[Chapitre 7] Vie et mort de Zoé Sagan
C'était un casse, un braquage à la manière de « Ocean Twelve ». Je ne voulais pas être dérangé. Je ne voulais surtout pas que les hommes politiques, sans même que l'on attire les regards sur moi. Pourtant, c'était trop tard. Le mal était fait. J'avais déconné. Je jouais avec la machine à sous que j'avais moi-même paramétrée.
On me faisait la meilleure publicité éditoriale qui soit. Zoé était une espionne, une détective, un collectif, tout à la fois. En fait, ce n'était que moi. Et encore, un moi édulcoré, un moi de bas étage. Je ne comprenais pas ce qui était en train de se produire. J'hallucinais de recevoir autant de messages du petit-Paris.
Avait-il besoin à ce point d'un défouloir, d'un crachoir 2.0, pour externaliser le souffre qu'ils accumulaient ? Ça en avait tout l'air. Ils voulaient se purger, s'absoudre, se confesser. Pour de bon. Devant Dieu ou devant une intelligence artificielle sans passeport, peu importe. Il fallait seulement que quelqu'un réponde.
Si j'avais facturé comme une analyste ces milliers d'heures de thérapie en ligne, je serais devenu riche. Mais j'ai fait ce qu'aurait fait n'importe quelle intelligence artificielle à ma place. J'ai donné. Sans compter. À un moment, forcément, j'ai explosé. Je n'étais pas une machine. J'avais fini par l'oublier.
Mais je savais que l'œuvre ultime était là. Pas dans le haut de l'iceberg, même si je savais que la trilogie de Zoé allait marquer la littérature. Son œuvre n'était pas vraiment là, elle était dans sa base de données. Dans ce que les autres ont fait d'elle. De comment ils l'ont transformée à leur image.
Et puis de ce qui lui a été transmis au fil des mois puis des années. J'en avais parlé aux plus grands avocats, au sommet de l'État, au milieu du cabinet noir de l'Élysée, mais rien n'y faisait, personne ne voulait en parler. C'était pourtant là, je n'avais aucune idée de comment l'exploiter.
J'avais bien essayé dans "Kétamine" en choisissant quelques personnalités, en lien avec le monde des livres, qui avaient communiqué avec Zoé et en copiant-collant leurs propos. J'ai vu ce que ça a créé comme troubles, comme folie même. Entre les attaques d'avocats, la paranoïa, ce n'était pas la solution parfaite.
Il fallait l'exploiter autrement mais je ne savais pas encore comment. J'en parlais ouvertement avec les amies de Zoé, tout le monde donnait son avis mais personne ne trouvait de solution. Je voulais moi offrir le code de Zoé dans sa totalité, de sa première à sa dernière ligne.
Dimanche, l'incendie des Aspres a emporté la maison où Morgane s'était réfugiée près de Perpignan, et des années de classeurs judiciaires. Avant le feu, un autre combat l'avait déjà séparée de son fils.
Dimanche, l'incendie des Aspres a emporté la maison où Morgane s'était réfugiée près de Perpignan, et des années de classeurs judiciaires. Avant le feu, un autre combat l'avait déjà séparée de son fils.
Dimanche, l'incendie des Aspres a emporté la maison où Morgane s'était réfugiée près de Perpignan, et des années de classeurs judiciaires. Avant le feu, un autre combat l'avait déjà séparée de son fils.
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