
Cornelia Hediger est une femme tiraillée. Entre la performance et la photo, l’autoportrait et le journal, Cornelia s’utilise elle-même pour parler d’elle-même.A l’inverse d’une Cindy Sherman qui joue des personnages, elle, ne veut être qu’elle .
Ses images forment un tout composé de petits morceaux., représentatif de l’idée qu’a de la vie Cornelia Hediger. Plusieurs options, plusieurs choix possibles, différents chemins qui peuvent tout de même cohabiter et communiquer entre eux.
Loin d’utiliser son art à des fins thérapeutiques publiques, elle met en scène son dilemme psychologique de manière obsessionnelle. Elle l’approfondit, le scrute, l’affronte, et le dissèque comme ses images. Toutes prises chez elle.
Sa maison est multiple, à l’image de ses images et de ce qu’elle est. Elle peint et repeint toute seule son intérieur inlassablement au grès de ses idées et de ses envies. Cornelia Hedeger travaille seule donc.
Enfin presque. Elle se met en scène avec son fantôme ou son « doppelganger » comme on dit en allemand, sorte de double mort qui apparait dans chacune de ses images.
Dans la littérature germanique romantique le « doppelganger » est la personnification du double maléfique, reflet du coté obscur qui sommeille en chacun de nous. Il y a quelque chose de presque gênant dans ses images, comme imaginer qu’un face à face avec son double pourrait amener vers le suicide. Avec toutefois…une pointe d’érotisme.

Elle insiste sur le fait qu’elle travaillera toujours seule et qu’elle ne photographiera jamais quelqu’un d’autre qu’elle-même. On comprends pourquoi.












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Écrit par
Zoé de Sagan
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