La seule issue est en vous
Mes chers amis,
On est arrivés dans un tel moment de démence que partout où je vais, les gens sont persuadés que les Macron vont me faire enfermer deux ans à Fleury-Mérogis pour que je me fasse « secouer dans les douches ».
Ils ont monté le niveau de folie dans le pays à un tel point que plus personne, à part vous ici, n’arrive à voir une seconde de bon sens en disant que non, on ne va pas deux ans en prison pour quatre tweets satiriques.
Mais le pays étant ce qu’il est en ce moment, la dictature est totalement intégrée. Le problème, c’est que mon enfant entend tout ça. Partout. Tout le temps. Imaginez l’angoisse que cela représente dans le cœur d’un petit. Résultat, il me demande de jurer chaque semaine que je n’irai pas en prison à cause des Macron.
Et de tout ce qu’ils m’ont fait, c’est le plus difficile à porter. Je sais qu’il faut continuer de pardonner sans pour autant oublier, mais cette fois, c’est plus difficile que d’habitude. Tout le monde me demande donc de m’écraser. De la fermer une fois dans ma vie. De dire ce qu’ils veulent que je dise. Comme Galilée en son temps. Non, pas pour me sauver moi, mais pour sauver les miens.
Jamais une seule seconde je n’aurais pensé vivre le millième de ce qui arrive depuis un an. Je suis représenté depuis 2012 par la Société des auteurs dramatiques fondée par Beaumarchais. Je n’ai fait qu’additionner des pièces de théâtre, des romans, des pamphlets, ni plus ni moins, et je vais être jugé comme un cybercriminel.
Que ce soit accepté par ceux qui ont fait mon passé professionnel, des éditeurs aux producteurs, c’est accepté. J’ai eu le temps de digérer. Et ils seront mathématiquement les prochains sur la liste. N’importe quel média ou journaliste comme Mediapart ou Off Investigation qui partagera demain sur les réseaux un article sur un homme politique qui génèrera beaucoup de commentaires négatifs pourra être attaqué par l’homme politique disant que c’est du cyberharcèlement et le journaliste risquera deux années de prison et 45 000 € d’amendes.
Ensuite, faire abattre sur moi une suite de procès jusqu’à fin 2027 venant de tous les (derniers) amis du couple présidentiel, à un niveau de harcèlement étatique jamais atteint, c’est accepté également.
Mais que mon fils soit terrorisé de me voir partir en détention pour quatre phrases satiriques, vraiment, c’est au-delà de mes forces. Je n’arrive pas à pardonner. Grâce aux médias de Bernard Arnault du Parisien à Paris Match accompagnés par l’AFP, ils ont réussi à transformer et inverser totalement mon histoire et à terroriser tout le monde. Tout le monde pense que Brigitte et Emmanuel Macron vont donc me faire mettre en cellule dès le 28 octobre au soir, à l’isolement, pour deux ans. Voilà où nous en sommes alors même que le pays roule en solo, qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion et encore moins de gouvernement aux commandes.
Au-delà de la disproportion des moyens employés par l’État, leur cruauté réside dans l’art de faire durer. Leur signature est là. Après la police judiciaire, les huissiers et les barbouzes, vient le temps de la machine judiciaire écrasante, inhumaine, sans une once de bon sens.
Je pense également aux dix autres prévenus qui vont défiler à la barre, dont Bertrand Scholler qui, lui, a eu la bonne idée pour échapper à tout leur dernier coup fourré d’aller marcher vers Compostelle, sans téléphone ni réseau. C’est beau. Courageux même. Moi, je dois être à la sortie de l’école. Sinon, c’est aussi ce que j’aurais fait jusqu’au moment fatidique.
J’aurais marché des Saintes-Maries-de-la-Mer jusqu’au tribunal judiciaire pour rejoindre un couple absent. À la place, je prendrai le train. Ce sera tout aussi bien. J’irai dormir en face du tribunal, c’est mieux qu’une cellule froide. Parce que c’est un moment à la fois dérisoire et historique. Un moment qui ne réarrivera jamais.
Et vous savez quoi ? Pour vous, je vais faire ce que je sais faire de mieux : vous raconter les coulisses de ce procès. L’arrière-boutique. Les off. J’en connais chaque intervenant, qu’il soit dans l’ombre ou la lumière. J’en serai à la fois acteur et spectateur. En deux jours d’audience, j’aurai le temps de remplir méticuleusement un petit Moleskine. Un agent de police est venu vérifier la dernière fois que j’avais bien coupé mon téléphone portable ; il n’a vérifié que pour moi. Je viens sans, cette fois. Mon nouveau téléphone, c’est un Moleskine. À l’ancienne. Je suis le nouveau reporter de leur descente en enfer. Ils ne pourront cette fois me l’interdire. Raconter le réel dans un monde qui ne l’est plus, voilà mon travail durant la fin de ce mois d’octobre.
Encore une fois, parce que j’y tiens, sans vous, sans vos mots incarnés ici depuis le 14 juillet 2024, je n’aurais pas eu le cran de tenir. J’aurais lâché la rampe. Mais comme pour Zoé, ce n’est pas une personne qui s’est activée ici, mais une présence. Vous avez été la présence. Dans un temps où tout le monde me lâchait la main. Où je découvrais, dans cette solitude forcée et brutale, l’amour total et pur de cette présence.
Je suis Zoé.
— Étienne Chouard (@Etienne_Chouard) October 7, 2025
Zoé Sagan nous écrit — grâce à sa liste de diffusion — et c’est poignant ; ça donne envie de l’aider car c’est un personnage conceptuel, Zoé Sagan, même si c’est le corps d’Aurélien qui est martyrisé : Zoé, c’est le citoyen français qui se croyait libre en France,…
Aussi étrange que cela puisse paraître, je l’ai ressenti comme jamais la semaine dernière quand Étienne Chouard a partagé sur ses réseaux ce que j’étais en train de vivre. Alors que j’étais affaibli, pour ne pas dire à terre, fiévreux et attaqué par des forces d’une noirceur diabolique, une énergie est venue m’envahir ; ça méditait, ça priait pour moi, je le sentais, ils faisaient un nettoyage en silence. Par la force et l’union des cœurs. Jamais je n’aurais cru vivre ça un jour. L’égregore formé en moins de 24 heures à travers sa communauté m’avait remis sur pied comme par magie. Lui qui m’avait pris dans ses bras en silence, comme un frère d’armes à la fin d’une guerre, dans les coulisses du Théâtre du Gymnase, le jour de mon anniversaire. Un mois plus tard, il réapparaissait comme un ange gardien inattendu, venu de nulle part, mais bel et bien là. Je n’osais y croire. Que venait-il de se passer ? Un miracle énergétique peut-être, au moment où je m’y attendais le moins. Comme si on me relevait d’un KO technique pour affronter le dernier combat. Ce n’était pas le moment de lâcher, vous étiez tous là. Et je me suis relevé.
Prêt à tout affronter.
🚨 My sister's new book has been suspended https://t.co/sJ8CErYrhS It will not be released in France as long as the Macron couple remains in power. But it will be released in English thanks to @LOR4_14. To the great despair of the Élysée, which is seeking to have it censored—even… pic.twitter.com/vXDsCvtztY
— Lia Sagan (@liasagan) October 13, 2025
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