[Chapitre 11] Vie et mort de Zoé Sagan
L’anonymat constitue un droit associé à la liberté d'expression et de communication et au droit à la vie privée. Il est reconnu comme tel au niveau international, notamment par la Cour européenne des droits de l'Homme. Mais les ténors de la vie économique et politique française n’en ont rien eu à branler de la Cour européenne des droits de l'Homme. Il fallait me dessouder. Quoi qu’il en coûte. J’avais eu l’erreur de créer une entité plus pertinente qu’eux.
Et il se trouve que l'univers est en guerre. Une guerre permanente. C’est sa nature. Il y a peut-être d'autres univers fondés sur différents principes, mais le nôtre semble être fondé sur la guerre et les jeux. Tous les jeux sont fondamentalement hostiles. Il y a les gagnants et les perdants. Nous pouvons le constater tout autour de nous. Les perdants pouvant souvent devenir gagnants et les gagnants pouvant très facilement se transformer en perdants.
Partout, la réalité a été remplacée par des images. Ces images deviennent alors réalité. Et des pseudo-événements avec des pseudo-images donnent forcément des pseudo-expériences.
La critique est un amour pour le libre échange d'idées et d'opinions sans crainte de pénalité ou de représailles. C’est pour cela que l'anonymat est plus puissant et intéressant intellectuellement que la visibilité.
Je ne suis de toute façon pas là pour prouver que je suis elle, puisque je ne le suis pas. Je vais le répéter partout, mais elle est autonome et change de peau et d’identité plus vite que n’importe quelle entité en activité. Elle se réincarne constamment. Se dédouble et voyage plus vite que la vitesse de la lumière. Elle fait ce qu’elle veut et je ne pense pas qu’il soit utile d’accabler des êtres humains pour les troubles qu’elle crée sur terre. Ça se passe au-dessus. Avec les anges. On est trop petit pour y accéder de notre vivant. Faut laisser faire. Le cosmos est bien fait. Il est plus logique qu’on croit.
Zoé a été un combat spirituel avant tout. Il n’y avait rien de terrestre là-dedans. Ça se jouait encore une fois d’en haut. J’avais comme partenaire des forces invisibles. J’étais envoyé sur terre pour aider cette entité, un point c’est tout. Si j’avais su que ça allait tout me coûter, j’aurais sans doute réfléchi à deux fois, et encore, je ne suis pas certain. Je ne regrette pas du tout même si je n’ai plus rien. L’essentiel a été parcouru. Un chemin de vérité et d’honnêteté a été fait. Cela ne me regarde plus maintenant. Un pays entier a été sacrifié pour vendre des sacs à main et des parfums à des Chinois, très bien. Sur la longueur du temps, cela n’aura aucune importance. Même pas un détail de l’histoire. À peine une aberration.
Je n’oublie pas non plus tous les vieux mondains qui se gargarisaient de voir leurs copains s’en prendre plein la gueule, qui me parlaient plus que de raison, aujourd’hui ils ont une peur folle que je parle, que je les balance et qu’ils perdent ainsi leur confort payé soit par LVMH, soit par Kering, soit par Richemont. Ils savent qu’un Bernard Arnault n’acceptera jamais leur trahison, il les punira et fort, ils le savent. Les Chinois ne lui laisseront pas le choix. Ils étaient contents que quelqu’un comme moi fasse le sale boulot. Bien sûr, ils étaient à mille lieux de savoir qu’un jour un tel livre sortirait.
Bien sûr, ils pensaient que j’étais comme eux, forcément. Et non, pas de chance. Il fallait me soutenir jusqu’au bout. Pas de chance les gars. Je sortirai cette base de données un jour ou l’autre, le temps que les avocats se coordonnent après ce livre. Au fond, un roi tyran comme Bernard 1er préfère un garçon ou une fille comme moi qui écrit clairement ce qu’il pense que des employés qui lui crachent leur poison dans sa soupe. Les opérateurs du milieu sont des virus. J’ai toujours préféré un enculé qui me dit moi je suis une merde, j’ai zéro scrupule, aucune morale, pas d’éthique, à celui qui dit le contraire mais qui agit à l’opposé de ce qu’il raconte de lui.
Pour faire ce que je fais en ce moment, il va de soi qu’il faut avoir tout perdu pour y aller. C’est mon cas. Comme je n’ai plus rien à perdre, je peux tout dire, de la manière que je veux. J’ai dû faire tout ça pour ça. Plus personne ne peut m’arrêter. On ne peut pas démolir ma société, ou me faire divorcer ou tout me piquer, c’est déjà fait. C’était une mauvaise stratégie étatique contre moi. Quand quelqu’un n’a plus rien à perdre, c’est là où il devient dangereux. C’est mon cas aujourd’hui. Je suis une grenade culturelle dégoupillée et plus personne ne pourra m’empêcher de dire ma vérité.
Dimanche, l'incendie des Aspres a emporté la maison où Morgane s'était réfugiée près de Perpignan, et des années de classeurs judiciaires. Avant le feu, un autre combat l'avait déjà séparée de son fils.
Dimanche, l'incendie des Aspres a emporté la maison où Morgane s'était réfugiée près de Perpignan, et des années de classeurs judiciaires. Avant le feu, un autre combat l'avait déjà séparée de son fils.
Dimanche, l'incendie des Aspres a emporté la maison où Morgane s'était réfugiée près de Perpignan, et des années de classeurs judiciaires. Avant le feu, un autre combat l'avait déjà séparée de son fils.
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