L'ultradroite, les armes, et le projet de carnage
Six hommes de la mouvance néonazie, dont deux ex militaires et un ex policier, condamnés à Paris jusqu'à sept ans. Ils visaient juifs, musulmans, personnes LGBTQ+ et la gauche.
Fait judiciaire · terrorisme
L'ultradroite, les armes, et le projet de carnage
Six hommes de la mouvance néonazie, dont deux anciens militaires et un ex policier, condamnés à Paris jusqu'à sept ans de prison. Ils visaient les juifs, les musulmans, les personnes LGBTQ+ et la gauche.
Par Lia Sagan · 3 juillet 2026
Le vendredi 3 juillet 2026, à Paris, six hommes issus de l'ultradroite la plus radicale ont été condamnés pour un trafic d'armes à des peines allant jusqu'à sept ans de prison. Ce ne sont pas des mots en l'air. Cinq d'entre eux, âgés de 22 à 25 ans, ont été reconnus coupables d'association de malfaiteurs terroriste. Parmi eux, deux anciens militaires et un ex policier. Le sixième, un policier retraité de 61 ans, a été condamné pour le seul trafic d'armes, l'enquête n'ayant pas établi qu'il savait à quoi ces armes étaient destinées.
Une liste de cibles
Le mot qui glace, dans ce dossier, c'est le projet. Ces sympathisants de l'ultradroite étaient soupçonnés d'avoir entretenu des desseins violents contre des catégories entières de la population : les juifs, les musulmans, la communauté LGBTQ+, la gauche. Une liste de gens à abattre pour ce qu'ils sont, pour ce qu'ils croient, pour qui ils aiment. C'est la définition même du terrorisme, et la justice l'a nommé comme tel.
Le pivot du trafic, un ancien soldat, a écopé de sept ans, sans période de sûreté. Devant le tribunal, la procureure Marine Valentin a décrit un homme façonné par une enfance bercée d'antisémitisme et de traditionalisme catholique, tout en estimant qu'il avait « évolué ». Le policier, lui, a été condamné à cinq ans, dont une partie sous bracelet électronique. La justice a donc trié, pesé, gradué les responsabilités. C'est son travail, et c'est rassurant qu'elle l'ait fait avec cette précision plutôt qu'à la hache.
Reste le vertige. Deux militaires, deux policiers, actifs ou anciens, mêlés à un projet de tuerie raciste et antisémite. On aime croire que l'uniforme protège de la barbarie. Ce dossier rappelle qu'il peut, parfois, la côtoyer. Ce n'est pas une raison pour salir ceux qui servent. C'en est une pour regarder, sans détour, où prospère la haine armée dans ce pays.
▸ Dans nos archives : quand une multinationale faisait affaire avec un régiment néonazi.
SOURCES · Faits vérifiés par sources ouvertes (CNews, Orange/AFP, 20 Minutes) : le 3 juillet 2026 à Paris, six hommes de la mouvance ultradroite pronazie condamnés pour trafic d'armes à des peines allant jusqu'à sept ans ; cinq prévenus de 22 à 25 ans reconnus coupables d'association de malfaiteurs terroriste, dont deux anciens militaires et un ex policier ; un policier retraité de 61 ans condamné pour le seul trafic d'armes ; projets violents suspectés contre les juifs, les musulmans, la communauté LGBTQ+ et la gauche ; réquisitions de la procureure Marine Valentin.
L'Archive · z/S · Lia Sagan
Un homme a été assassiné, un suspect est poursuivi. Elle en fait un rituel occulte, un complot, un feuilleton. Anatomie d'une machine à conspirations.
Le 1er juillet, un incident a privé des milliers de clients de La Banque Postale de leur salaire. Ce qui s'est passé, et ce que vous pouvez réclamer.
Une thèse virale affirme que les élites veulent votre disparition. Il y a de vrais problèmes dessous, et un saut vers le délire par dessus.
Un ex militaire ukrainien inculpé, les autorités ukrainiennes accusées d'avoir ordonné le sabotage. La piste que beaucoup, à Bruxelles, préféraient ne pas voir.
La voiture de fonction de Jean-Pierre Raffarin grille un feu et percute un homme à scooter. Une enquête est ouverte. Et une question gêne : d'où venaient ces gyrophares ?
On lit partout que la France ne figure plus dans le top 25 des démocraties. C'est vrai. Mais la conclusion qu'on en tire, elle, est fausse.