Retour sur le scandale pédophile des « ballets roses » de la République
Le 10 janvier 1959 est dévoilé le scandale pédophile des « ballets roses » de la République.
Ce jour-là, un article du journal Le Monde révèle la mise sous mandat de dépôt d’un policier accusé de détournement de mineures.
L’homme recrutait des jeunes filles de 14 à 20 ans qu’il offrait aux appétits sexuels de notables et d’hommes politiques.
A l’époque, l’âge de la majorité est de 21 ans.
Le policier se rendait dans des familles modestes, voire même dans des maisons de correction. Il promettait aux jeunes filles, qui rêvaient de devenir danseuses ou mannequins, de leur faire rencontrer des hommes d’influence qui pourraient leur faciliter leur carrière. Il avait parfois l’accord des parents.
Il les emmenait ensuite au Pavillon du Butard, à La Celle-Saint-Cloud, dans les Yvelines. Le bâtiment était mis à la disposition des présidents de l’Assemblée nationale.
Des suspects influents.
Quelques noms sortent dans la presse, dont celui d’André le Troquer, président de l’Assemblée nationale en fonction.
L’homme dispose d’une véritable aura. C’est un ancien résistant proche de de Gaulle, mutilé de la guerre de 1914, député SFIO et ancien avocat de Léon Blum.
Il crie au scandale. Clame son innocence. Selon lui, c’est un complot orchestré par la droite gaulliste, alors au pouvoir.
Mais les témoignages s’accumulent, glaçants.
L’horreur commise au sein même des institutions.
Les jeunes filles racontent avoir été obligées de danser nues, d’avoir des relations sexuelles et même d’avoir été flagellées par ces messieurs de la République.
Elles devaient parfois apprendre une chorégraphie mise au point par Elisabeth Pinajeff, une fausse comtesse roumaine et maîtresse de Le Troquer.
Le journal France Soir invente alors l’expression de « Ballets roses » de la République.
L’opinion publique est divisée.
La France est alors divisée. Certains sont scandalisés tandis que d’autres s’enquièrent de l’affaire avec un regard amusé. Après tout, selon eux, ce ne sont que quelques messieurs qui se sont divertis avec des nymphettes débauchées.
Le procès, qui s’ouvre devant le tribunal correctionnel de Paris plutôt que les assises, se tient à huis clos.
Vingt-trois prévenus se succèdent à la barre. Les peines iront jusqu’à cinq ans d’emprisonnement ferme.
André Le Troquer s’en sort, lui, avec un an de prison avec sursis et une amende de 9 000 nouveaux francs.
Selon le juge, ce verdict modéré est justifié par la reconnaissance d’un « long passé de services rendus » et le souci de ne pas « accabler un vieil homme ».
Source : Le Progres
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