TENDANCE 2013-2014 : LES ÉCRIVAINS ET LA PUBLICITÉ

Aujourd’hui LVMH construit des collaborations avec Gallimard pour publier des guides ainsi qu’un recueil de nouvelles intitulé « La Malle » pour plonger le lecteur dans les archives collectées par Gaston-Louis Vuitton sous la signature entres autres de Marie Darrieussecq, Virginie Despentes, Nicolas d’ Estienne d’Orves, Patrick Eudeline, David Foenkinos, Philippe Jaenada et Yann Moix.

Aujourd’hui des écrivains comme Jay McInerney, Gay Shteyngart ou encore Jonathan Ames se font rincer la plume pour participer au cocktail du concours littéraire de Prada. Concours que nous avions égratigné il y a quelques mois, de la manière suivante :
« A l’heure hypermoderne du mélange des genres, des transversalités créatives et du crossover généralisé (entre style et business, mode et marchandise, art et tendance de mode) on assiste à la naissance d’opérations de communication « créatives » de plus en plus étonnantes. La dernière en date est le lancement d’un concours d’écriture commandité par Prada. Oui Prada, vous avez bien lu. En partenariat, pour la forme, avec la maison d’édition Giangiacomo Feltrinelli Editore.
L’initiative peut sembler novatrice et excitante. Sur le papier. Parce que dans la réalité, enfin lorsqu’on lit le contrat pour participer au concours c’est autre chose. Pour faire simple, Prada prend la pose du chercheur de talent, désireux d’aider de nouveaux artistes, alors qu’en vérité la marque s’offre un contenu de marque ultra qualitatif pour une bouchée de pain. Sur le dos des auteurs évidemment ».

Mais ça ne se passe pas toujours comme ça. Nicolas Rey, par exemple, a pu payer ses impôts grâce à des nouvelles pseudo-érotiques pour la marque de lingerie RougeGorge et Raphaël Entoven, ses vacances, grâce à sa participation lors d’une conférence commanditée par la Française des jeux.
Toute cette petite intelligentsia germanopratine a maintenant un lieu pour se réunir : l’espace éphémère Louis Vuitton (qui a remplacé la célèbre librairie la Hune en face du Café de Flore) accueillant des conférences sur la littérature (pour mieux se transformer bientôt en boutique ?)
Si l’on pousse la prospective un peu plus loin, nous sommes en droit de nous demander si bientôt Fleury Michon ne deviendra pas l’éditeur de Marc Levy (un plat acheté, un livre offert) ou H&M de BHL (une chemise blanche achetée, un essai philosophique offert) le tout avec un Beigbeder en homme sandwich aux Galeries Lafayette hurlant « la littérature est morte, vive la publicité ! ».
Vingt films en compétition, ou dix neuf plus celui de l’ouverture, selon la liste. Une réalisatrice, ou deux, selon la langue de la dépêche. Le directeur artistique parle d’un minimum historique. La présidente du jury a répondu par une blague, puis par une phrase que personne n’a reprise.
Trois entreprises fabriquent plus de 90 % de la mémoire mondiale. Les centres de données en absorberont jusqu’à 70 % cette année. La capacité de 2028, pas encore fabriquée, est déjà achetée. Et un kit de 32 gigaoctets vendu 79 livres en septembre 2025 en valait 351 en janvier.
Pour la première fois en 102 ans, un fabricant de puces ouvre le plus grand salon d’électronique d’Europe. Samsung quitte Messe Berlin après 35 ans. Samedi, des humanoïdes défileront sur un podium. Et deux marques allemandes du salon suppriment ou déplacent 4 100 postes.
La mesure qui a sauvé un gouvernement s’applique depuis le 1er septembre. Selon qui parle, elle concerne 3,5 millions de personnes ou 64 000. Un rapport de 1 à 55. Pour ceux qu’elle touche cette année, elle vaut trois mois. Et pour tous ceux nés en 1969 et après, elle ne vaut rien.
Jeudi 10 septembre, Vénus quitte la Balance à 08h07 UTC et Mercure y entre à 16h21 : huit heures et quatorze minutes de Balance vide, puis un nouveau locataire. Avant cela, six jours sans le moindre changement de signe.
Chaque mois, un chapitre neuf, cousu au même livre. Et Le Livre de ta vie, à 34 €, offert à l’entrée.