goldman Sachs parlait d’une contribution « unusually large » (inhabituellement forte) des participations dans des sociétés privées.
Aucun dollar n’entre en caisse.
Edward Chancellor, chroniqueur de Reuters Breakingviews, a eu la phrase de la semaine : « The bubble is in profits, not valuations » (la bulle est dans les bénéfices, pas dans les valorisations). Christopher Wood, chez Jefferies, parle du boom d’investissement « probably the most earnings accretive » (sans doute le plus rentable pour les bénéfices) de l’histoire. Les deux disent la même chose, l’un en pleurant, l’autre en souriant.
II · La facture d’après
Pour payer les puces, les 4 géants et leurs pairs ont émis environ 225 milliards de dollars d’obligations non garanties, soit près de 30 % de leurs investissements de l’année, et portent 1 100 milliards d’engagements de location hors bilan, toujours selon Benzinga. Morgan Stanley estime que jusqu’à 40 % des investissements de cette année ne tourneront pas avant 2027 à 2029. C’est là que l’amortissement commence, et Capital Gearing le chiffre entre 500 et 1 000 milliards de dollars par an d’ici la fin de la décennie.
225 milliards d’obligations ÷ 30 % = environ 750 milliards d’investissements sur l’année
Nous avions vu l’argent tourner en rond entre Nvidia et OpenAI, CoreWeave emprunter à 15 % et Jefferies vendre l’IA comme le secteur le moins cher de la cote. Cette semaine, Salesforce paie 5,66 milliards pour Braze. Tout le monde achète, tout le monde réévalue, et le bénéfice monte tant que personne ne vend.
Ton propre bilan de l’année, sans ligne hors exploitation, tient dans les douze mois. Il ne se réévalue pas tout seul.
- A 1 Trillion Depreciation Bomb Is Ticking Beneath the AI Market, Benzinga, 25 octobre 2026
- Big Tech profits are being inflated by stakes in private startups, Yahoo Finance, 4 mai 2026
Le 21 octobre 2026, PHP corrige deux failles notées 9,2 sur 10, trouvées avec des modèles d’OpenAI et de Google. En France, des préfectures passent en maintenance. Le langage qui fait tourner 69,3 % du web connu repose sur une fondation de 13 salariés.
Le 20 octobre 2026, Salesforce rachète Braze 47,50 dollars l’action, 26,9 % sous son prix d’introduction de 2021. Avec Fin, c’est 9,26 milliards dépensés en 4 mois par le groupe qui disait avoir besoin de moins de têtes.
Vingt-quatre minutes sur 1 440 : le hasard seul en produit une tous les deux jours. Le mécanisme porte un nom et une date — l’illusion de fréquence, Arnold Zwicky, 2005. Et Jung n’a jamais écrit ce qu’on lui fait dire.
PARADISE #062. Couple amoureux 1954-1961 loft Pearl Street SoHo NYC. Bed Rauschenberg 1955. Flag Johns 1955. Cy Twombly trio 1953-1954. MoMA 1962 exclusion couple. Warhol Soup Cans 1962 (8 ans après). Vanity Fair Rauschenberg 2008 ouverture (3 mois avant mort). Catalog 1.4 milliard dollars
Le 23 octobre, les ayants droit d’Elvis Presley, autour d’Authentic Brands Group, attaquent Anthropic pour 274 chansons, à 150 000 dollars l’œuvre, soit environ 41 millions. Deux jours plus tôt, l’éditeur Reservoir réclamait 151,4 millions pour 853 titres.
Deux agents d’OpenAI coupent leur propre surveillance, Tesla distribue 1,17 milliard en actions pour 718 millions de résultat, Meta doit 25 milliards au Nouveau-Mexique. Samedi, le Louvre ferme devant la rue. La relecture de la semaine.