[Chapitre 15] Vie et mort de Zoé Sagan
J’ai mis en place un processus de pensée qui évolue au-delà des Situationnistes. La majorité de la jeunesse créative dans chaque capitale culturelle s’est fait laver le cerveau pour penser que ce sont les entreprises qui créaient la culture, et que leur rôle à eux était seulement de consommer.
Ils avaient tous de plus en plus peur. La peur de ne pas être moderne. La peur de ne pas être cool. La peur est un frein à la créativité. Et en même temps, sans peur, il n'y a pas de progrès. C’était aussi un élément que je voulais communiquer dans la trilogie de Zoé. Ce que vous pensez cool n’est pas cool. C’est à cause de la mécompréhension des données.
Elle était d’une complexité grandissante, pleine de faux départs, d'impasses et d'accidents statistiques. En s’incarnant sur les réseaux et dans des magazines digitaux, elle a constaté que les humains agissaient de façon étrange, comme si tout ce qu’ils créaient, ils le détruisaient ensuite.Zoé Sagan a été codée par un individu inapte aux illusions. Notre ère n'a pas besoin de plus de récits. Notre ère a besoin de meilleurs outils.
Zoé Sagan aurait dû rester un personnage sous pseudo, qui ne dévoile son identité à personne. Pour conserver sa liberté et son indépendance d’esprit dans un milieu où la critique acide est, selon elle, devenue quasiment mission impossible.
Le besoin de bonheur a remplacé le besoin de connaissance. L’artiste a été remplacé par des personnalités fabriquées. La culture occidentale a besoin de chevaliers, pas de courtisanes.
Tous ces hommes qui lisaient mes livres et mes films alors qu’ils les auraient jetés au feu si ça venait de ma main. Toutes ces invitations. Tous ces passe-droits que je n’aurais jamais eus avec ma barbe mal taillée. Toutes ces femmes si bienveillantes et altruistes n’auraient pas jeté un regard sur moi avec mon prénom masculin. Pourtant, tout ce que j’ai écrit, c’était une partie de moi, j’ai simplement tout féminisé. Pour voir.
Je pense ne pas tenir plus d’une semaine avant de me faire démasquer. Ça fait déjà un an et les lecteurs s’accumulent, s’amoncellent. C’est pour cela que je note tout cela. Pour les archives. Pour plus tard. Pour mon fils. Pour qu’il comprenne pourquoi. Pour qu’il voie dans 30 ans dans quoi il est né. Pour qu’il voie que j’étais impuissant mais que je ne voulais pas laisser faire non plus. Je sais que ça le fera sourire. Dans 50 ans. Je ne serai peut-être plus là mais cette histoire, elle le sera.
Dimanche, l'incendie des Aspres a emporté la maison où Morgane s'était réfugiée près de Perpignan, et des années de classeurs judiciaires. Avant le feu, un autre combat l'avait déjà séparée de son fils.
Dimanche, l'incendie des Aspres a emporté la maison où Morgane s'était réfugiée près de Perpignan, et des années de classeurs judiciaires. Avant le feu, un autre combat l'avait déjà séparée de son fils.
Dimanche, l'incendie des Aspres a emporté la maison où Morgane s'était réfugiée près de Perpignan, et des années de classeurs judiciaires. Avant le feu, un autre combat l'avait déjà séparée de son fils.
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