Pourquoi lui ?
Vous voyez le coup de l’homme qui fait une crise de la quarantaine, qui a perdu le sens de son boulot, malaxé par l’absurdité administrative moderne et urbaine ? Cet homme qui va retrouver le goût de la vie et le sens de l’authenticité en visitant la campagne ? Vous voyez ce mythe aussi éculé qu’une comédie romantique avec Meg Ryan ?
Et bien ce mythe, Gaspard Koenig nous le sert, mais il y accole son reflet de l’authentique se confrontant au rêve occidental. Et cette confrontation des deux mythes principaux de ce début de XXIème siècle, Rousseauiste et croissance économique, deux illusions auxquelles le monde s’accroche à défaut d’alternative, et bien ces deux mythes ne se terminent pas comme vous le pensez.
Où le lire ?
Le samedi, vers 23 heures, au moment où les Français s’agglutinent devant Laurent Ruquier et ses chroniqueurs porteurs d’idées prémâchées.
Incipit.
-Roxy, hurla soudain Ivana, il n’y a plus de lingettes.
Le passage à retenir par cœur.
On se sent ailleurs, répéta-t-elle. Finalement, on est toujours ailleurs. On s’imagine des amours, des familles, des dieux, des patries, des philosophies… Ce sont des pièges que l’on se tend tout seul. Et après, on s’étonne de ne plus pouvoir en sortir, de rester prisonnier de soi-même. La vérité, c’est que nous sommes tous des errants. des fantômes sous la neige.
À qui l’offrir ?
Aux écolos et aux libéraux.

Kidnapping, Gaspard Koenig, éd. Grasset, 365 p., 19 €
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La rédaction
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