Affaire MP - BRIGITTE MACRON c/ AURÉLIEN POIRSON ATLAN
À Madame, Monsieur le Président
de la 10e chambre Correctionnelle
du Tribunal judiciaire de Paris
Affaire MP - BRIGITTE MACRON c/ AURELIEN POIRSON ATLAN
Audiences du 10 juillet 2025, du 27 et du 28 octobre 2025
Parquet : 2024000837
CONCLUSIONS AUX FINS DE SUPPLÉMENT D’INFORMATION
_________________________________________________________
POUR : Monsieur Aurélien POIRSON ATLAN, né le 06 septembre 1984 à Montpellier (34), demeurant 23 place Voltaire à Arles (13)
PREVENU
Ayant pour Avocats : Maître Luc BROSSOLLET
SCP d’ANTIN BROSSOLLET BAILLY
Avocat au Barreau de Paris
Demeurant 4 rue Pierre l’Ermite - 75018 PARIS
Tél : 01.53.09.33.60 - Email. luc.brossollet@abavocats.com
Toque P.336
Maître Juan BRANCO
Docteur en droit
Avocat à la Cour d’appel de Paris
Demeurant 92, rue de Rennes – 75006 PARIS
Tél. 01.45.44.15.23 – Email. contact@jbranco.fr
CONTRE : Madame Brigitte MACRON
PARTIE CIVILE
Ayant pour Avocat : Maître Jean ENNOCHI
Avocat à la Cour
Demeurant 6 place Saint Sulpice – 75006 PARIS
Tél : 01.53.10.00.69 - Email. cabinet@ennochi.com
Toque E 330
CONTRE : Le Ministère Public
PLAISE AU TRIBUNAL
Madame, Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les assesseurs,
Par la présente, nous vous demandons de procéder à un supplément d’information, au titre de l’article 463 du Code de procédure pénale, dans le cadre de la procédure en référence.
Cette demande porte sur trois points, qu’il convient d’introduire d’un propos liminaire.
Cette demande est déposée à l’audience de mise en état du 10 juillet 2025.
I. Sur la question des généalogies
La généalogie est une question de première importance pour la défense dans les procédures pénales.
La présente procédure a été formellement déclenchée par une lettre-plainte du conseil de Brigitte Macron née Trogneux, mariée à l’état civil avec l’actuel Président de la République et gardien de l’autorité judiciaire, Emmanuel Macron.
Cette lettre-plainte, adressée au Parquet de Paris le 27 août 2024, n’était pas versée à la copie du dossier initialement transmise à la défense.
Retrouvée par le Parquet de Paris, elle se révélait particulièrement succincte. En quelques lignes, elle dénonce une campagne de cyberharcèlement visant selon son conseil Brigitte Macron, et cite l’article du code pénal réprimant ces faits.
Pour illustrer cette campagne, y est jointe une publication du groupe TF1 datée du 23 août 2024, ainsi que quatre tweets provenant de quatre personnes différentes y réagissant.
Le texte de loi auquel il était fait référence, créant et réprimant le délit de cyberharcèlement, a été adopté sous l’impulsion de Brigitte Macron et de Marlène Schiappa, sous la première mandature d’Emmanuel Macron afin de protéger les personnes les plus vulnérables.
Pourtant ce texte, jusqu’à aujourd’hui, n’a guère été mobilisé par la section AC2 du Parquet de Paris (qui a compétence nationale en la matière) que pour protéger des personnes particulièrement puissantes, transgressives et/ou notoires contre de simples citoyens (Magali Berdah, Mila Orriols/Richard Malka, Thomas Jolly, Nadia Daam, Eddy de Pretto, Ultia…).
Certaines de ces personnes sont proches du pouvoir en place.
Mme. Schiappa elle-même s’est appuyé sur cette loi, après avoir été critiquée pour avoir fait un placement de produit pour un shampoing sur ses réseaux sociaux alors qu’elle était ministre.

Inutile d’indiquer que, contrairement à ce qu’alléguait Mme. Schiappa, les faits dénoncés étaient vrais.
Le texte de lutte contre le cyberharcèlement est apparu pour ces personnes comme un moyen commode et efficace de contourner les rudes exigences du droit de la presse, ainsi que les débats relatifs à la preuve de la vérité et à la bonne foi.
Ces exigences, constantes depuis la loi de 1881, ont toujours fait obstacle à l’instrumentalisation politique de la justice, et aux velléités des « puissants » de censurer toute opinion contraire ou désagréable.
Les exigences de la loi 1881 excluent toute « pêche au gros » qui serait de nature à inhiber la massification d’opinions contraires à la doxa ou aux intérêts de la classe dominante (la constitution en masse populaire est un contrepoids fondamental en toute démocratie libérale moderne, qui se décline en trois modalités : vote, manifestation et liberté d’expression, via la presse et désormais les réseaux sociaux) ; elles excluent également de cibler et de faire condamner à des peines de prison ferme avec de potentiels mandat de dépôt des opposants politiques, des intellectuels, des satiristes ou tout autre citoyen, à raison des simples mots qu’ils emploient, qu’il disent le vrai ou le faux.
La loi de 1881 empêche également l’usage de la contrainte de corps à des fins d’intimidation et de sanction préventive, et impose une caractérisation précise des infractions, notamment au regard des critères de vérité et de bonne foi, que le législateur a cru bon de laisser de côté en ce qui concerne la présente infraction.
En l’espèce, un écrivain désargenté a été privé de sa liberté pendant 48H, et traité comme un délinquant, pour avoir fait œuvre de satire à l’égard du pouvoir en place.
Cette privation de liberté est intervenue, on le verra, sur instruction de la Présidence de la République et de son commandement militaire.
En France, en 2025.
*
La publication du groupe TF1 reprise par la lettre-plainte de Mme. Macron, consiste en un éditorial filmé de la chroniqueuse maison Alba Ventura.
Alba Ventura commençait son propos, non cité dans la plainte, de la façon suivante :
« Vous savez, Bruce, les complotistes, les conspirationnistes c’est comme les cafards, c’est particulièrement difficile de s’en débarrasser. Et c’est cette vermine qui s’est emparée effectivement de nouvelles photographies de Brigitte Macron (…) pour essayer de prouver qu’elle est un homme ».
On n’en conviendra aisément, ces propos en défense de Brigitte Macron sont particulièrement violents et déshumanisants.
Puis, Mme. Alba Ventura faisait référence à une photographie, publiée dans la presse people, de Brigitte Macron, dont elle disait qu’elle « avait eu une audience de 20 millions de vues », sans que, selon elle, l’on sache d’où elle venait, et s’il s’agissait d’une vraie image.
Cette photographie était diffusée par TF1.

Reproduction de la photographie
Mme. Ventura, poursuivant son propos nuancé, évoquaient des « esprits dérangés », qui, au cours de l’été, avaient, de façon déshonorante, commenté cette photographie ; elle assimilait les auteurs de commentaires, pris selon elle dans un « délire de fake news », à des « dingos d’extrême droite » et « d’extrême gauche » qui croyaient que « la terre était plate ».
Vraisemblablement éprouvée par ses vacances, Alba Ventura insistait : « ces gens » seraient des obsédés, obnubilés par des « attaques transphobes » qui viseraient des « femmes de pouvoir », comme en témoigneraient de similaires spéculations sur Mesdames Harris et Obama.
Lancée, Mme. Ventura, appelait héroïquement à combattre un fléau qu’elle qualifiait de « gangrène ».
Elle achevait son propos en empruntant au registre de l’extrême-droite, décrivant « une société sans remparts », où règnerait le « délitement des valeurs », « des syndicats inopérants », des « partis politiques en pleine déconfiture », sans qu’apparaisse évident le rapport de ce jugement globalisant avec les faits l’espèce.
Ce déluge de pondération et d’analyse journalistique dépassionnée était prononcé sur le ton que l’on devine. Aucun fait tangible n’était apporté, si ce n’est la viralité et la popularité de la photographie en question, à l’appui de ses jugements de valeur.
Voilà donc l’éloquent point de départ que Mme. Macron a choisi pour justifier sa plainte.
Étrangement elle a considéré que ce document suffisait pour établir la réalité d’un cyberharcèlement dont elle serait victime.
Au-delà de la subjectivité de son discours, il se trouve que Mme. Ventura est notoirement proche de Mme. Macron.
Il est permis de penser que cette proximité aura affecté sa capacité à maintenir ses distances et respecter les principes éthiques de base que sa profession et sa qualité lui auraient autrement imposés.
Mais surtout, à faire preuve d’une quelconque objectivité qui puisse faire de ses déclarations un point d’appui sérieux aux prétentions de Mme. Macron.
Editorialiste à temps plein depuis plus de dix ans, Mme. Ventura a en effet non seulement mis en scène, mais bénéficié de sa proximité avec Mme. Macron.
C’est auprès d’elle que cette dernière s’exprime régulièrement sur ses combats, ses douleurs, ses idées, son intimité et… sa vie privée.
Dès 2017, Alba Ventura est l’un des canaux privilégiés par le couple présidentiel pour faire fuiter des informations destinées à flatter son image.
Ainsi, le 9 mai 2017, Mme. Ventura délecte son auditoire en révélant certains aspects du comportement privé du Président de la République sur le plateau de C à vous (émission produite par l’oligarque Xavier Niel, employeur de Mimi Marchand, notoirement proche de l’Élysée et à l’origine de la publicisation de la vie privée du couple Macron).
Autrice d’un éprouvant travail d’investigation l’ayant amenée à côtoyer pendant des mois le couple Macron, Mme. Ventura n’hésite pas à en livrer certains des plus impressionnants résultats, faisant notamment savoir que M. Macron « a un langage assez djeun's, il dit walou tout le temps ».
Lorsque M. Macron, adepte non seulement du langage djeun’s, mais plus largement de formes de violence verbale similaires à celles de Mme. Ventura, déclare qu’il « emmerde » les non-vaccinés, Mme. Ventura invite immédiatement Mme. Macron afin que celle-ci défende et « humanise » son mari, expliquant qu’en parlant « très cash », M. Macron était en réalité « très franc » (sic) (RTL, 22 janvier 2022).
Mme. Macron est ensuite invitée à dérouler ses très nombreux combats pour le bien commun, notamment la collecte de centimes auprès des populations pour aider les hôpitaux dévastés par les politiques adoptées sous l’impulsion de son mari, et à se plaindre, déjà, du cyberharcèlement dont elle souffrirait.
Favorisant systématiquement le groupe TF1 ou les chroniques de Mme. Ventura sur RTL pour dénoncer sans contradiction la violence dont elle se prétend l’objet, Mme. Macron multiplie les passages médiatiques auprès de son amie (émissions du 12 février 2020, 14 janvier 2022…) ou la fournit en fuites d’informations censées générer de l’empathie à l’égard de ses proches ou sa famille (émission 17 mai 2023).

https://x.com/TF1Info/status/1826504492105310706
De sorte que la procédure censée établir que Mme. Brigitte Macron a été victime de violences verbales pouvant caractériser des faits de cyberharcèlement nait d’une chronique diffusée par l’une des proches du couple présidentiel, diffusée dans la plus puissante chaine de télévision française, sur demande probable de Mme. Macron elle-même, chronique qui contient des propos saturés d’outrances, d’injures et d’insultes, et que l’on pourrait ironiquement qualifier de complotistes.
La photographie dont Mme. Ventura dénonçait qu’elle soit devenue virale « sans que l’on puisse s’assurer de sa véracité » était en effet, contrairement à ce qu’elle laissait entendre, parfaitement vraie, et avait été prise dans un cadre similaire aux très nombreuses opérations de communication commanditées par Mme. Macron depuis 2015, sous les auspices de Xavier Niel et de son employée Michèle Marchand, pour mettre en scène son couple et son intimité, et ainsi satisfaire à l’ambition, et la vanité, de son mari et peut-être d’elle-même, notamment lors de leurs séjours à la plage.
N’ayant pas plu à ses destinataires, cette photographie n’avait pas été publiée dans un média français, mais n’en avait pas moins fuité, via une publication dans Elle Slovejnia, avant de revenir en France après un bref tour du monde.
Cette perte de contrôle, sinon de la censure, du contrôle subtil exercé par M. et Mme. MACRON sur leur image, semble avoir été à l’égard d’un certain sentiment de frustration.
En un été caniculaire déserté par le « tragique de l’histoire » si cher au Président de la République, cette photographie et un malheureux pli né en un endroit inapproprié ont donné naissance à une foison de commentaires plus ou moins raffinés et convenables, alimentant quelque badine spéculation dont Mme. Ventura s’indignait vertement, et dont Mme. Macron se plaindrait judiciairement.





Exemples des nombreuses fausses paparazzades mettant en scène le couple présidentiel avec l’agence Bestimages de Mimi Marchand, commercialisées et publiées par Mimi Marchand dans les médias people
La plainte déposée par Mme. Macron, peu convaincante et pour le moins rapide, commençait ainsi sous d’étranges auspices, avant que la suite ne se déploie sous l’orchestration transparente de l’Élysée.
Quatre écrits publiés en réaction au monument de modération de Mme. Ventura sont joints à la plainte.
Leurs auteurs étaient :
- Une des journalistes les plus influentes et proches du Président des Etats-Unis, Candace Owens, qui, s’interrogeant sur les raisons qui avaient amené à un tel déluge de violence verbale de la part de Mme. VENTURA, notait qu’elle était directement visée par les propos de celle-ci, et affirmait avec une légère mauvaise foi teintée d’ironie, qu’en mentionnant les disgrâces vestimentaires de Mme. Macron, elle n’avait voulu faire référence qu’à son couvre-chef.
- Géopolitique Profonde, un média en ligne créé par Alain Soral, intellectuel antisémite ayant un des casiers les plus chargés de la Ve République, qui dénonçait le fait d’être assimilé par le journaliste de TF1 à un cafard, et s’interrogeait très sérieusement sur le fait que la photographie en question puisse être considérée comme une preuve dans la détermination de l’identité sexuelle de Mme. Macron ;
- Amandine Roy, voyante et naturopathe à l’origine de l’une des premières « enquêtes » sur l’orientation sexuelle de Brigitte Macron, qui faisait mention, en un message un peu difficile à comprendre, à l’existence d’un renflement dans l’entrejambe de Mme. Macron et le fait qu’elle aurait été accusée à tort par Mme. Ventura d’être stipendiée pour mener à bien ses recherches ;
- Enfin, un message drolatique de Zoé Sagan qualifiant tout cela de « cold case numéro 1 en occident », et faisant référence à un entretien à venir du journaliste Xavier Poussard avec la journaliste Candace Owens.
Ces messages, anecdotiques, étaient infiniment moins violents que celui qui, « commandé » par Mme. Macron, les avait générés, et avait contribué à enflammer la toile. Des centaines de milliers d’internautes avaient ainsi réagi à ce qu’ils considéraient comme une provocation et s’étaient dits quelques peu las de se voir, y compris pendant leurs vacances, dénigrés dans les principaux médias du pays parce qu’ils avaient osé faire quelques commentaires potaches sur leurs dirigeants.
La transmission de ces messages suffirait pourtant au Ministère Public, qui se considérerait immédiatement investi d’une mission de première importance, consistant non pas à interroger Mme. Ventura sur ses pulsions de violence l’ayant amenée à tenir des propos plus dignes des Interahamwe et de Radio mille collines que d’un quelconque espace démocratique, mais à procéder à une longue enquête visant, selon le journal Le Monde, à abattre un homme, l’auteur que l’on supposait être derrière la création de Zoé Sagan.
Dans ce contexte, le Tribunal déterminera s’il est nécessaire et utile de s’assurer de la véracité de la photographie à l’origine de la présente procédure, en ordonnant un supplément d’information aux fins d’expertise ; et en procédant à un interrogatoire de Mme. Alba Ventura afin de déterminer l’origine de ses spéculations quant à la fausseté de cette information ; et si celle-ci s’était aventurée, en voulant les dénoncer, sur le terrain de ce que M. Trump a si bien qualifié de « FAKE NEWS ».
La défense, quant à elle, prend pour acquise la véracité de cette photographie, le mensonge de la source principale de Mme. Macron, et partant, son absence d’invocabilité judiciaire.
Elle ne considère pas nécessaire de s’aventurer plus en avant sur les implications de ladite photographie, au regard des conséquences pénales qui semblent désormais rattachées au fait de débattre non du sexe des anges, mais des dirigeants de notre pays.
Elle préfère se concentrer sur trois points particulièrement importants en l’espèce.
1/ L’intervention de la Présidence de la République au cours de la procédure judiciaire
Mme. Brigitte Macron est une citoyenne française n’occupant aucune fonction officielle. Elle n’a, à l’égard de la justice française ou de quelconque autre institution, aucun titre à faire valoir, que ce soit en vertu de la constitution, de la loi, ou d’un quelconque règlement
Le quotidien Le Monde, dans un article du 21 décembre 2024, signé par les grandes reporters Raphaëlle Bacqué, Ariane Chemin et Ivanne Trippenbach et intitulé « Emmanuel Macron, l’art du secret », nous fait savoir que :

Selon Le Monde, le directeur de cabinet du Président de la République, au titre de ses fonctions officielles, a coordonné avec le parquet de Paris la poursuite, l’arrestation et le déferrement de M. Poirson-Atlan, dans le cadre de la présente procédure, en mobilisant à cette fin le commandement militaire de l’Élysée.
Cette intervention et cette coordination n’apparaissent pas dans le dossier judiciaire, la seule trace d’une intervention de l’Elysée y apparaissant n’étant que l’audition de Mme. Macron en son palais.
Ce qui démontre assurément que la procédure soumise à l’appréciation du tribunal est incomplète.
L’absence au dossier de tout document et trace de cette intervention emporte une violation flagrante, du contradictoire, protégé par l’article 6 de la ConvEDH et l’article préliminaire du code de procédure pénale, et partant, des droits de la défense.
Cette absence empêche en effet la défense de s’assurer du respect des droits fondamentaux de M. Poirson-Atlan, et de soulever d’éventuelles nullités de la procédure qui en découleraient, fondées notamment sur la violation de la séparation des pouvoirs, mais aussi du secret de l’enquête.
Elle laisse suspecter une instrumentalisation politique de la loi et de l’appareil judiciaire en violation de l’article 6.1 de la ConvEDH, et en particulier des magistrats chargés de diriger l’enquête préliminaire, dont l’autonomie dans la présente procédure se voit remise en question.
Elle peut amener à suspecter qu’ils aient soustrait des pièces de la procédure afin de masquer l’existence de cette co-direction originale et pour le moins unique.
Cette situation est d’autant plus aisée à suspecter qu’il résulte du dossier de l’enquête que des OPJ ont été dépêchés à l’Élysée afin d’interroger Mme. Macron, sans qu’apparaissent les modalités de prise de contact préalable.
Il appartient au Tribunal, par tout moyen utile, d’obtenir le versement de l’ensemble des pièces documentant l’intervention à la présente procédure de hauts-fonctionnaires, de leurs échanges avec le Parquet de Paris et des informations ayant été mutuellement partagées.
Il convient également, pour la manifestation de la vérité, que le tribunal ordonne qu’il soit procédé à l’interrogatoire de M. Patrice Faure.
2/ L’origine et la réalité des informations mentionnées
Si l’on en croit Le Monde, la procédure dont le Tribunal judiciaire de Paris est saisi a pour objet réel de neutraliser M. Poirson-Atlan, connu pour avoir créé le personnage de fiction Zoé Sagan.
Celui-ci publiait et révélait, sous l’angle de la satire, de nombreuses informations sur le fonctionnement du pouvoir en France et des personnalités puissantes, dont certaines ont été à l’origine d’importantes procédures judiciaires, comme celle visant M. Sébastien Cauet, actuellement mis en examen à la suite de la révélation de faits graves par M. Poirson-Atlan.
M. Poirson-Atlan est un auteur reconnu qui, sous cet avatar, a publié dans les plus prestigieuses maisons d’éditions parisiennes (Bouquins, Au Diable Vauvert, Robert Laffon, Max Milo).
Il n’a jamais été condamné en diffamation, ou pour toute autre matière.
M. Poirson-Atlan est poursuivi pour la publication de quatre écrits sur X.
Ceux-ci font référence à deux éléments touchant à la personnalité de Mme. Brigitte Macron et les conditions de sa rencontre avec M. Emmanuel Macron.
A. Sur l’âge de la rencontre
En ce qui concerne les conditions de la rencontre entre Brigitte et Emmanuel Macron, M. Poirson-Atlan affirme dans le premier tweet poursuivi :
« le crime sexuel commis par « Brigitte » sur EmmanuelMacron ne sera prescrit que le 21 décembre 2025. Une bonne occasion pour la magistrature (Smagistrature, @USM_magistrats, @SnmFO) de prouver son indépendance ».
Sur le ton de l’humour, la suggestion exprimée dans son tweet ne pouvant être prise au sérieux, M. Atlan fait référence aux conditions de la rencontre de M. Macron et Mme. Macron.
De l’avis même du couple qui a largement publicisé les détails de cette rencontre, la question est d’intérêt général, comme le démontrent la dizaine d’ouvrages attachés à cette demande, ayant tous bénéficié directement ou indirectement de la contribution du couple, et traitant de cette question.
Le contexte qui donne naissance à ce tweet est le suivant. De nombreuses publications, nourries par le couple Macron et leurs communiquants, insistent : cette rencontre est intervenue alors que M. Macron avait atteint la majorité sexuelle, entre l’âge de 16 et 17 ans, et était en première, et que Mme. Macron était âgée de 34 ans.
Brigitte et Emmanuel Macron se sont rencontrés au lycée La Providence à Amiens. Elle est professeur de lettres, il est élève en première. Tous deux tisseront des liens durant les cours de théâtre qu'elle organise, et Emmanuel Macron tombera rapidement amoureux d'elle. À Paris Match, la potentielle première dame confiait : "L'écriture nous réunissait chaque vendredi et a déclenché une incroyable proximité".

Une biographie autorisée, particulièrement flatteuse et bien informée (au point où l’autrice a eu accès accès aux copies de lycée de M. Macron…) a même été intégralement consacrée à ce sujet en 2019.

L’autrice, Sylvie Bommel, était une journaliste initialement mobilisée par Vanity Fair pour « habiller » et « vendre », comme on dit dans le jargon, le couple Macron, en prétendant que leur rencontre aurait eu lieu alors que M. Macron avait 17 ans. Ce premier récit était intervenu en un article paru en mai 2016. Ce travail lui ouvrirait les portes du couple, et lui permettre d’écrire cette biographie autorisée.
Cet ouvrage, considérable, cela va de soi, et bien entendu digne de foi, admet que la relation intime avait en réalité commencé, au plus tard, un an plus tôt, et que leur rencontre était intervenue en réalité trois ans plus tôt.

L’intimité de Brigitte et Emmanuel Macron avait alors déjà fait l’objet de multiples mises en scène, notamment dans Paris Match, le 14 avril 2016, ou encore un an auparavant, à la télévision, dans l’émission Le Supplément du 29 novembre 2015, toujours sous l’angle d’une romance entre un quasi-adulte et une jeune professeure qui n’avait pas autorité sur ce dernier.
Ce ne serait que des années plus tard, sinon au grand effroi, du moins à la grande surprise de nombre de Français bercés par des propos qu’ils pensaient dignes de foi, et absolument vrais, que M. et Mme. Macron s’étaient en réalité rencontrés alors que M. Macron était âgé de 14 ans et Mme. Macron de 39 ans, et que celle-ci était la professeure de M. Macron.
Qu’en d’autres termes, M. et Mme. Macron avaient menti à leur propre sujet.

Extrait d’Opération Macron, publié par Eric Stemmelen, ancien directeur des programmes à France Télévision aux éditions du Cerisier en 2019. L’ouvrage a été préfacé dans ses éditions successives par Gérard Mordillat et François Ruffin.
Cet élément est fondamental pour comprendre pourquoi l’intimité du couple Macron va, de façon exceptionnelle, devenir un sujet d’intérêt général, et alimenter bien des spéculations dont il serait fort peu approprié de les reprocher à M. Poirson-Atlan, ou quiconque d’autre que le couple Macron lui-même, ses communiquants, et des journalistes avides de notoriété plutôt que d’intégrité et vérité.
M. Poirson-Atlan, informé comme la France entière, de ce qui apparaît comme une aimable tentative de manipulation ayant affecté les destinées d’un peuple tout entier, puisqu’ayant été utilisée à des fins électorales au cours d’une présidentielle, se saisit humoristiquement de cette question. Il note que celle-ci est considérée par les journalistes eux-mêmes comme importante s’il en est puisque des ouvrages entiers y sont consacrés, et qui regarde la confiance qui peut être placée en la parole des représentants et des médias français, et donc politique et d’intérêt général.
En l’état, il est bien entendu impossible de déterminer quand M. et Mme. Macron ont commencé à avoir une relation intime, a fortiori, si c’est avant que M. Macron atteigne la majorité sexuelle, c’est-à-dire 15 ans, dès lors qu’il ne nous revient pas même de déterminer si celles-ci ont eu ou non à exister.
Selon les biographes officiels de Mme. Macron, il est seulement acquis que M. et Mme. Macron se retrouvaient toutes les semaines au domicile de Mme. Macron alors qu’ils étaient a maxima respectivement âgés de 15 et 40 ans.

Extraits de l’ouvrage de Sylvie Bommel, Il venait d’avoir dix-sept ans, JC Lattès
Mme. Macron, alors Mme. Trogneux, mariée et mère d’une fille étant en cours avec Emmanuel Macron, professeure au collège où M. Macron finit sa troisième, est alors légalement considérée comme en position objective d’ascendance à l’égard de M. Macron.
Ce qui pourrait n’apparaître que comme des spéculations oiseuses prend alors son sens.
Dans le cas où un rapport sexuel était intervenu entre ces deux personnes, comme cela semble présumable, avant que l’alors enfant Emmanuel Macron n’atteigne l’âge de 15 ans, la loi considère que celui-ci n’était pas en mesure de donner son consentement éclairé, le statut de Mme. Trogneux satisfaisant par ailleurs aux conditions objectives permettant de qualifier tout rapport sexuel intervenu en ces circonstances de viol, et en l’absence de contrainte morale, d’atteinte sexuelle.
Cette qualification demeurerait pour tout rapport intervenu avant l’âge de 18 ans au regard de la position d’autorité occupée par Mme. Trogneux.
La supposition de M. Poirson Atlan, bien que ne prenant pas en compte la question de la non-rétroactivité du droit pénal (et il n’apparaît pas encore qu’une erreur de droit puisse suffire à engager la responsabilité pénale d’un simple citoyen) n’était donc pas seulement relative à un fait d’intérêt général, mais a priori et au surplus dénuée de fondement, sans qu’il soit besoin d’explorer plus en avant la question, et appartient naturellement au débat public, dans lequel Madame et Monsieur Macron ont décidé d’eux-mêmes de verser leurs rapports amoureux.
Et ce, indépendamment de l’âge auquel le premier rapport sexuel entre Brigitte Trogneux, professeure dans lequel étudie l’enfant Emmanuel Macron, est intervenu, s’il est intervenu.
Il n’est dès lors pas nécessaire de demander un supplément d’information sur ce point.
B. Sur les autres écrits de M. Poirson Atlan
M. Poirson-Atlan est également poursuivi pour ces trois écrits :
1. « Dans la documentation secrète de Rotschild & Cie on peut découvrir (mais n’en parlez à personne) que l’état civil d’Emmanuel Macron change comme celui de sa professeure de théâtre (…) ».
De manière imprécise, M. Poirson-Atlan prend appui sur quelques incohérences qui ont été révélées dans le cadre de publications relatives au parcours et au patrimoine de M. Macron, après qu’il a prétendu avoir dépensé plus de mille euros par jour pendant plusieurs années pour justifier ses déclarations de patrimoine, et qui laissent notamment apparaître des variations de prénoms.
2. « Brigitte Macron n’est pas Brigitte Macron »
Ce troisième écrit est accompagné – ce n’est pas apparent dans la procédure – d’un sondage demandant aux lecteurs de Mme. Sagan de donner leur avis, la question de l’identité de Mme. Macron depuis longtemps, déjà, étant devenue un sujet de discussion et, parfois, de plaisanterie dans le monde entier. Il générait de tels débats que tant M. Macron que Mme. Macron avaient cru nécessaire de s’exprimer à ce sujet.
Tous deux l’avaient fait devant les caméras de TF1, respectivement place de la Concorde lors d’une cérémonie célébrant les droits des femmes et lors d’un JT de 13H, où Mme. Macron avait été interrogée par le présentateur sur son orientation sexuelle.
Cela laisse peu de doutes quant au fait que la question était devenue désormais « d’intérêt général » si bien que, traitée au premier degré dans le plus puissant média français, elle exigeait un démenti.
M. Poirson-Atlan opérait en écho un décalage sur lequel il n’est pas nécessaire de s’étendre.
Enfin, M. Poirson-Atlan est poursuivi pour cet écrit :
3. « Mon interview avec Xavier Poussard a atteint les 600 000 vues en une journée. L’affaire Brigitte Macron est un secret d’État choquant qui implique une pédophilie cautionnée par l’État ».
Ce dernier écrit – et ce n’est, là encore, pas apparent à la procédure – se contente de traduire et de citer une publication de Candace Owens attachée à celui-ci, influenceuse et journaliste américaine s’étant entretenue avec M. Xavier Poussard.
M. Poussard et Mme. Owens sont les journalistes ayant donné une ampleur mondiale aux allégations prétendant notamment que Mme. Macron aurait changé de sexe, et serait en réalité son frère, Jean-Michel Trogneux.
Xavier Poussard est le directeur de la publication de la revue Faits et Documents, créée par Emmanuel Ratier. Celle-ci a été rachetée par Alain Soral, auteur d’extrême droite antisémite ayant fait l’objet de nombreuses condamnations judiciaires. Proche de l’Iran, invité à Moscou encore en mai 2025, il affirme que la guerre en Ukraine serait le fruit d’un complot judéo-nazi.
Pas moins de 13 numéros de Faits et documents ont été publiés, sous l’impulsion d’Alain Soral, par Xavier Poussard, sur le sujet de l’identité sexuelle de Mme. Macron.
Cette démarche trouve source, selon les versions, en une multiplicité d’initiatives citoyennes s’étant spontanément interrogées sur la relation entre Brigitte Macron et Emmanuel Macron après sa surexposition médiatique par les intéressés, dont celle des médium Natach Rey et Amandine Roy ; ou, selon d’autres sources que l’on ne oserait qualifier de « complotistes » ou paranoïaques, dans une offensive mondiale attribuant aux premières dames de puissances occidentales des identités sexuelles considérées comme « déviantes », en ligne avec les discours conservateurs du Kremlin sur la décadence de nos sociétés.
Le travail de M. Poussard retraçait, avec force détails invraisemblables, la généalogie et l’histoire personnelle du couple Macron et s’appuyait à cette fin sur une « base documentaire » pour le moins fournie.
Incapable d’établir ce qui, dans ce travail de moine bénédictin, indépendamment même de sa conclusion, relève de l’affabulation ou de la vérité, la défense se contente de constater qu’aucune réfutation sérieuse et détaillée de ces recherches documentaires et des affirmations qui y sont contenues n’a été proposé malgré l’existence de milliers de publications concernant ce sujet.
Elle note que le Parquet ne s’est pas astreint à une quelconque vérification, infirmation ou confirmation des nombreuses allégations qui y sont contenues.
Ce travail a fait l’objet d’une publication sous forme de livre « Becoming Brigitte », publié sur Amazon en 2024, qui s’est vendue à plus de cent mille exemplaires et a permis à Monsieur Xavier Poussard de récolter plus d’un million d’euros à ce seul titre. Les publications de Faits & Documents ont d’ailleurs été commercialisées à des prix élevés, et ont rapporté des sommes importantes tant à M. Soral, son organisation, qu’à M. Poussard en tant que salarié de la publication.
M. Poussard n’a jamais été poursuivi en diffamation, et n’est pas poursuivi à ce jour pour cyberharcèlement. Il en va de même en ce qui concerne M. Soral, ainsi que Candace Owens.
Tous trois revendiquent pourtant avoir provoqué plus d’un milliard d’interactions à ce sujet sur les seuls mois de janvier à mars 2025, c’est-à-dire bien après que le compte Zoé Sagan a été suspendu et que M. Poirson-Atlan a été placé en garde à vue et poursuivi en justice.

Il en va de même pour Mme. Roy ou Mme. Rey, citoyennes françaises qui, dès 2021, font naître les spéculations à ce sujet et lui donnent un retentissement national, amenant Mme. Macron à y réagir publiquement, deux ans avant que le personnage Zoé Sagan s’inscrive sur Twitter.
Zoé Sagan n’a jamais revendiqué la paternité d’une quelconque information concernant Mme. Macron. « Elle » s’est contentée, comme elle le faisait habituellement, de se livrer à une satire des mœurs du pouvoir et de ses agents, tradition française bien ancrée dans le monde des lettres depuis le XVIIe siècle (voir par exemple, « l’Histoire amoureuse des Gaules » de Bussy Rabutin). Elle n’a jamais cherché à en tirer un quelconque bénéfice.
La fonction même de l’avatar créé par M. Poirson Atlan était de se comporter comme une intelligence artificielle, ratissant les informations existant sur le pouvoir en place et d’en tirer des écrits, présentés sous une forme acerbe et ironique.
La procédure semble vouloir établir les responsabilités du cyberharcèlement dont aurait souffert Mme. Brigitte Macron.
Il apparaît à cet égard fondamental que le Tribunal cherche, d’une part, à établir la vérité ou la fausseté des informations en question ; en procédant aux vérifications nécessaires à l’égard des publications de M. Poussard, son interrogatoire, et toute autre mesure utile.
Il apparaît tout aussi fondamental qu’il sursoie à statuer jusqu’à ce que ce dernier soit interrogé.
Il apparaît par ailleurs tout aussi fondamental d’interroger le rôle de M. Poussard et de M. Soral dans l’élaboration, la propagation et la dissémination des informations concernant Mme. Macron, afin d’établir leur responsabilité dans la supposée opération de cyberharcèlement dans le Tribunal est chargé, dont les véritables auteurs sont non seulement parfaitement identifiés, mais ne cessent de se revendiquer comme tels.

Ces demandes sont d’autant plus importantes qu’elles se rattachent désormais à une suspicion fondée de ce que cette procédure aurait pour objectif non de mettre fin à un prétendu cyberharcèlement dont la personne la plus exposée de France souffrirait, mais d’empêcher M. Poirson-Atlan de continuer à écrire sur le pouvoir et ironiser à son égard, en une tradition de censure qui, depuis la clôture des Guignols et les licenciements d’humouristes qui ont eu tendance à se multiplier ces dernières années, semble s’être banalisée.
L’existence d’une procédure disjointe visant M. POUSSARD empêche la défense de le faire citer comme témoin, alors qu’il multiplie les interventions dans la presse à l’égard de l’affaire.
Cette situation paradoxale compromet l’exercice des droits de la défense.
Le Ministère Public ne saurait prétendre qu’en un an et demi de procédure, il n’a pas trouvé moyen d’identifier M. POUSSARD, de le faire convoquer, citer, voire amener via un MAE, alors que, dans le même temps, il apparaît que cette affaire a mobilisé jusqu’au commandement militaire de l’Élysée.
Il ne saurait se prévaloir d’une quelconque urgence quant à la tenue du procès, alors que M. Poirson-Atlan a vu ses comptes sur les réseaux sociaux désactivés, en une étonnante sanction pré-judiciaire (rappelons qu’il s’agit d’une peine complémentaire, normalement limitée à six mois), à la demande de l’exécutif.
Il ne saurait enfin prétendre que des contraintes l’empêcheraient d’y procéder d’ici à l’audience des 27 et 28 octobre 2025, et ce alors qu’à ce stade, il n’est même pas acquis qu’un quelconque effort, réel, ne serait-ce qu’une simple convocation, ait été adressée à M. POUSSARD.
Il donc demandé à la juridiction d’ordonner un supplément d’information et de faire entendre M. POUSSARD.
Il lui est à cette fin demandé, à défaut d’accepter la demande de disjonction déposée, d’ordonner la jonction de la procédure visant M. Poirson Atlan avec la présente procédure, de façon à ce que M. Poussard puisse être entendu sur la nature des faits sur lesquels il a enquêté, sur ses liens avec le prévenu, et, en conséquence, que la prétendue responsabilité pénale de M. POIRSON-ATLAN puisse être examinée en connaissance de cause.
3/ L’effet des faits
Afin d’être caractérisée, l’infraction de cyberharcèlement doit avoir pour « objet ou effet » d’altérer les conditions de vie de la personne visée, en conscience.
A défaut d’établissement d’une intention coupable (objet), il est fondamental d’établir l’existence d’effets nocifs produits par les actes du mis en cause sur la personne qui serait la victime afin de déterminer la responsabilité pénale des prévenus.
Cette question porte à la fois sur l’effet du cyberharcèlement collectif dont aurait fait l’objet la personne visée ; que sur les actes individuels faisant l’objet des poursuites.
Il est bien entendu requis à cette fin d’établir que la personne visée a eu connaissance des actes spécifiques à l’origine des poursuites ; et, à défaut d’avoir pu établir l’intention coupable des auteurs des dits actes, que les dits actes ont eu des conséquences.
Or aucun acte de procédure visant à déterminer l’effet des actes commis par M. Poirson Atlan, ou tout autre, à l’égard de Mme. Macron n’a été mis en œuvre, qu’il s’agisse d’un examen par les UMJ, de l’établissement d’ITT ou autre, a minima d’un interrogatoire suffisamment précis afin de savoir si celle-ci était au courant des écrits qui font l’objet des présentes poursuites.
Au contraire, non seulement Mme. Macron n’a à aucun moment indiqué si elle était au courant et informée des écrits faisant l’objet des poursuites, mais, qui plus est, elle a refusé d’être examinée par les UMJ ou tout autre médecin aux fins d’établissement d’ITT.
Le droit pénal est d’interprétation stricte. Mme. Macron n’a indiqué qu’avoir connaissance de l’identité de M. Poirson-Atlan, et de ce qu’elle le considérait comme responsable de la propagation des informations la concernant. Ce faisant, elle ne démontre en rien un quelconque lien de causalité entre les faits pour lesquels M. Poirson-Atlan est poursuivi, quatre écrits, et un dommage que l’on peine à caractériser en l’état.
Par ailleurs, Mme. Macron n’a de cesse de répéter qu’elle ne consulte pas les réseaux sociaux.
Rappelons que Mme. Macron est à l’initiative de la procédure, que celle-ci est pénale, et que les conséquences potentielles pour les personnes visées sont lourdes.
Il est en conséquence nécessaire, dès lors que la présence de Mme. Macron à l’audience de jugement ne semble pas envisagée, de procéder à son interrogatoire par un officier assermenté afin que celle-ci établisse la preuve qu’elle avait précisément connaissance des écrits qui servent de support aux présentes poursuites.
Il apparaît par ailleurs nécessaire de procéder à une expertise psychologique sous contrôle judiciaire de Mme. Macron afin d’établir si l’infraction pourrait ou non se voir caractérisée, au titre d’un quelconque « effet » qu’auraient produits les écrits de M. Poirson Atlan et des nombreuses autres personnes qui se sont intéressées à Mme. Macron.
La question est d’autant plus importante et délicate que la procédure a pour seule victime une personne adulte, ayant volontairement décidé de publiciser de façon régulière son intimité et sa vie privée, afin d’aider son mari à se faire élire aux plus hautes fonctions de la République.
Des personnes qui, afin de nourrir leur notoriété mutuelle, ont sciemment alimenté les gazettes d’informations, vraies ou fausses, peu importe, sur leur couple, participant à des paparazzades nourrissant les couvertures et les articles élogieux dans des dizaines de médias « people », paparazzades organisées par une proche amie de Mme. Macron, Mimi Marchand, et financées par Xavier Niel, employeur de cette dernière.

Ces comportements ont eu un effet déterminant sur le regard, et dès lors, le vote des Français, et donc sur notre destin politique à tous. Plus encore, ces comportements, et les nombreux mensonges et manipulations qu’ils ont fait naître, ont affecté le regard des citoyens sur leur classe politique et provoqué une véritable crise de confiance, et donné notamment naissance à la présente affaire.
Ces « campagnes publicitaires » ont été menées en conscience, avec une certaine dose de cynisme, de sorte qu’il apparaît naturel de s’interroger sur la réalité de l’effet subi par Mme. Macron, ou à l’inverse sur le caractère instrumental de cette démarche et procédure, et d’une potentielle opération de communication visant à se victimiser, et à en tirer un bénéfice politique, en désactivant au passage l’un des rares satiristes restant à Paris.
Rappelons à cet égard que selon le très respecté journaliste et enquêteur Marc Endeweld, auteur de la première biographie non autorisée de M. Macron, c’était le couple Macron lui-même qui, en 2017 avait fait circuler des rumeurs tendant à faire croire à l’homosexualité de M. Macron, avant de les démentir publiquement et de tirer bénéfice de la cause ainsi artificiellement générée.
Cette demande d’expertise est d’autant plus importante dès lors qu’il est désormais établi que Mme. Macron a bel et bien menti ouvertement et de façon récurrente sur sa relation avec M. Macron afin de nourrir de nombreuses publications qui ont affecté la confiance et justifié de ce que, pour la première fois dans l’histoire de France, des citoyens aient décidé de se saisir de l’intimité de leur président et de sa conjointe avec une telle intensité, au point de considérer nécessaire d’enquêter par eux-mêmes à cet égard, avec tous les dangers que cela génère, allant jusqu’à consulter les archives d’État-civil de membres de leur famille sur plusieurs générations pour vérifier leurs dires, en un mélange qui, sans cette contextualisation, aurait eu de quoi apparaître sidérant et inquiétant.
PAR CES MOTIFS
Vu l’article 388-5 du Code de procédure pénale
Vu l’article 463 du Code de Procédure pénale
Il est demandé de procéder à un supplément d’information, et à défaut, par les voies qui sembleront pertinentes au Tribunal, sur les points mentionnés, à savoir
- Procéder à l’interrogatoire de M. Patrick FAURE et tout autre acte utile relatif à l’intervention de la Présidence de la République et le commandement militaire de l’Elysée dans la présente procédure.
- Joindre la présente procédure à celle visant M. Poussard et procéder à l’interrogatoire de ce dernier, ou au subsidiaire, disjoindre la procédure visant M. Poirson Atlan
- Procéder à l’interrogatoire de Mme. Brigitte Macron afin de déterminer si celle-ci avait connaissance des écrits à l’origine des présentes poursuites
- Procéder par les UMJ ou un expert assermenté à l’examen psychologique de Mme. Brigitte Macron afin de déterminer si les dits écrits ont eu un quelconque effet sur celle-ci.
Fait à Paris, le 10 juillet 2025


















Plusieurs dizaines de couverture de magazines people ont été organisées par Mimi Marchand et son agence BestImages, propriété de Xavier Niel, pour mettre en scène l’histoire et l’intimité du couple Brigitte et Emmanuel Macron

A suivre. Smiley clin d’œil comme disait l'autre.