Le 2 septembre, ils obtiennent du G20 qu’aucun régulateur de l’IA ne soit créé. Le 21, ils demandent au Congrès des règles contraignantes. 19 jours.
À Chapel Hill, le G20 adopte à l’unanimité un cadre américain non contraignant qui décourage la création d’autorités dédiées à l’IA. 19 jours plus tard, OpenAI demande à Washington d’écrire des standards obligatoires, puis de les exporter.
Le 2 septembre, ils obtiennent du G20 qu’aucun régulateur de l’IA ne soit créé. Le 21, ils demandent au Congrès des règles contraignantes. 19 jours.
Vous avez suivi la première moitié de l’histoire. Voici la seconde, et elle est arrivée hier. Elle ne contredit pas la première. Elle la termine.

Vous vous souvenez de Chapel Hill. Nous en avons parlé ici le 2 septembre.
Caroline du Nord. 2 jours de réunion ministérielle Innovation du G20. Dans la salle, des ministres du commerce, et Elon Musk, Jensen Huang, Sam Altman. À la tribune, la présidence américaine et son conseiller pour la science et la technologie, Michael Kratsios.
Sur la table, un texte. Les Carolina Principles. Non contraignant, c’est écrit dessus. 4 idées · réserver toute nouvelle régulation aux considérations inédites, financer la recherche fondamentale, ouvrir les débouchés commerciaux, et réguler par les autorités sectorielles qui existent déjà.
Plus une cinquième, qui est la vraie. Décourager la création de nouvelles autorités dédiées à l’IA.
20 pays. Unanimité. Y compris celui qu’on nous présente chaque matin comme l’adversaire systémique de Washington sur la technologie. Sur un texte américain. En Caroline du Nord. En 2 jours.
Nous l’avions écrit ce jour là · le gendarme financier mondial envoyait 2 pages d’alerte sur l’IA aux ministres des Finances du G20 pendant que le même G20 rédigeait un texte pour ne créer aucun régulateur. C’était la scène. Voici la suite.
9 jours plus tard9 septembre. Chris Lehane, directeur des affaires publiques mondiales d’OpenAI, revient sur la ligne que son entreprise tenait jusque là contre des règles fédérales contraignantes aux États Unis.
Il approuve 4 choses. Des tests communs. Une évaluation indépendante des modèles. Des exigences de cybersécurité. Le signalement obligatoire des incidents de sécurité graves.
Relisez la liste. C’est à peu près le sommaire d’un règlement.
10 jours encore21 septembre. Hier. OpenAI publie un texte intitulé « Building standards for the next phase of AI ». L’entreprise demande au gouvernement américain d’élaborer des standards de sûreté et de sécurité contraignants pour les modèles de frontière. Et de conduire l’effort à l’échelle mondiale.
La méthode proposée · s’appuyer sur le réseau existant des instituts de sûreté de l’IA. Australie, Canada, Allemagne, France, Kenya, Japon, Corée, Singapour, Inde, Royaume Uni. Plus le CAISI américain.
Le sujet technique du document, c’est l’auto amélioration récursive, la RSI, ce moment où un modèle améliore ses propres capacités sans intervention humaine. L’entreprise écrit que cela ne se fait pas aujourd’hui, et qu’on ne devrait pas s’y engager tant qu’on ne sait pas le faire en sécurité.
Bien. On est d’accord. Ce n’est pas le sujet.
Le sujetLe sujet, c’est la séquence. Elle tient en 3 dates et il faut les lire à la suite.
2 août 2026. Bruxelles applique. Les obligations de transparence de l’article 50 du règlement européen entrent en vigueur. Un agent conversationnel doit prévenir qu’il est une IA, sauf quand ça ne fait aucun doute.
2 septembre 2026. Chapel Hill suspend. 20 pays signent qu’on ne crée pas d’autorité dédiée.
21 septembre 2026. Washington reprend la main. L’entreprise la plus exposée de la salle demande des règles contraignantes, et propose que son propre pays les écrive, puis les exporte à travers un réseau d’instituts nationaux.
Ce n’est pas un revirement. C’est un ordre de marche. On obtient d’abord que personne n’écrive la règle. On écrit ensuite la règle. Entre les deux, 19 jours.
Pendant ce temps, à ParisLa France figure dans la liste des pays sur lesquels OpenAI propose d’adosser les futurs standards mondiaux. C’est flatteur.
Le schéma français de désignation des autorités compétentes au titre du règlement européen a été publié par le gouvernement le 9 septembre 2025. Il répartit le travail · la DGCCRF coordonne, la CNIL prend la biométrie et les données personnelles, l’Arcom les deepfakes, l’ACPR la finance, l’ANSSI la cybersécurité, la HAS et l’ANSM la santé.
Il n’a toujours pas été adopté par le Parlement. Un an et treize jours.
Et le calendrier européen lui même a reculé · les obligations pour les systèmes à haut risque de l’annexe III, réajustées par le Digital Omnibus, ne deviennent applicables que le 2 décembre 2027.
Nous avions détaillé ce que l’AI Act interdit vraiment, et ce qu’il se contente d’annoncer, puis l’exception de l’article 50 dans laquelle 15 000 sites d’information générés par IA se sont installés. Nous avions suivi la pause de l’IA que ni Meta ni Mistral n’ont signée, celui qui demande de ralentir pendant que le silicium encaisse, et ce matin les 10 gigawatts et les 100 milliards d’OpenAI et Nvidia, un an jour pour jour. Jeudi 24 septembre, le dîner d’État de la Maison Blanche comptera deux chefs d’État et beaucoup de gens qui n’en sont pas.
Ce qu’aucune rédaction française n’a mis en ligneLes Carolina Principles ont été couverts par la presse tech anglophone. L’adoption d’un texte américain sur la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle, à l’unanimité des vingt, Chine comprise, n’a pas été traitée comme un événement diplomatique par la presse généraliste française. Pas de une, pas d’édito, pas de plateau.
Et personne n’a publié les 3 dates à la suite. Elles sont publiques toutes les trois. Elles sont à 3 semaines d’intervalle. Elles racontent qui écrit la loi de la décennie.
Rectificatif à l’usage de la prochaine réunion ministérielle · dans le communiqué du 2 septembre, il fallait lire « nous ne voulons pas de nouvelle règle » au sens de « nous ne voulons pas de la vôtre ».
Le 25 juin, onsemi promettait 7 milliards en actions pour Synaptics au nom de l’IA physique. L’action a perdu environ 23 pourcent. Le 1er octobre, l’accord est révisé : 123 dollars par action en liquide, environ 5,7 milliards.
Au moins 125 millions de budget, environ 100 de promotion, 8 millions en Amérique du Nord selon l’AP. Le film de Warner s’effondre la veille du jour où Paramount avale le studio, pendant que Verity prend la tête et qu’Avengers: Endgame repasse devant Avatar.
Le 6 octobre, Paramount Skydance clôt le rachat de Warner Bros. Discovery à 31 dollars l’action. Aucun studio vendu. À la place, des promesses : 30 films par an, 47,5 millions pour les salariés, 30 millions de pénalité par film manquant. L’enquête, chiffres en main.
PARADISE #055. 1937 Paris rencontre Cristobal 42 ans Wladzio 36 ans aristocrate polonais. Maison Balenciaga Avenue George V 1937. 11 ans union secrète. 18 mai 1948 Wladzio crise cardiaque massive 47 ans. Cristobal ferme maison Avenue George V 7 jours sans explication. Diana Vreeland Vogue
Google sort Gemini 4 Argon d’abord pour des défenseurs informatiques triés via son programme Fairwind, sans garde-fous cyber selon 9to5Google. Le public suivra bientôt. Tarif d’introduction 2 et 10 dollars le million de jetons, puis 4 et 20.
Le 1er octobre, l’APL prend 1,15 % le matin du jour où le budget 2027 qui la gèle est présenté. Le gaz prend 6,3 %, le plafond des franchises 40 euros de plus. En face, des agents IA à 500 dollars par mois et des contrats à 357 millions. La relecture de la semaine règle le thermostat.