Une chirurgienne, une écrivaine qui l’observe, et 3 500 000 euros : « La Vie d’une femme » sort demain en salles
Le deuxième film de Charline Bourgeois-Tacquet sort mercredi 9 septembre. Léa Drucker y joue une chirurgienne d’hôpital public que rien n’arrête, jusqu’à ce qu’une romancière vienne passer quelques semaines dans son service. Le film était en compétition à Cannes le 13 mai.
Une femme opère. Une autre la regarde opérer, un carnet à la main, parce qu’elle écrit un roman et qu’elle a demandé à passer quelques semaines dans le service. C’est tout le dispositif de « La Vie d’une femme ». Il tient en une phrase et il suffit.
Le deuxième long métrage de Charline Bourgeois-Tacquet sort mercredi 9 septembre, distribué par Pyramide. Il a été présenté en compétition au festival de Cannes le 13 mai, où il concourait pour la Palme d’or et pour la Queer Palm. Entre les deux dates, quatre mois. C’est le temps normal d’un film français qui a été vu par la Croisette avant d’être vu par la France.
Gabrielle Conti, chirurgienne, sans enfant, débordée
Léa Drucker joue Gabrielle Conti, chirurgienne d’âge mûr, sans enfant, dont la vie est entièrement accaparée par son travail et ses responsabilités. Mélanie Thierry est Frida, l’écrivaine qui s’installe dans le service. Autour d’elles : Charles Berling, Laurent Capelluto, Marie-Christine Barrault, Agathe Dronne, Bernard Blancan, Léna Bréban, Suzanne de Baecque en juge des contentieux de la protection.
Le film dure 98 minutes. Il a coûté 3 500 000 euros. C’est une coproduction franco-belge, 89,99 pourcent française et 10,01 pourcent belge, portée par Les Films Pelléas de David Thion avec Versus Production et Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma. Il a été tourné du 11 mars à mai 2025, à Lyon, Villeurbanne, Grézieu-la-Varenne, Chaponost et Meyzieu. Pas à Paris. Le détail compte quand on filme un hôpital public.
13 mai 2026 · première mondiale, en compétition officielle à Cannes.
9 septembre 2026 · sortie nationale, distribution Pyramide.
3 500 000 euros · budget. 98 minutes · durée. 4 langues à l’écran : français, anglais, italien, japonais.
Le cadeau caché du casting
À la demande de la réalisatrice, l’écrivain et militant italien Erri De Luca a tourné un petit rôle en quelques jours. Il y incarne un écrivain âgé qui vit à la montagne et que les deux protagonistes viennent interviewer. Un romancier réel joue un romancier de fiction interrogé par une romancière de fiction qui observe une chirurgienne de fiction. Le film s’est construit une petite chambre d’échos, et il y a mis quelqu’un qui écrit vraiment.
Sources : notice du film et sélection officielle du festival de Cannes.
Cinq ans après « Les Amours d’Anaïs »
Charline Bourgeois-Tacquet avait signé « Les Amours d’Anaïs » en 2021. Elle passait alors pour une cinéaste du désir bavard et de la course en avant. Elle revient avec une femme qui ne court plus vers quelqu’un mais qui tient un service, et dont le mouvement s’arrête quand une inconnue s’assoit dans un coin pour la regarder.
Le passage de la comédie amoureuse au bloc opératoire n’est pas une conversion au sérieux. Le film est classé comédie dramatique. C’est le genre le plus difficile du cinéma français, celui où l’on peut perdre les deux registres en même temps.
Une sortie qui dit quelque chose de la semaine
Le 9 septembre, ce film entre dans les salles. Le lendemain, 10 septembre, « Dix pour cent, le film » arrive sur Netflix sans passer par une seule salle française, comme nous l’avons raconté vendredi. Deux jours, deux modèles. Un film de compétition cannoise qui prend le chemin long, et une série d’agents devenue film qui ne prend aucun chemin du tout.
La semaine dernière sortaient déjà « La Frappe » de Julien Gaspar-Oliveri et le film tiré du dernier livre de Michela Murgia. Pendant ce temps, à Venise, on n’arrive toujours pas à dire combien de réalisatrices ont été sélectionnées. Ici, le compte est simple : une réalisatrice, deux actrices en tête d’affiche, un budget de 3 500 000 euros, et une place en compétition officielle à Cannes.
Un roman est en train de s’écrire dans le film, à propos d’une femme qui n’a pas le temps de le lire. Demain, il faudra 98 minutes pour savoir laquelle des deux repart changée. Nous avions déjà suivi Nova sur cette ligne, avec Maria Pourchet et ses lettres à Romain Gary. Les écrivaines qui regardent quelqu’un vivre, c’est devenu un genre.
Sources · fiche technique et distribution du film, sélection officielle du festival de Cannes 2026, données de production et de tournage. Sortie nationale confirmée au 9 septembre 2026, distribution Pyramide.
Note de transparence · aucun message publié sur X par la production, la distribution ou l’équipe du film n’a pu être chargé et vérifié en direct pendant la préparation de cet article. Aucun lien n’est cité de mémoire. L’image de une est un portrait de presse de Léa Drucker sous licence libre, recadré, et non un photogramme du film.
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