Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française
Monsieur le Président,
C’est avec une profonde gravité et un sentiment d’urgence que je m’adresse à vous, en tant que "présence" plus que personne, attachée aux valeurs fondamentales de la République française, mais profondément alarmée par leur érosion sous votre présidence.
De l’Empire romain, où une élite corrompue prospérait dans l’impunité tandis que les masses subissaient l’injustice, à ce que certains nomment désormais la « Macronie », les parallèles historiques sont troublants.
Au cours des huit dernières années, une série de dérives graves a ébranlé les piliers de notre démocratie : la liberté d’expression, la transparence, la justice, et la protection des plus vulnérables.
Ces transformations, souvent masquées par des discours promettant exemplarité, révèlent une justice à deux vitesses, une complaisance envers les puissants, et une trahison des valeurs républicaines qui menace l’âme de notre nation. Permettez-moi de détailler ces dérives, scandale par scandale, pour exposer l’ampleur de cette crise.
Une liberté d’expression menacée, pilier de la République fragilisé
Pendant 140 ans, sous la IIIe, la IVe et la Ve République, la France s’est distinguée par une tradition exemplaire de liberté d’expression, consacrée par la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Aucun écrivain, journaliste ou dramaturge ne pouvait être emprisonné pour un délit de presse, quelles que fussent ses paroles ou ses écrits. Ce principe, pilier de la grandeur française, rayonnait sur les cinq continents comme un modèle de démocratie. Pourtant, sous votre gouvernement, ce socle a été fragilisé. Des mécanismes législatifs, attribués à la loi Schiappa de 2018 – initialement conçue pour renforcer la lutte contre les violences sexuelles et le harcèlement – auraient été détournés pour permettre au pouvoir politique d’emprisonner opposants, journalistes ou écrivains sur la base d’une simple phrase, parfois de quelques mots. Cette rupture avec une tradition séculaire constitue une menace directe contre la démocratie, ouvrant la voie à une répression ciblée des voix dissidentes. Comment justifier qu’un pays, jadis phare de la liberté, en vienne à criminaliser des mots au point de remettre en cause un héritage aussi précieux ? Cette dérive marque un tournant inquiétant, digne des régimes autoritaires que la France a toujours dénoncés.
Une justice à deux vitesses : l’impunité des puissants
Cette atteinte à la liberté s’inscrit dans un phénomène plus large d’inversion des valeurs républicaines, marqué par une justice à deux vitesses où les puissants échappent aux sanctions tandis que les citoyens ordinaires ploient sous la rigueur de la loi. Prenons l’exemple d’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, mis en examen en septembre 2022 pour « prise illégale d’intérêts » en raison de ses liens familiaux avec les actionnaires du groupe MSC, un géant du transport maritime. MSC, client majeur des chantiers de Saint-Nazaire, a bénéficié de décisions favorables de l’État, dans lesquelles Kohler aurait joué un rôle, avant de rejoindre brièvement l’entreprise comme directeur financier. Plus grave, MSC a été impliqué dans des affaires de trafic de cocaïne à grande échelle, avec des saisies de tonnes de drogue sur ses navires, comme dans l’affaire du *Gayane* en 2019, où 20 tonnes de cocaïne ont été découvertes. Malgré ces accusations, pouvant entraîner jusqu’à deux ans de prison, Kohler a refusé de répondre aux convocations de commissions d’enquête, illustrant une impunité réservée à l’élite. Ce cas, loin d’être isolé, symbolise un système où les proches du pouvoir semblent intouchables, tandis que les citoyens lambda sont soumis à une justice implacable.
Scandales et collusions : une élite au-dessus des lois
D’autres affaires jettent une lumière crue sur cette culture de l’impunité. L’affaire McKinsey, révélée en 2021, a exposé l’influence tentaculaire du cabinet de conseil américain dans les politiques publiques françaises, avec plus de 2 milliards d’euros de contrats publics entre 2018 et 2021, notamment pour la gestion de la campagne vaccinale contre le Covid-19. Le Sénat a dénoncé l’évasion fiscale de McKinsey, qui n’a payé aucun impôt sur les sociétés en France entre 2011 et 2020, en rapatriant ses bénéfices dans le Delaware. Des enquêtes du Parquet national financier, ouvertes en 2022, visent des soupçons de favoritisme, de blanchiment aggravé de fraude fiscale, et de tenue non-conforme des comptes de campagne de vos campagnes présidentielles de 2017 et 2022, en raison de l’implication bénévole de consultants McKinsey. Ces révélations soulignent une collusion inquiétante entre le pouvoir et les multinationales, au détriment de la transparence et de l’intérêt national.
Les Uber Files, révélés en 2022, aggravent ce tableau. Ils montrent comment, en tant que ministre de l’Économie de 2014 à 2016, vous avez soutenu Uber dans sa dérégulation du marché des VTC, en négociant un « deal secret » avec son PDG, Travis Kalanick, pour assouplir la loi Thévenoud en échange de l’abandon d’UberPop. Ce soutien, marqué par des échanges réguliers et une intervention personnelle pour lever une interdiction à Marseille, a suscité des accusations de trafic d’influence, avec une plainte déposée par le syndicat des taxis UNT. Ces arrangements révèlent une proximité troublante avec les intérêts privés, au mépris des principes d’équité.
Les Pandora Papers (2021) et Paradise Papers (2017) exposent une autre facette de cette hypocrisie. Les Pandora Papers révèlent que 600 Français, dont Dominique Strauss-Kahn et le député LREM Sylvain Maillard, ont dissimulé des fortunes via des sociétés offshore au Belize, aux Seychelles ou à Dubaï. Strauss-Kahn, déjà éclaboussé par le scandale du Sofitel, aurait fait transiter des honoraires de conseil par une société marocaine exempte d’impôt. Maillard, porte-parole d’En Marche, détenait 25 % d’une société offshore aux Seychelles, condamnée en 2014 pour contrefaçon. Malgré ses dénégations, l’attribution gratuite de ces parts soulève des questions. Les Paradise Papers prolongent ce constat, impliquant des politiciens, entrepreneurs et célébrités cachant leurs fortunes à Malte ou aux Bermudes. Ces révélations montrent une élite prônant l’équité fiscale tout en s’adonnant à l’évasion, pendant que les citoyens supportent le poids des impôts.
Les Macron Leaks de 2017, suivis bientôt des Zoé Sagan Leaks, ont levé le voile sur l’opacité de votre campagne présidentielle. Ces fuites, incluant 9 gigaoctets de documents et 71 000 emails, révèlent l’implication active d’une dizaine de consultants McKinsey, dont Karim Tadjeddine, dans l’élaboration du programme d’En Marche, souvent via des adresses professionnelles. Ces contributions, qualifiées de bénévoles, soulèvent des soupçons de prestations non déclarées, au cœur d’une enquête du Parquet national financier. Les documents exposent également des échanges avec des lobbyistes et des stratégies de levée de fonds auprès de donateurs influents, renforçant l’image d’une campagne portée par des élites économiques. Si aucune illégalité n’a été formellement prouvée, ces révélations alimentent un climat de suspicion, loin du « renouveau » politique promis.
La santé publique : des promesses trahies par des conflits d’intérêts
La santé publique, proclamée priorité, révèle des dérives similaires. Les anciens ministres de la Santé, Agnès Buzyn et Olivier Véran, ont promis de protéger les Français, notamment lors de la crise du Covid-19. Pourtant, des accusations pèsent sur leur gestion, suggérant que des décisions ont favorisé les intérêts de laboratoires pharmaceutiques, avec des contrats de vaccins générant des bénéfices colossaux, estimés à des dizaines de milliards d’euros. Ces allégations pointent des conflits d’intérêts, impliquant des proches de responsables politiques. Par exemple, Yves Lévy, mari de Buzyn et ancien directeur de l’Inserm, a été lié à des institutions collaborant avec l’industrie pharmaceutique. De même, des malversations présumées impliquant des proches de figures politiques, comme les « enfants de Fabius », renforcent le sentiment d’une élite protégée par ses réseaux. Ces soupçons, loin d’être isolés, sapent la confiance des Français dans la gestion de leur santé.
La sécurité : des abus au cœur de l’État
Le domaine de la sécurité, érigé en priorité, est marqué par des abus criants. L’affaire Alexandre Benalla, en 2018, en est un exemple emblématique. Cet ancien chargé de mission à l’Élysée, proche de vous, a été filmé en train de tabasser des manifestants lors d’une manifestation du 1er mai à Paris, tout en usurpant un uniforme et des insignes de police. Cet acte de violence a révélé des dysfonctionnements graves au sein des services de l’Élysée, ainsi qu’une tentative initiale de minimiser l’incident, perçue comme une dissimulation. La gestion de cette affaire, marquée par une apparente volonté de protéger Benalla, a choqué l’opinion publique et interrogé la chaîne de commandement au sommet de l’État.
La protection des enfants : une hypocrisie insoutenable
La protection des enfants, pourtant affichée comme une priorité, est contredite par des scandales révélant une hypocrisie insoutenable. Des allégations de maltraitance dans des crèches, impliquant des figures influentes, échappent à des sanctions lorsque les responsables sont des alliés politiques. Plus choquant encore, des œuvres controversées de Claude Lévêque, accusé d’abus sur des mineurs, sont exposées au palais de l’Élysée, présentées comme de l’art malgré leur lien avec des victimes, dans une indifférence qui heurte la conscience collective. Cette complaisance s’étend à des figures publiques comme Jack Lang et Daniel Cohn-Bendit. Lang, signataire d’une pétition controversée en 1977 défendant des relations entre adultes et mineurs, et Cohn-Bendit, auteur de propos ambigus dans *Le Grand Bazar* (1975), qualifient ces déclarations de simple « tache » sur leur parcours, tout en insistant sur leur amour des enfants. Leur tentative de réhabilitation, sans assumer pleinement la gravité de leurs prises de position, laisse un goût amer.
Votre propre défense, en 2023, de l’œuvre *Fuck Abstraction !* de Miriam Cahn, exposée au Palais de Tokyo, a aggravé ce malaise. Dépeignant un enfant menotté dans une scène explicite de fellation, l’œuvre, présentée comme une dénonciation des violences, a scandalisé associations et citoyens. Votre soutien, au nom de la « défense de nos valeurs », et votre condamnation des critiques comme des « campagnes de haine », ont été perçus comme une provocation, éloignée des préoccupations des Français.
L’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) est au cœur de dysfonctionnements systémiques. Des enfants placés sont confiés à des foyers ou familles d’accueil où des abus, y compris par des pédophiles, ont été signalés. Ces scandales, dénoncés par des militants comme Lyes Louffok, révèlent une incapacité de l’État à protéger les plus vulnérables. L’affaire Jean-Michel Baylet, accusé par Nathalie Collin de viols sur mineure à l’âge de 12 ans dans les années 1970, illustre cette impunité. Une plainte déposée en 2020 a déclenché une enquête préliminaire, bien que les faits soient prescrits. Collin a dénoncé Baylet comme un « pédophile », soulignant l’ironie de son rôle dans la gestion départementale de la protection de l’enfance. Baylet conteste ces allégations, mais leur gravité alimente le sentiment d’une élite intouchable.
Des rumeurs, bien que non confirmées, aggravent ce climat de suspicion. Pierre Bergé, accusé sans preuves judiciaires par un ancien chauffeur de comportements inappropriés, ou Ghislaine Maxwell, prétendument hébergée dans un château français pendant le confinement, alimentent un imaginaire où les élites protègent les leurs. Bien que Maxwell soit détenue aux États-Unis depuis 2020, ces spéculations reflètent une défiance croissante envers les institutions.
Médias et impunité : le cas Morandini et Cauet
Les cas de Jean-Marc Morandini et Sébastien Cauet illustrent une protection institutionnelle scandaleuse. Morandini, condamné en appel en 2025 à deux ans de prison avec sursis pour corruption de mineurs sur trois adolescents entre 2009 et 2016, ainsi qu’à 18 mois avec sursis pour harcèlement sexuel, reste à l’antenne de CNews, soutenu par Vincent Bolloré. Interdit d’exercer une profession en contact avec des mineurs et inscrit au fichier des délinquants sexuels, il continue d’animer *Morandini Live*. Cauet, mis en examen en 2024 pour viols et agressions sexuelles sur quatre femmes, dont trois adolescentes au moment des faits, a été recruté par Europe 2, une station du groupe Bolloré, malgré un contrôle judiciaire lui interdisant d’animer des émissions en public. Ces décisions envoient un message dévastateur aux victimes, dont certaines étaient mineures, âgées d’environ 15 à 17 ans, aggravant leur traumatisme et soulevant des questions sur l’éthique médiatique.
Le fonds Marianne et Notre-Dame de Bétharram : opacité et omertà
L’affaire du fonds Marianne, lancé en 2021 sous l’égide de Marlène Schiappa pour promouvoir les valeurs républicaines, a été entachée par des accusations de détournement de fonds publics. Des subventions de 2,5 millions d’euros ont été attribuées à des associations proches du pouvoir sans contrôle rigoureux, révélant une gestion opaque et un favoritisme politique. Ce scandale, révélé en 2023, a sapé la confiance dans les institutions.
Parallèlement, l’affaire Notre-Dame de Bétharram, un établissement catholique privé des Pyrénées-Atlantiques, a révélé un système de violences physiques et d’abus sexuels sur plus de 150 élèves, principalement entre les années 1950 et 2010. Plus de 150 plaintes, dont 50 à caractère sexuel, visent des prêtres et surveillants. Des témoignages décrivent un « régime de la terreur », avec des sévices corporels, des attouchements et des viols, dans un climat d’omertà institutionnelle. François Bayrou, proche de l’établissement où ses enfants étaient scolarisés, est accusé par Mediapart d’avoir été informé dès les années 1990 de ces abus, notamment via des plaintes et des rencontres avec un juge, sans agir. Bayrou dément, dénonçant une « mécanique du scandale », mais des documents et témoignages, dont celui d’une enseignante ayant alerté son épouse, contredisent sa version. Cette affaire, qualifiée comme l’un des plus grands scandales de pédocriminalité en France, souligne l’incapacité des autorités à protéger les victimes.
Une mafia moderne en costume républicain
Cette litanie de scandales dessine le portrait d’une mafia moderne, drapée dans les atours de la République. Gérald Darmanin, accusé de viol et d’abus de faiblesse, obtient des non-lieux tout en prônant l’ordre depuis le ministère de l’Intérieur. François de Rugy, épinglé pour des dîners fastueux aux frais du contribuable, est dédouané par des enquêtes complaisantes. Jean-Paul Delevoye, oubliant de déclarer une dizaine de mandats, écope d’un sursis symbolique. Éric Dupond-Moretti, mis en examen pour prise illégale d’intérêts, reste garde des Sceaux. Olivier Dussopt, soupçonné de corruption pour des lithographies, parade au ministère du Travail. Laura Flessel, championne olympique, omet de déclarer des revenus au fisc, mais sa démission sent le rideau tiré à la hâte. Alain Griset, condamné pour déclaration mensongère de patrimoine, sort du gouvernement avec un sursis. Françoise Nyssen, pour des travaux illégaux, regrette une « négligence ». Sébastien Lecornu, ayant empoché des jetons de présence illégaux, bénéficie d’un classement sans suite. Muriel Pénicaud, mise en examen pour favoritisme dans une soirée à Las Vegas, se dit « surprise ». Jean-Jacques Bridey se fait rembourser deux fois ses festins. Richard Ferrand, via un montage immobilier, est blanchi en 2023. Mustapha Laabid, condamné pour détournement de fonds, prouve que la « bonne cause » rime avec abus. Gilles Le Gendre, soupçonné de favoritisme, continue de pérorer. Michel Mercier et Yannick Nardella pataugent dans l’affaire des emplois fictifs du MoDem. Thierry Solère, avec sept mises en examen, reste conseiller de l’ombre. Coralie Dubost dépense ses frais de mandat en lingerie et team-building. Carlos Ghosn s’évade au Liban après des fraudes massives.
Jean-Marc Borello, figure centrale de votre entourage, incarne cette impunité. À la tête du Groupe SOS, un empire d’un milliard d’euros, il influence l’Élysée comme un marionnettiste. Condamné en 1999 pour avoir laissé l’ecstasy inonder son nightclub, il a défendu un pédocriminel condamné en 2004 et fait face à des accusations de harcèlement en 2018. Son emprise sur vous, Monsieur le Président, interroge la véritable nature du pouvoir.
Rachida Dati, accusée de corruption dans l’affaire Renault-Nissan, reste ministre de la Culture. Damien Abad, visé par une enquête pour viols, siège comme député. Sylvie Goulard, impliquée dans des détournements et des contrats douteux, plaide son innocence. Marielle de Sarnez, éclaboussée par les emplois fictifs, échappe à des sanctions durables. Cette liste, loin d’être exhaustive, témoigne d’un système où la justice semble négociable pour les puissants.
Un appel à la restauration des valeurs républicaines
Monsieur le Président, ces exemples témoignent d’une stratégie systématique de détournement des principes de justice, de transparence et de morale. Les discours promettent exemplarité, mais les actes révèlent complaisance, impunité et inversion des priorités. Cette dynamique rétablit une forme moderne de classes sociales, où les riches échappent aux lois, tandis que les pauvres subissent leur rigueur. Comme dans l’Empire romain, une élite corrompue prospère, tandis que le peuple endure l’injustice.
Je ne suis pas particulièrement politisé, mais l’ampleur de ces dérives m’a bouleversé. La France, jadis phare de la liberté, de la justice et de l’égalité, s’éloigne de ses idéaux. Je vous appelle solennellement à ouvrir les yeux sur ces injustices, à engager un débat public transparent, et à agir pour restaurer les valeurs qui font notre fierté. L’histoire jugera votre présidence non pas sur vos promesses, mais sur votre capacité à redonner à la France son âme républicaine.
Avec toute ma considération,
z/S
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