Masculin, féminin, fictif : le prof qui réinvente la romance en talons
Jeudi 19 décembre, Bergerac, Dordogne. Un tribunal correctionnel transformé en théâtre d’ombres, un décor où la vérité se travestit aussi bien que l’accusé. Lui, 49 ans, prof de collège, visage banal d’un type qu’on croise sans le voir. Pourtant, sous la peau de cet homme sage, un double s’agite, une jumelle fantôme qu’il a enfantée dans le miroir. Elle n’existe pas, mais elle texte, elle séduit, elle piège. Une lycéenne de 17 ans, élève sous sa coupe, tombe dans les filets de cette romance tordue, un an durant.
Corruption de mineur, abus de faiblesse : les chefs d’accusation claquent comme des gifles. Mais l’histoire, elle, déborde les lignes droites du code pénal. Car ce prof, cet homme qui corrigeait des copies le jour, enfilait le soir des bas et une identité de femme. Une « sœur jumelle », qu’il dit. Une chimère née bien avant cette affaire, un alter ego pour faire danser sa « part féminine », comme il ose le murmurer au tribunal, sans trembler. Travestisme, note le rapport psychiatrique. Trouble de la personnalité, ajoute-t-il, comme une étiquette sur un flacon de poison.
Et ça va plus loin. Cette jumelle inventée, il l’a dotée d’un numéro de téléphone, d’un souffle numérique, d’une vie de SMS échangés avec la gamine. Il lui a même cousu une progéniture fictive : deux filles, issues de son imagination malade. Au début, la lycéenne n’y voit que du feu. Elle texte la « sœur », ignorant que derrière l’écran, c’est lui, toujours lui, l’homme aux deux visages. Puis il lâche le masque, avoue, se montre à elle en chair et en os, tantôt mâle, tantôt femelle. Elle sait, et pourtant, ça continue.
Devant les juges, il parle de sa créature comme d’un manque comblé, une sœur qu’il n’a jamais eue, une poupée qu’il habille de ses désirs. Les psychiatres décortiquent, les avocats dissèquent, mais lui, il reste là, entre deux mondes, ni tout à fait monstre, ni tout à fait victime. Un procès complexe, un nœud gordien de pulsions et de faux-semblants, où la justice tâtonne dans le brouillard d’une âme qui se dédouble…
Mardi 15 septembre, Salles du Carrousel, la cérémonie des 50 Best Hotels quitte Londres pour la première fois. La même année, quatre maisons françaises ont perdu leur label Palace, dont le Byblos. Deux jurys, deux verdicts, un seul pays.
Deux jours à Nuuk, une sortie en bateau parmi les icebergs, une enveloppe de 200 millions d’euros. Toute la couverture a titré sur Donald Trump. Satellites, connectivité et centres de données attendaient dans le dernier tiers des dépêches.
L’étude Global Burden of Disease 2023, publiée dans The Lancet Public Health, compte 2,71 milliards de personnes exposées à la fumée secondaire dans 204 pays. Deux chiffres en sortent le même jour. Un seul est devenu une information.
Le gouvernement présente sa loi de modernisation de la sécurité civile le jour où les pompiers déposent un préavis de grève jusqu’au 20 octobre, soit la fin de l’examen du budget. Et 87 pourcent de leurs missions sont désormais du secours d’urgence aux personnes.
Le deuxième film de Charline Bourgeois-Tacquet sort mercredi 9 septembre. Léa Drucker y joue une chirurgienne d'hôpital public que rien n'arrête, jusqu'à ce qu'une romancière vienne passer quelques semaines dans son service. Le film était en compétition à Cannes le 13 mai.
Depuis 2021, le prix Femina proclamait ses lauréats au musée Carnavalet. À partir de cette année, il le fera au 30 avenue Montaigne, chez Dior. Le jury affirme qu'aucun financement n'est en jeu et parle d'avantages, sans dire lesquels. La proclamation est fixée au 4 novembre.