Découvrir le travail photographique de Linda Bujoli a été pour nous il y a quelques années un choc esthétique. Nous l’avions présentée comme une sculptrice de lumière. Et ça tombait plutôt bien, la lumière c’est justement sa matière.
Dès ses premières photos elle captait déjà « des ombres dansantes saisies sur les murs comme autant d’inscriptions de ce qui me traversait ». Et l’on ressentait qu’elle avait su mettre en lumière ses influences…on pensait alors immédiatement à l’art cinétique de Clouzot, aux atmosphères de David Lynch ou évidemment le photomontage (auto)-érotisé de Pierre Molinier.
Aujourd’hui elle revient avec un projet forcement haut en couleurs : CALL TO LIGHT. Qui apparaît ici comme un spectacle interactif, une performance imaginée par l’artiste pour offrir au public l’accès à une séance photo.
Comme tout ce qui vient d’elle nous séduit, toute la rédaction d’APAR.TV (deux personnes en gros) s’est prêtée à son jeu (lumineux).
Et, malgré notre désir de ne jamais nous montrer, nous avons voulu faire confiance à son œil, parce qu’avec elle, nous sommes en totale confiance…
Pour le moment, l’idée est de participer à des événements privés qualitatifs qui vont permettre à l’artiste de faire vivre et nourrir son projet. Lorsque celui-ci comportera un plus grand nombre de portraits (150 à ce jour), elle visera les institutions du type Palais de Tokyo.
Mais ce qu’il faut retenir avant tout est que la série de portraits qui émane de Call To Light est sans fin, c’est une fresque de notre société contemporaine.
L’ensemble de la performance est cousue main : du protocole de prise de vue au cours duquel la photographe prend le temps de la rencontre avec son sujet, à la retouche et la recherche des filtres de couleurs. Le but n’est pas d’abattre du portrait, mais de permettre aux publics de pénétrer le territoire de la photographe.

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Écrit par
Zoé de Sagan
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