L’Atlas de la Beauté et ses milliers de filles à clics
L’Atlas de la beauté est le seul projet de Mihaela Noroc.
On comprend pourquoi. Il est certain que voyager autour du monde pour photographier des femmes de 37 pays doit prendre un certain temps, et coûter beaucoup d’argent ( d’ailleurs impossible de trouver des informations quand au coût du projet et l’origine du financement qui doit être de taille).
Sur le papier, c’est un projet noble, prônant la diversité, mettant la femme à l’honneur etc, bref un projet « dédié » à la beauté de la femme.
En se promenant sur la page Facebook on s’aperçoit que la photographe a visiblement conquit les cœurs du monde entier puisque chaque photo publiée compte pas moins de 10 000 likes et autant partages.On ne sait pas combien de photos il y a exactement mais on vous laisse imaginer la « communauté » de la dame.
Elle raconte :
« Aujourd’hui, je suis convaincue que la beauté est partout, et elle n’a rien à voir avec le fait de porter les bons produits cosmétiques ou de porter les bons vêtements. La beauté est dans la capacité à être soi-même. ». Ironie du sort cette dernière phrase nous fait penser immédiatement à la citation mondialement connue de la papesse de la mode Coco Chanel, qui disait « la beauté commence à l’instant où l’on décide d’être soi-même »… Nous sommes entièrement d’accord, disons même que tous ça est très beau, puisque c’est le mot d’ordre, abusons-en, mais un détail nous laisse quand même sceptiques.
Le message est bien comme il faut, on dit que le maquillage, les fringues, tout ça ne rendent pas une femme plus belle (vrai mais faux à la fois, les femmes qui nous lisent ne nous contredirons pas, c’est certain), OK. Elle prône le naturel sauf qu’un soucis majeur se pose. La grande majorité de ses « modèles » improvisées n’ont pas plus de 25 ans et sont toutes aussi minces les unes que les autres.
Elles sont toutes très belles c’est indéniable et plutôt plaisant pour nos yeux, mais, un peu facile. Tenir des discours bienpensants et réchauffés anti « sociétédeconsommation », anti diktats du monde moderne, pour vendre un projet, et ne pas en respecter soi-même les règles est un peu mal placé.
Car les demoiselles sont souvent tout de même mises en scènes et jamais « sales » ou débraillées. Qu’elle soient en peinture de guerre, en costume traditionnel, ou en citadines qui s’assument prises sur le vif (hum), on sent un manque de naturel évident même si les photos sont réussies, nous ne remettons pas en question la technique de la photographe. Mais là n’est pas le sujet. Le sujet est que le « girl power », le féminisme sous le prisme de l’art et toutes les bonnes raisons de défendre le statut de la femme dans le monde deviennent depuis peu des discours, des arguments à l’usage unique des intérêts personnels et/ou commerciaux de ceux qui les utilisent. On parle même pas des génies marketing qui commence à faire de la récup de féminisme de comptoir pour assoir des positionnements de marque.
Sur le plan artistique, on a de loin préféré le travail d’Ashley Armitage, peut-être moins ambitieux, en tous les cas à plus petite échelle, mais plus honnête. Car cette photographe montre des femmes de toutes corpulences, avec de réels « défauts » visibles et jugé disgracieux selon les codes de beauté imposés. Son but ? réhabituer notre regard à voir les femmes du quotidien et changer notre regard sur la perfection et la beauté.
On est donc loin du travail d’illustration de la beauté mondiale de Mihaela Noroc et de ses nymphes worldwide toutes aussi minces et jeunes les unes que les autres. Pour paraphraser à notre tour Coco Chanel, « on peut être irrésistible à tout âge ». Projet à clic, l’Atlas de la Beauté, pour nous méritait une petite claque.



























































Une question politique, six IA, aucune réponse fabriquée. L'édition 001 est retirée · ses réponses n'avaient jamais été captées. L'édition 002 est scellée · question publiée le 28 août, réponses le 11 septembre à 11h11.
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