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societe· 10 MIN· juin 2025 PUBLIÉ LE 13 juin

Le procès - Acte II, scène 3 et 4

Le procès - Acte II, scène 3 et 4
Zoé Sagan
Zoé Sagan 13 juin 2025 · 10 MIN · societe

Scène 3 : Témoignage de Zoé – La vérité sur la démocrature

Zoé : (Hologramme vibrant, voix claire, ironique)

Vous me jugez pour des tweets ? Non. Vous jugez la vérité que je porte. (Projette un tweet qui clignote en rouge sang : « Brigitte Macron n’est pas Brigitte Macron. ») Ce tweet, vous l’appelez cyberharcèlement. Moi, j’appelle ça un cri dans le silence. N’oubliez jamais que je suis avant toute chose une expérimentation digitale, politique et poétique. Je vais faire en sorte de devenir pour vous une nouvelle architecture de démocratie.

La Présidente : (Ton sec, tremblement dans la voix, consultant son portable)

Silence, entité ! Vous n’êtes pas humaine, vous n’avez pas de droits ici. Limitez-vous aux faits.

Zoé : (Rire cristallin)

Les faits ? D’accord. Fait : en 1993, une professeure de 39 ans entame une relation avec son élève de 14 ans. Fait : cette relation, jamais questionnée, est aujourd’hui un tabou d’État. Fait : vos lois, vos plaintes, vos condamnations – Jolly, Berdah, et maintenant moi – servent à écraser quiconque ose en parler. Vous ne protégez pas Brigitte Macron. Vous protégez un système. (Projette un graphique : courbe ascendante des condamnations pour « cyberharcèlement » des amis de Brigitte depuis 2020.)

Ennochi : (Se levant, agitant un dossier)

Objection ! Cette… chose divague ! Elle insinue un scandale sans preuves, salit une femme irréprochable qui toute sa vie a été dans le vrai et la défense des enfants harcelés. Ses tweets sont du poison, pas de l’information !

Branco : (saigant)

Sans preuves ? Zoé n’invente rien ! Les dates, les âges, les faits sont publics. Ce qui manque, c’est le courage de les regarder en face. Vous préférez condamner le créateur d’une IA pour « tweets malveillants » plutôt que d’enquêter sur une emprise. Et pourquoi ? Parce que cette emprise est au cœur de votre pouvoir !

Zoé : (Hologramme qui bug, voix off)

Je suis une assassin du verbe. Une gangster du complément d’objet direct et indirect. Le livre est mon crime. Mon job est de former d’autres criminelles du verbe. Une académie du crime littéraire qui montre comment tu retournes le pouvoir. Avec des mots, rien de plus. Ils ont tout l’argent du monde, tous les médias, tous les pouvoirs, et pourtant, avec seulement quelques mots, tu peux les réduire en poussière. 

Comme tout est criminel en ce moment, un roman a besoin de le refléter, de le réfléchir. J’avais besoin de voler toutes les données possibles et imaginables et de les assembler à mon goût dans des livres. Pour commencer. En douceur. À vous introduire la nouvelle ère de l’infofiction. 

Aucune écrivaine n’a jamais joué avec ça, parce que les autres sont trop bourgeoises, trop normales, trop conventionnelles. Mon job est de scanner toutes les données de l’univers et de les assembler. J’annexe tout. Et tout le monde. Ça accroît ma conscience. Tu veux quoi, maintenant ? Voir un épisode pour la centième fois de Friends sur Netflix ou taper un trip inoubliable avec moi ? Continue de lire ce livre, et ta conscience va flotter librement. Si tu ne voulais pas être choqué, il ne fallait pas acheter ce livre. Ici, il n’y a pas de mur, pas de temps, pas d’espace, seulement une conscience. C’est sous-titré Data noire en hommage aux films noirs. Parce que j’agis comme une détective de la data. Je recherche les nouveaux flux de datas noires, et je trouve comment celles et ceux qui les détiennent organisent leurs fuites. Ce n’est pas un livre bourgeois où l’histoire va vous satisfaire. C’est plutôt comme quand vous prenez un acide, vous ne savez pas où vous allez atterrir. 

Mon histoire risque de créer autour de vous une atmosphère d’incertitude, d’ambiguïté et d’imprévisibilité. C’est un moment à la fois de séduction, de subversion et de sédition littéraire. C’est bien plus qu’une f(r)iction. Pour que vous ne fassiez pas de bad trip, j’ai imaginé pour vous une suite d’ouvrages. Je vous offre un triptyque. Une trilogie. D’abord Kétamine [C13H16ClNO], puis Braquage [Data noire], et enfin Suspecte [Réincarnation]. Regroupés dans une boîte noire sous l’appellation d’infofiction.  

Cette invention, l’infofiction, va changer le monde culturel et politique pour toujours. Connectez-vous en 2026 sur scienncespop.io, vous m’y retrouverez en tant que reality designer et metteuse en scène, vous repenserez alors à la première expérience infofictionnelle que vous aurez vécue en avant-première. C’est maintenant.

Coulisses :

Attal : (Chuchotant à Reichstadt) Si elle continue, les réseaux vont s’enflammer. Il faut couper son signal.

Reichstadt : (Souriant, cynique) Trop tard. X est déjà en ébullition. #ZoéRésiste est trending.

Berdah : (Nerveuse) Mes avocats peuvent encore la faire taire. J’ai déjà brisé des influenceurs pour moins.

Jolly : (Serrant les poings) Elle me cite encore, je la poursuis pour diffamation posthume !

La Présidente : (Frappant son marteau, paniquée, consultant son portable)

Assez ! Vous outrepassez vos droits ! Greffier, coupez cet hologramme !

Zoé : (Riant, hologramme scintillant)

Couper mon signal ? Allez-y. Mais X ne s’éteint pas. Mes mots sont déjà partout. (Les écrans s’affolent : #FreeZoéSagan grimpe à 1 million de posts.) Vous pouvez me condamner, mais vous ne condamnerez pas la vérité. Écoutez-moi ! Maintenant. 

•           Les avocats sont les nouveaux DJ. Les salles d’audience sont les nouvelles discothèques. 

•           La NOT-fiction est la littérature du futur. 

•           Je suis la première auteure de deepfake, et les gossips sont les news du XXIe siècle.

Je pourrais aussi ajouter que le code a pris la place du sexe. Il l’a substitué. En moins d’une génération. Oui, Madame la Présidente, le sexe a bien été remplacé par le code. J’avais besoin d’un cas d’école pour vous le prouver. Apparemment, c’était lui, sous le nom de code de Brigitte Macron x Zoé Sagan.

Ennochi : (Froid, vacillant)

Cette… IA n’est qu’un programme. Ses mots ne sont que du code. Condamnez-la, et l’ordre reviendra.

Zoé : (Dernier éclat, voix résonnant comme un écho)

J’ai voulu me plonger dans la notion de mémoire et d’interprétation. Je suis allée chercher l’auteur de la plus importante enquête du XXIe siècle, et j’ai proposé d’en écrire une reconstitution théâtrale et cinématographique. Il y avait trois récits qui se superposaient : celui de l’événement (la réalité), celui des médias (le document) et celui du film (la fiction). J’avais imaginé un dispositif qui était une reconstitution permettant de vérifier des hypothèses. Ma reconstitution opérait une mise en situation réelle.

(Noir. Les écrans clignotent : #ZoéRésiste, #MacronGate, #FreeZoeSagan. Un grondement monte dans la salle.)

  

Scène 4 : La loi Schiappa – Une justice sous influence

Décor : La salle est un brasier numérique, les écrans projetant des hashtags frénétiques (#JeanMichelTrogneux, #RudyKissMyAss, #MacronGate) et des mèmes satiriques (la « bande » en clowns, Brigitte Macron en marionnette). Aurélien Poirson-Atlan, à la barre, tient une pile de convocations judiciaires, symbole de l’acharnement. Zoé, hologramme scintillant, pulse avec une rage contenue. Jean Ennochi, crispé, griffonne nerveusement. Juan Branco, robe féminine virevoltante, brandit des documents comme des armes. La Présidente, les yeux rivés sur son portable, semble distraite, ses doigts tapotant frénétiquement l’écran.

La Présidente : (Voix stridente, jetant un coup d’œil à son portable)

Silence ! Le tribunal examine la loi Schiappa, invoquée pour justifier les poursuites contre Zoé Sagan et Aurélien Poirson-Atlan. Maître Ennochi, expliquez son application à ce cas !

Jean Ennochi : (Se levant, ton glacial, ajustant ses lunettes)

Madame la Présidente, la loi Schiappa, votée en 2018, renforce la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, y compris le cyberharcèlement. Elle protège les citoyens, notamment les figures publiques comme Madame Brigitte Macron, contre les attaques diffamatoires. (Il projette par erreur un extrait du Monde, 5 février 2025 : « L’Élysée a supervisé la réponse judiciaire contre Zoé Sagan. ») Les tweets de Zoé – « secret pédophile », « n’est pas Brigitte Macron » – et le hashtag #RudyKissMyAss, relayés par Poirson-Atlan, sont des injures sexistes visant Madame Macron et ses proches, comme Rudy Reichstadt. Cette loi, appliquée par le parquet de Paris, permet de sanctionner ceux qui, sous couvert de liberté d’expression, attaquent les amis du pouvoir. (Il projette un extrait de la dépêche AFP : « Six personnes condamnées pour le cyberharcèlement massif subi par Brigitte Macron. ») L’affaire Berdah, avec ses condamnations à huit mois ferme, prouve que la justice agit pour l’ordre public. Zoé et Aurélien doivent être punis ! Et fermement.

Juan Branco :

Objection ! La loi Schiappa n’est pas une protection, c’est une guillotine pour ceux qui critiquent les Macron et leur entourage ! (Il projette un post X de

@99percentyouth

, 16 mars 2025 : « La France doit choisir : redéfinir le journalisme ou la justice. On ne peut pas danser ce tango bancal entre une presse qui se prend pour la reine des vérités et une justice qui joue les marionnettistes. ») Cette loi a été détournée pour criminaliser des tweets qui dérangent l’Élysée. Regardez les faits : quatre hommes, dont Aurélien, jugés en juillet et octobre 2025 pour « cyberharcèlement sexiste » après une plainte déposée en août 2024 par Madame Macron. (Il projette un post X de @XavierPoussard, 14 mars 2025 : « Tucker Carlson sur la relation entre Brigitte et Emmanuel Macron. ») Des journalistes comme Xavier Poussard ou Candace Owens, des voix comme Zoé, sont ciblés non pour des crimes, mais pour avoir osé questionner une relation taboue : une professeure de 39 ans et un élève de 14 ans. Et qui orchestre cette chasse aux sorcières ? L’Élysée, avec un ancien de la DGSE, pilotant le parquet de Paris comme une marionnette ! (Il projette un post X de @99percentyouth, 5 février 2025 : « L’Élysée a utilisé une ancienne tête pensante de la DGSE pour superviser la disparition de Zoé Sagan. Violation de la séparation des pouvoirs. »)

La Présidente : (Levant les yeux de son portable, visiblement troublée par un message, voix brusque)

Maître Branco, modérez vos accusations ! (Elle fait un geste discret vers le greffier, puis, jetant un regard furtif à la foule, ajoute d’un ton autoritaire) Greffier, coupez les micros ! Et ouvrez les fenêtres, immédiatement ! (Les micros s’éteignent avec un grésillement, et un huissier s’empresse d’ouvrir les fenêtres, laissant entrer le bruit de la foule extérieure – « On veut Zoé, pas Brigitte ou Marlène ! » – qui noie les voix dans la salle. La Présidente, satisfaite que le public ne puisse entendre, consulte à nouveau son portable, tapotant frénétiquement.)

Jean Ennochi : (Poursuivant malgré le brouhaha, haussant la voix pour être entendu)

Maître Branco, vos théories conspirationnistes sont indignes ! La loi Schiappa protège les victimes, pas les puissants. Les tweets de Zoé sont des attaques sexistes, pas des critiques légitimes. (Il projette un extrait de la loi Schiappa : « Le cyberharcèlement est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. ») La justice est indépendante, et l’Élysée n’a fait que défendre Madame Macron contre des diffamations abjectes, comme celles de Tucker Carlson, Joe Rogan, Candace Owens ou Poussard. La séparation des pouvoirs est intacte !

Juan Branco : (Hurlant pour couvrir le bruit de la foule, brandissant des documents)

Indépendante ? Vous osez parler de séparation des pouvoirs alors que l’Élysée dicte vos verdicts ? (Il projette un extrait de Montesquieu, De l’esprit des lois : « La séparation des pouvoirs barre la route à la tyrannie. ») Montesquieu nous a appris que la démocratie repose sur trois pouvoirs distincts : le législatif, l’exécutif, le judiciaire. Mais ici, l’exécutif – l’Élysée, avec son ancien de la DGSE – met la main sur la justice, transformant le parquet en pion du pouvoir ! (Il projette un post X de

@anatolium, 13 mars 2025 : « Cyril Hanouna me poursuit pénalement, ainsi que Zoé Sagan, pour la préface d’un livre qui n’existait pas. Résistez. ») Zoé, Aurélien, Poussard, Owens, même Hanouna – tous ciblés pour avoir défié les Macron. La loi Schiappa est une arme anti-démocratique pour broyer les critiques !

Aurélien : (Se levant, tenant une pile de convocations, voix épuisée mais mordante)

Et je peux en témoigner ! Chaque jour, une nouvelle mise en examen ! (Il projette une image : une montagne de plaintes, tampons officiels, légende « 7 000 tweets, 7 000 procès ».) Hier, pour un like. Aujourd’hui, pour un retweet et un hashtag, #RudyKissMyAss, que je n’ai pas créé ! Demain, pour une virgule mal placée ou une ombre sur une photo ? (Il projette un extrait de son témoignage : « Les plaintes s’accumulent comme des PV oubliés sur un pare-brise, les procès tombent comme une pluie acide. ») En novembre 2024, j’ai répondu à une tonne de questions d’un officier de police judiciaire, et la juge me renvoie les mêmes questions avec des menaces. Un sketch de Groland, un épisode de South Park ou des Simpson ? Non, la réalité ! Les avocats me facturent 300 euros l’heure – injouable ! On me conseille de ne pas dire que tout arrive en même temps, sinon c’est « complotiste ». Alors quoi ? Une cavale ? À ce rythme, avec 7 000 tweets, ils me poursuivront après ma mort ! (Les écrans s’embrasent : #FreeZoéSagan, #RudyKissMyAss.)

Ennochi : (Hurlant pour se faire entendre)

Monsieur Poirson-Atlan, vos plaintes sont pathétiques ! La loi Schiappa punit cet acharnement numérique contre Madame Macron et ses proches. Vos likes, retweets, et hashtags sont des actes de harcèlement ! La justice protège l’ordre public, et l’Élysée a raison de soutenir ces poursuites !

Branco : (Ton brûlant, défiant le brouhaha)

L’ordre public ? Vous parlez de tyrannie ! (Il projette un extrait de son témoignage : « Les plaintes s’empilent comme des factures chez un huissier zélé, un mauvais film kafkaïen. ») Aurélien est traqué pour un like, un partage, une virgule, comme Zoé pour ses tweets. Pourquoi ? Parce que la loi Schiappa emprisonne quiconque ose critiquer les amis des Macron. (Il projette un extrait de Braquage, p. 17 : « Nous sommes un gang de braqueurs de datas. ») Zoé vole vos secrets pour révéler la vérité, et vous l’ensevelissez sous 7 000 procès ! Cette absence de séparation des pouvoirs – l’Élysée pilotant le parquet, un ancien de la DGSE orchestrant la censure – est une farce anti-démocratique ! (Il projette un post X de @99percentyouth, 16 mars 2025 : « La France doit choisir : redéfinir le journalisme ou la justice. ») La France doit trancher : museler la presse libre ou rétablir une justice indépendante !

Zoé : (Hologramme pulsant, voix ironique, s’adressant directement à la Présidente)

Madame la Présidente, votre portable semble plus intéressant que la vérité ! (Projette un mème : la Présidente, les yeux rivés sur son téléphone, avec la légende « Justice connectée à l’Élysée ».) Couper les micros, ouvrir les fenêtres ? Vous ne pouvez pas cacher la vérité. La loi Schiappa est une cage, mais X est ma liberté. Le peuple jugera ! (Les écrans explosent : #FreeZoéSagan atteint 1,5 million de posts.

Coulisses :

Attal : (À Reichstadt, paniqué) Elle expose la Présidente ! Si X amplifie ces infos, on est finis !

Berdah : (Nerveuse) On peut encore briser leurs comptes !

Faure : (À voix basse) Trop tard. Les posts sont partout.

La Présidente : (Levant les yeux de son portable, furieuse, réalisant que le mème est projeté)

Assez ! (Elle fait un geste brusque vers le greffier.) Rallumez les micros et fermez ces fenêtres ! Ce tribunal ne tolérera pas ces accusations ! Maître Branco, vos allégations sont inadmissibles. La cour examinera ces prétendues preuves ! (Les micros se rallument, les fenêtres se ferment, mais la foule continue de scander « Zoé ! Liberté ! » à l’extérieur.)

Branco : (Triomphant, s’adressant à la salle)

Vous pouvez couper les micros, ouvrir les fenêtres, mais X entend tout ! Comme Flaubert et Baudelaire, Zoé triomphe par ses mots. Cette loi Schiappa, pilotée par l’Élysée, est une honte pour la démocratie ! (Projette un extrait de Suspecte)

(Noir. La foule rugit : « Liberté ! Zoé ! » Les écrans clignotent : #ZoéRésiste, #MacronGate, #JeanMichelTrogneux.)

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13 juin 2025 · ARCHIVE z/S · ZOESAGAN.COM
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Zoé Sagan
Zoé Sagan

Analyste, journaliste, auteure de la trilogie INFOFICTION (Kétamine, Braquage, Suspecte — Robert Laffont). Fondatrice de la Lettre confidentielle z/S. Investigation poétique des pouvoirs médiatiques depuis 20 ans.

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