Quelle merveilleuse idée d’avoir assemblé le poème de Sylvia Plath « Mirror » et des extraits de films de Bergman, où tant de femmes ont été immortalisées avec leurs reflets. Car c’est bien la même approche et les mêmes sensations que procurent l’oeuvre cinématographique de Bergman et le poème de Sylvia Plath.
Dans ce poème le narrateur est un miroir mural dans ce qui est probablement la chambre d’une femme. Le miroir est personnifié et n’offre pas de jugement moral, il est en mesure d’observer et de comprendre son propriétaire, la femme, comme elle est, aux prises avec la réalité du vieillissement de son corps, de son visage, de son âme.
Le sujet du temps et de l’apparence a également été le moteur de Bergman tout au long de son oeuvre. De Persona, à A travers le miroir, en passant par Cris et chuchotements, Bergman s’est fait l’écho de la pensée des femmes dans toute leur complexité, leurs doutes et surtout leur dualité. Sylvia Plath était aussi une fan du cinéaste car elle a d’ailleurs écrit un poème, Trois femmes, inspiré par le film de Bergman, Close to Life qu’elle a découvert en 1961 dans un cinéma Londonien.
Après ses supercuts sur le travail de Kubrick et d’Ozu, Kogonada, nous offre encore un beau moment de poésie.
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La rédaction
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