Le romancier britannique V. S. Naipaul doit sa notoriété autant à sa cruauté qu’à son génie. Narcissique insensible et fanatique, il détruisit sa première femme (“On pourrait dire que je l’ai tuée”) et traitait ses amis avec mépris. Ses admirateurs invoquent souvent le prétexte habituel, la nécessité de “séparer l’œuvre de l’artiste”. Récemment, en lisant son récit de voyage L’Illusion des ténèbres et son grand roman sur l’Afrique postcoloniale, À la courbe du fleuve, une pensée plus désagréable m’est venue à l’esprit. La cruauté est une cause de l’attrait pour cet auteur. Du moins en partie.
Naipaul s’emparait de sujets esquivés soigneusement par ses contemporains plus policés : la pauvreté, les États défaillants, les destins brisés par la tectonique de l’histoire. Son fanatisme déforme parfois ses propos, mais le meilleur de son œuvre est sans illusion ni réconfort. Là où un homme plus gentil aurait sentimentalisé, Naipaul, grâce à sa cruauté, montrait le monde tel qu’il était. Le choc froid et cruel de la vérité, c’est ce que recherchent ses lecteurs.
Une admiration teintée d’hypocrisie
Que la cruauté de Naipaul puisse être un trait essentiel de son charisme, voilà qui dérange singulièrement le lecteur d’aujourd’hui. Tout comme les victoriens, nous faisons preuve d’hypocrisie dans notre admiration de certaines qualités chez l’homme. Des Christ préraphaélites à l’air affecté aux enfants invalides et dévots, en passant par les héroïnes de Dickens au visage ovale et terne, les victoriens croyaient n’aimer que la vertu. Aujourd’hui, les symboles ont changé, mais l’esprit reste le même.
Le rejet du culte de l’innocence du XIXe siècle faisait partie intégrante de la réaction brutale contre la morale victorienne. Au XXe siècle, le citoyen averti se targuait d’être assez mature pour savoir que les femmes aiment le sexe et que Dickens avait été autant un artiste plein d’humanité qu’un monstre.
Lire la suite ici.
Partager cet article
Écrit par
APAR.TV
Rejoindre la conversation
Rothschild & Epstein : la baronne, le pédophile et l’argent qui ne sent pas le propre
Les nouveaux « Epstein Files », déversés par la justice américaine fin janvier 2026, révèlent l’incroyable proximité entre Ariane de Rothschild, patronne du groupe Edmond de Rothschild, et Epstein. Des centaines d’e-mails et 25 millions de dollars empochés par le prédateur pour « services rendus »…
Epstein a ordonné l’étranglement et l’enterrement de deux jeunes filles après des séances de "sexe fetish brutal"
Un courriel anonyme, révélé dans les dossiers Epstein récemment déclassifiés, accuse le prédateur sexuel d’avoir fait stranguler à mort deux jeunes femmes lors de séances de « sexe fetish brutal », puis d’avoir ordonné leur enterrement dans les collines près de son ranch du Nouveau-Mexique.