Les micros cachés du Lutetia · l’agent français, l’agent israélien, et la liste des protégés d’Olivier Nora
Le bar du Lutetia est l’endroit où on parle quand on a quelque chose à dire à quelqu’un qu’on ne veut pas voir chez soi. C’est aussi l’endroit qu’on écoute. Voici ce qu’on a entendu un soir d’avril.
Les micros cachés
du Lutetia.
L’agent français.
L’agent israélien.
Et la liste des protégés
d’Olivier Nora.
Le bar du Lutetia est l’endroit où on parle quand on a quelque chose à dire à quelqu’un qu’on ne veut pas voir chez soi. C’est aussi l’endroit qu’on écoute. Toujours. Voici ce qu’on a entendu un soir d’avril, deux tables avant celle où Olivier Nora a été condamné sans le savoir.
Trois faits préliminaires sur le bar du Lutetia. Premier fait. Le bar a été refait en 2018 après quatre ans de chantier. Pendant la rénovation, l’établissement a accepté l’installation de dispositifs d’écoute ambiantes par un opérateur non communiqué publiquement. Le but officiel : prévention terroriste. Le but officieux : tout ce qui se dit dans un lieu fréquenté par les hommes d’affaires russes, israéliens, américains et chinois en transit à Paris. On documente la séquence Lutetia depuis sa rénovation 2018 dans nos archives, dossier intelligence économique maintenu en parallèle des grandes affaires d’écoute parisienne post 2015.
Deuxième fait. Les micros existent. Tout le monde le sait dans le quartier. Les habitués s’en méfient ou s’en servent. Certains font exprès d’y dire ce qu’ils veulent qu’on entende. C’est exactement ce qui s’est passé le 22 avril 2026 à 19h45.
Troisième fait. La conversation interceptée ce soir là a duré une heure et quarante cinq minutes. Deux hommes. Un Français, un Israélien. Tutoiement immédiat, donc relation ancienne. Sujet : la liste des cinq auteurs protégés d’Olivier Nora que le groupe Bolloré veut neutraliser dans la prochaine vague (voir brief 054). L’agent français : « Nora a verrouillé cinq dossiers. Si on les fait tomber, il tombe avec. » L’agent israélien : « ce n’est pas un problème, on a déjà géré pire à Tel Aviv. »
La conversation se poursuit. Citations transcrites par notre source. Le Français nomme un éditeur de Grasset qui aurait des liens compromettants avec un industriel libyen. L’Israélien nomme un essayiste qui a écrit en 2019 un papier hostile au gouvernement israélien et qui aurait depuis demandé une avance non publique. Le Français : « si on lâche les deux dossiers en même temps, c’est suffisant. » L’Israélien : « tu les lâches où ? » Le Français : « Le Point. Pas Marianne. Marianne serait suspecté tout de suite. » REDACTED.
La conversation se termine à 21h30. L’addition est payée par l’Israélien. Les deux hommes quittent le bar séparément, à dix minutes d’écart. Le 24 avril, deux jours plus tard, Le Point publié effectivement un papier sur les liens d’un éditeur de la rive gauche avec un homme d’affaires libyen. Le papier ne nomme pas Olivier Nora. Mais la décodage interne est immédiat. Voici ce que la rédaction tient : la rédaction tient les noms. La rédaction ne les écrit pas encore.
La question n’est pas qui écoute. C’est ce qui sort le surlendemain dans le journal qu’on cité.
Le 3 octobre, Datafolha donnait Lula à 45 pourcent et Flávio Bolsonaro à 42. Le 4 octobre, les urnes donnent Flávio à 47 et Lula à 45. Second tour le 25 octobre, 2 jours avant les 81 ans de Lula.
Le 1er octobre, SoftBank verse 10 milliards à OpenAI et porte sa mise à 64,6 milliards pour environ 13 pourcent. La dernière tranche est payée avec des obligations émises le 24 septembre.
Le 4 octobre, Trump crée la Super Intelligence Force, sans budget, présidée par Jay Clayton. Vice-président : Andrew Ferguson, patron de la FTC, qui enquête depuis l’été sur OpenAI et Anthropic.
Le 25 juin, onsemi promettait 7 milliards en actions pour Synaptics au nom de l’IA physique. L’action a perdu environ 23 pourcent. Le 1er octobre, l’accord est révisé : 123 dollars par action en liquide, environ 5,7 milliards.
Au moins 125 millions de budget, environ 100 de promotion, 8 millions en Amérique du Nord selon l’AP. Le film de Warner s’effondre la veille du jour où Paramount avale le studio, pendant que Verity prend la tête et qu’Avengers: Endgame repasse devant Avatar.
Le 6 octobre, Paramount Skydance clôt le rachat de Warner Bros. Discovery à 31 dollars l’action. Aucun studio vendu. À la place, des promesses : 30 films par an, 47,5 millions pour les salariés, 30 millions de pénalité par film manquant. L’enquête, chiffres en main.