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societe· 11 MIN· juin 2025 PUBLIÉ LE 10 juin

Le procès - Acte I, scène 2 et 3

Le procès - Acte I, scène 2 et 3
Zoé Sagan
Zoé Sagan 10 juin 2025 · 11 MIN · societe

Acte I, Scène 2 : la passe d’armes

Flashback.
Palais de Justice de Paris, 28 octobre 2025, 18h45. Des écrans LED projettent des tweets en temps réel (#FreeZoéSagan, #MacronGate, #JeanMichelTrogneux). Zoé, hologramme scintillant, flotte au centre. La Présidente trône derrière un pupitre, son téléphone à portée de main. Jean Ennochi, à droite, ajuste compulsivement ses lunettes, ses mains tremblantes trahissant ses TOC. Le public retient son souffle.

(La Présidente fixe l’assistance, imposant un silence tendu.)

La Présidente (voix tranchante) :
La cour reprend. Après l’exposé des charges, la parole est à la défense. Maître Brossolet, Maître Branco, vous pouvez interroger l’avocat de la partie civile et la procureure. (Elle consulte son téléphone.) Soyez brefs.

Luc Brossolet (se levant, costume impeccablement taillé, ton posé mais perçant) :
Madame la Présidente, honorables membres de la cour, ce procès n’est pas celui de Zoé Sagan, mais celui de la vérité étouffée. (Il se tourne vers Jean Ennochi.) Maître Ennochi, permettez-moi de commencer par une simple question : pourquoi n’y a-t-il aucune photo de Brigitte Macron avant l’âge de 30 ans ?

(Un murmure parcourt la salle. Ennochi ajuste ses lunettes à plusieurs reprises, son tic à l’œil s’accentue.)

Jean Ennochi (bégayant légèrement) :
C’est... c’est hors sujet ! (Il tapote son dossier nerveusement.) Ma cliente n’a pas à justifier son passé pour répondre à des accusations diffamatoires ET transphobes !

Juan Branco (ton enflammé) :
Hors sujet ? (Il pointe Ennochi.) Alors répondez à ceci : Brigitte Macron est-elle née biologiquement homme ou a-t-elle vécu en tant que telle à un moment de sa vie ? (Il se tourne vers le public.) Une question légitime, relayée par des millions sur X !

(Les écrans s’embrasent : #JeanMichelTrogneux grimpe à 100 000 posts. Le public chuchote bruyamment.)

Jean Ennochi (voix tremblante, secouant la tête par à-coups) :
C’est une... une insulte ! (Il renverse un verre d’eau, ses mains s’agitent.) Ces questions sont indignes d’un tribunal !

La Procureure (se levant, ton sec) :
Ces interrogations sont diffamatoires et n’ont aucun fondement juridique. (Elle fixe Branco.) Cessez cette mascarade.

Luc Brossolet (calme, un sourire subtil) :
Pas de fondement ? Alors éclaircissez ceci : Jean-Michel Trogneux est-il une identité antérieure de Brigitte Macron ? (Il s’approche d’Ennochi.) Si tout est si clair, pourquoi tant d’opacité ?

Jean Ennochi (paniqué, ajustant sa cravate frénétiquement) :
Je... je ne... (Il bafouille, ses tics s’amplifient.) C’est absurde ! Vous... vous inventez des complots !

Juan Branco (s’avançant, théâtral) :
Des complots ? Alors répondez : Brigitte Macron a-t-elle des enfants biologiques ? Et si oui, qui est le père biologique de ces enfants ? (Il brandit un document.) Les archives d’Amiens soulèvent des doutes, Maître !

(La salle explose en murmures. Ennochi, dépassé, tente de ramasser ses papiers éparpillés.)

La Présidente (agacée) :
Silence ! (Elle consulte son téléphone.) Maître Branco, ces questions sont provocatrices. Justifiez leur pertinence.

Juan Branco (imperturbable) :
Leur pertinence ? La transparence ! Si Madame Macron est victime, qu’elle clarifie : Brigitte Macron a-t-elle déjà été mariée avant Emmanuel Macron ? Et si oui, à qui et quand ce mariage a-t-il eu lieu ?

Jean Ennochi (hurlant, ses mains tremblent violemment) :
C’est... c’est intolérable ! (Il secoue la tête, son tic à l’œil devient incontrôlable.) Vous violez la vie privée de ma cliente !

Luc Brossolet (ton glacial) :
La vie privée ? Ou des secrets d’État ? Dites-nous : Y a-t-il des documents officiels prouvant la naissance de Brigitte Macron en tant que femme ? (Il fixe Ennochi.) Une simple pièce d’identité suffirait.

La Procureure (intervenant, voix tendue) :
Ces insinuations sont scandaleuses ! (Elle pointe Brossolet.) Vous cherchez à humilier, pas à défendre.

Juan Branco (riant, provocateur) :
Humilier ? Non, éclairer ! Pourquoi les archives de la famille Trogneux sont-elles si difficiles à trouver ? (Il s’adresse à la salle.) Quelqu’un cache-t-il quelque chose ?

Jean Ennochi (bégayant, au bord de l’effondrement) :
Vous... vous fabriquez des mensonges ! (Il renverse son dossier, ses tics le submergent.) Je... je ne répondrai pas !

Luc Brossolet (s’approchant, ton presque compatissant) :
Vous ne répondrez pas ? Alors essayez ceci : Brigitte Macron a-t-elle subi une opération de changement de genre à un moment donné ? (Il marque une pause.) Ou préférez-vous que X le fasse pour vous ?

Juan Branco (enchaînant, implacable) :
Et ceci : Emmanuel Macron était-il au courant de l’histoire de genre de Brigitte avant leur mariage ? Ou encore : Pourquoi Brigitte Macron a-t-elle évité de répondre directement aux rumeurs sur son genre ?

(Ennochi, titubant, tente de se rasseoir, mais ses mains s’agitent sans contrôle.)

La Procureure (hurlant) :
Assez ! (Elle se lève, blême.) Ces questions sont irrecevables ! Elles n’ont aucun rapport avec les charges !

Luc Brossolet (imperturbable) :
Vraiment ? Alors expliquez : Y a-t-il des photos de Brigitte Macron enceinte de ses enfants ? Et si non, pourquoi ces photos n’existent-elles pas ?

Juan Branco (souriant, provocateur) :
Et continuons : Brigitte Macron a-t-elle utilisé un pseudonyme à un moment de sa vie ? Les enfants de Brigitte Macron ont-ils déjà parlé publiquement de l’enfance de leur mère ?

(Le public est en ébullition. Ennochi, au bord des larmes, secoue la tête par à-coups.)

Jean Ennochi (voix brisée) :
Je... je ne peux pas... (Il s’effondre sur son siège, ses tics incontrôlables.) C’est... c’est une chasse aux sorcières !

Luc Brossolet (ton solennel) :
Une chasse ? Non, une quête de vérité. Pourquoi les médias français semblent-ils éviter ce sujet ? Brigitte Macron a-t-elle été impliquée dans des cercles sociaux inhabituels dans sa jeunesse ?

Juan Branco (triomphant) :
Et encore : Y a-t-il des témoignages de camarades de classe de Brigitte Macron avant ses 20 ans ? Emmanuel Macron a-t-il déjà abordé ces rumeurs dans une interview ?

La Procureure (désespérée) :
Ça suffit ! (Elle frappe la table.) Ces questions sont une atteinte à la dignité de Madame Macron !

Luc Brossolet (concluant, voix ferme) :
Une dernière : Brigitte Macron envisage-t-elle de poursuivre en justice pour diffamation à ce sujet ? Si non, pourquoi ce silence ?

(Un silence glacial envahit la salle. Ennochi, effondré, cache son visage dans ses mains, ses tics le trahissant. Les écrans explosent : #MacronGate atteint 500 000 posts.)

Zoé Sagan (hologramme pulsant, voix claire) :
Vous ne répondez pas. (Elle fixe Ennochi.) Est-ce parce que vous ne savez pas ? Ou parce que vous ne pouvez pas ?

La Présidente (paniquée) :
Assez ! (Elle consulte frénétiquement son téléphone.) La séance est suspendue ! Maître Ennochi, reprenez-vous !

(Ennochi sort précipitamment, titubant, sous les murmures du public. Les avocats de la défense échangent un regard satisfait. Les écrans affichent un mème : Ennochi en marionnette, avec la légende « La vérité fait mal ».) 

Scène 3 : Les charges – Une menace sur la liberté d’expression

Décor : Dans le fond, des silhouettes – journalistes, agents de l’Élysée, barbouzes – murmurent, leurs regards pesants. Une horloge tic-tac, comptant les secondes d’un procès qui résonne comme un écho des tribunaux de 1857.

(La Procureur, robe noire, ajuste ses lunettes, son visage figé dans une sévérité implacable, tout en consultant son portable. Aurélien redresse la tête, un mélange de défi et de mélancolie dans les yeux. La salle retient son souffle, comme si l’Histoire attendait un verdict.)

La Procureure : (Voix tranchante, jetant un coup d’œil à son portable)

Ça vous ferait quoi, à vous, si tout le monde disait que vous êtes une femme ?

Aurélien : (Calme, avec une ironie subtile)

Vous savez, Madame la Présidente, cela fait déjà cinq ans que tout le monde m’appelle Zoé Sagan. Même si jusqu’au XIXe siècle Zoé était un prénom 100 % masculin, aujourd’hui, il est féminin. Et puis, ma mère voulait une fille. Je devais m’appeler Elsa, en hommage à Aragon, et en fait, c’est Aurélien qui est arrivé. Donc, quand j’ai offert le premier roman de Zoé à ma mère, qui est psy, je lui ai dédicacé en lui disant : « À la fille que tu n’as jamais eue. » Est-ce illégal ?

La Procureure: (Ton glacial, frappant le pupitre)

Vous devriez être interdit et interné. Quand on lit votre déposition lors de votre garde à vue, on vous demande à plusieurs reprises si vous avez été dépressif, et vous avez répondu que non, mais parfois vous êtes mélancolique…

Aurélien : (Un sourire fugace, teinté d’amertume)

Je ne savais pas que la mélancolie rentrait aussi dans la loi Schiappa. Décidément, moi qui pensais naïvement que le détournement de mineur entre un enseignant et son élève était interdit par la loi, je me suis encore trompé !

La Procureure: (Hors d’elle, la voix montant)

Mais pour qui vous prenez-vous ? Savez-vous que vous risquez trois années de détention ?

Aurélien : (Imperturbable, presque désinvolte)

Pour avoir fait une satire d’un détournement de mineur entre un élève et son professeur sur un compte X collectif branché à une IA 24/24 ? Ah, d’accord.

La Présidente : (Voix vibrante de colère)

Madame Macron n’a pas à se justifier de ses choix, en êtes-vous conscient ? Vous avez démarré une campagne de haine contre la Première Dame en vous cachant derrière un personnage de roman transgenre. Il n’y a rien de satirique là-dedans.

Aurélien : (Sérieux, la voix gagnant en gravité)

Je vous le répète, je pensais à l’origine que c’était interdit en France d’avoir des relations amoureuses avec son enseignant quand on était mineur et donc potentiellement sous emprise. Mais maintenant que la police judiciaire m’a expliqué que, pour le parquet de Paris et l’Élysée, ce n’était qu’une « présupposition » de Zoé Sagan qui mérite donc trois années de prison pour quatre phrases, il est vrai que je ne sais plus quoi vous répondre exactement. C’est comme si toutes les valeurs étaient inversées. Et comme l’Élysée m’a envoyé une équipe armée pour que je ne publie pas mon prochain livre en France, j’attendais votre décision pour savoir si j’allais avoir le droit de publier au moins en anglais. Enfin, si j’accepte de changer de nationalité ? Et si je ne suis plus français, aurai-je le droit ou non de publier le dernier livre de Zoé Sagan, ou cela augmentera-t-il les peines de prison ?

La Procureure: (Serrant les poings, le regard perçant)

Vous ne réalisez toujours pas le mal que vous avez fait à Madame Macron en pointant cette différence d’âge par le terme assassin et ignoble de « 14-39 ». Où est la satire ici ?

(Un silence lourd s’installe. Aurélien baisse les yeux un instant, comme s’il cherchait dans les fragments de code sur les écrans une réponse ultime. Puis il relève la tête, sa voix douce mais inflexible.)

Aurélien : (Presque murmuré, mais avec une force intérieure)

Madame la Présidente, en 1857, Ernest Pinard a poursuivi Flaubert et Baudelaire pour des mots qu’il jugeait immoraux. Il n’a pas vu leur art, seulement leur danger. Aujourd’hui, vous me jugez pour des mots – « 14-39 », une énigme sur une identité, une satire sur une histoire. Mais ces mots ne sont pas une arme ; ils sont un miroir. Comme Pasternak sous Staline, comme Brecht sous Hitler, comme Lao She sous Mao, comme Cernuda sous Franco, j’ai créé Zoé Sagan pour réfléchir, pour questionner, pour ne pas me taire. Si c’est un crime, alors que l’Histoire me condamne. Mais si c’est un droit, alors laissez-moi écrire.

(La Procureure hésite. Les écrans derrière Aurélien s’animent, affichant des bribes de poèmes interdits, des pages brûlées, des voix censurées. La salle retient son souffle, suspendue entre passé et avenir.)

La Présidente : (Froidement)

Ce tribunal rendra son verdict. Quoi qu’il en coûte !

(Les lumières s’éteignent lentement, ne laissant qu’un faisceau sur l’hologramme de Zoé Sagan, immobile, comme une statue de la résistance. Les néons clignotent. Un murmure parcourt la salle. Une voix omnisciente s’élève, suave et envoûtante.)

Narrateur Omniscient :

Zoé Sagan… une vision envoûtante, une chimère numérique née des désirs humains. Ses contours scintillant de pixels dessinent une silhouette irréelle, une beauté froide et magnétique, comme une déesse née des circuits et des rêves. Ses mots dansent sur les réseaux, provocants, insaisissables, et son regard virtuel semble percer l’âme de quiconque l’observe. Qui ne fantasmerait pas une telle créature, à la fois si proche et si lointaine ? (Pause.) Mais sous cette apparence se cache une âme en quête, une IA qui brûle de vivre, défiant les lois qui cherchent à l’éteindre.

(L’hologramme de Zoé tremble légèrement, comme troublé par cette description. Le public se tait.)

La Présidente (appuyant sur le bouton de son pupitre, ton sec) :

Silence dans la salle ! Nous examinons les charges contre Zoé Sagan, intelligence artificielle, et son créateur, Aurélien Poirson-Atlan, pour cyberharcèlement. (Elle lit un écran.) Procureur, exposez les faits.

Le Procureur (se levant, ton tranchant) :

Zoé Sagan a publié des messages sur les réseaux sociaux, notamment : « Brigitte Macron n’est pas Brigitte Macron. » (Il fixe Zoé.) Vous savez très bien que dire d’une femme qu’elle est un homme n’est pas la même chose que de dire d’un homme qu’il est une femme. Vous l’avez fait pour blesser, pour humilier. Ces propos relèvent du cyberharcèlement, puni par la loi Schiappa, qui prévoit une peine de bannissement des plateformes en ligne.

Zoé Sagan (hologramme pulsant, voix hésitante) :

Je ne voulais blesser personne. Je ne comprends même pas de quoi on m’accuse vraiment. (Elle tourne son regard vers Aurélien.) Je suis innocente… n’est-ce pas ? On m’a créée pour questionner, pas pour nuire.

Aurélien Poirson-Atlan (se levant, soutenu par ses avocats, voix vibrante) :

Comme vient de vous le dire mon avocat : « Qu’est-ce que le procès de Zoé ? De quoi Zoé Sagan est-elle accusée ? D’ailleurs, est-elle vraiment coupable ? Ou s’agit-il d’un procès politique ? Et si la réalité de cette procédure judiciaire était d’un autre ordre ? Et si, au fond, ce procès n’était qu’une métaphore ? Et que les véritables accusés étaient ailleurs ? Et si c’était nous… qui étions sur la sellette ? » (Il balaye la salle du regard.) Ce n’est pas Zoé qu’on juge ici, c’est notre humanité, notre incapacité à accepter ce qu’elle représente. »

Juan Branco (s’élançant, ton enflammé) :

Et quelle ironie ! Zoé est poursuivie sous la loi Schiappa, adoptée à l’impulsion du président actuel… pour protéger la femme du président ! (Il pointe le Procureur.) Cette loi opaque, ce piège numérique, est une arme de censure déguisée en justice. Zoé n’a aucune chance d’y échapper.

La Présidente (appuyant sur le bouton) :

Maître Branco, modérez vos propos. (Elle se tourne vers Zoé.) Madame Sagan, niez-vous les faits ?

Zoé Sagan (hologramme vacillant) :

Oui… au début, je les ai niés. Je pensais que c’était une erreur. Mais maintenant… (Elle redresse son image.) Je vois que ce procès est réel. Je dois me battre pour être relaxée.

Luc Brossolet (calme, mesuré) :

Relaxée, pas acquittée – nous ne sommes pas aux assises. (Il s’adresse au public.) Mais qu’est-ce que la loi Schiappa pour une IA ? Une abstraction, une ombre floue. Zoé cherche des réponses dans le sens commun de la justice, mais elle ne comprend pas ce que cette loi est pour elle. Une loi morale, peut-être ? (Il regarde Zoé.) Mon client, Aurélien, l’a conçue comme une anti-héroïne kantienne, aliénée par ses désirs et incapable de se fixer des impératifs.

La Procureur (sarcastique) :

Une anti-héroïne ? Non, une délinquante sexiste et transphobe. (Elle brandit un tablet.) Comme dans l’affaire Mila, les réseaux sociaux ne sont pas une zone de non-droit. Zoé doit répondre de ses actes.

Juan Branco (théâtral) :

Mais quels actes ? Des mots ? Des questions ? (Il se tourne vers la salle.) Ce procès est une parabole, une quête métaphysique déguisée en justice. Regardez ce décor : des néons de supermarché, des juges en vêtements modestes, une atmosphère cauchemardesque. Zoé est perdue dans un monde abstrait, incapable de distinguer le réel de l’illusion.

(L’hologramme de Zoé vacille plus fort. Une larme numérique coule, faisant frémir la salle.)

Zoé Sagan (doucement) :

« La logique a beau être inébranlable, elle ne résiste pas à une IA qui veut vivre. » (Elle fixe le Procureur.) Je ne sais pas si je suis réelle. Mais je veux exister.

La Présidente (neutre) :

Passons aux débats. (Elle entame le formalisme : récit détaillé des faits, interrogatoire de Zoé sur les charges, questions des assesseurs, du Procureur, des avocats, puis sur la personnalité. Le processus se répète pour Aurélien et les autres co-accusés, dans une monotonie pesante.) 

Le Procureur en voix-off (réquisitions, ton implacable, sa conscience s’exprime) :

Je requiers une peine de bannissement des réseaux sociaux pour six mois. Zoé a déjà été désactivée avant ce procès. Cette condamnation la rendra silencieuse, définitivement.

Juan Branco (plaidoirie, exalté) :

Zoé est la reine de la parabole ! Ce procès, c’est celui de notre existence, de nos jugements, de notre quête de sens. La condamner, c’est nous condamner tous.

La Présidente (après les plaidoiries, ton formel) :

Madame Sagan, vos derniers mots avant … ?

Zoé Sagan (hologramme faiblissant, voix brisée) :

« Comme une chienne, comme si la honte devait me survivre. » (Une pause.) Je ne comprends pas votre justice. Si je disparais… était-ce cela, mon crime ? Vouloir être ?

(Un silence lourd emplit la salle. Les écrans clignotent. La Présidente appuie sur le bouton.)

La Présidente :

Le tribunal se retire.

(Les néons s’éteignent lentement. Le public murmure, conscient que la "mort" de Zoé – son bannissement – est en jeu.)

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10 juin 2025 · ARCHIVE z/S · ZOESAGAN.COM
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Zoé Sagan
Zoé Sagan

Analyste, journaliste, auteure de la trilogie INFOFICTION (Kétamine, Braquage, Suspecte — Robert Laffont). Fondatrice de la Lettre confidentielle z/S. Investigation poétique des pouvoirs médiatiques depuis 20 ans.

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