Chacun voit ce qu'il croit. Prenons Zoé Sagan : les journalistes le présentent partout comme "publicitaire", quand le président du tribunal lui-même le qualifie d'"écrivain, scénariste, dramaturge"
« Que ce soit le Point, Marianne, France Info et d'autres, l'unanimisme médiatique qui entoure le procès opposant Brigitte Macron à Zoé Sagan est emblématique d'une forme de sécession entre plusieurs mondes qui n'ont plus rien à se dire.
Au tribunal, le décalage sautait d'abord aux yeux dans sa mise en espace : séparés par des cordons rouges infranchissables (les policiers, nombreux, y veillent), le groupe de journalistes amassés devant la salle d'audience n'a manifestement rien à savoir de la "foule bigarrée" (Marianne) venue soutenir les prévenus, ou par simple volonté de comprendre.
Le seul "échange", disons plutôt interaction, qui a lieu lors d'une suspension entre journalistes et "foule bigarrée" est une mise en accusation réciproque : complotistes contre suppôts du pouvoir.
On voyait la colère dans le regard des premiers, le mépris dans le regard des seconds. Dans la salle également, la ségrégation est entretenue : les bancs réservés à la presse, qui peut tweeter en direct et trainer sur les réseaux tandis que les téléphones sont interdits au reste du public, empêche tout brassage.
Ainsi, chacun voit ce qu'il croit. Prenons Zoé Sagan : les journalistes le présentent partout comme "publicitaire", quand le président du tribunal lui-même le qualifie d'"écrivain, scénariste, dramaturge".
La "foule bigarrée" voit et sent toujours ces différences de traitement. Quoi qu'on pense du personnage, quoi qu'on pense de la qualité de ses livres (à propos desquels je n'ai aucun avis), Aurélien Poirson-Atlan a passé plus d'une heure à la barre à évoquer la dimension littéraire de son travail, détaillant notamment son concept d'infofiction couplée à l'intelligence artificielle.
Personne ne demande à quiconque d'adhérer à cette approche de la littérature, seulement de la prendre en considération.
Car ce qui est présenté dans la presse comme un discours "confus" était au contraire un point de vue plutôt argumenté sur le vrai et le faux, la fiction et le réel, la théâtralisation du monde, le personnage fictif de Zoé Sagan n'étant qu'une sécrétion de cette bouffonnerie générale.
🚨 « Que ce soit le Point, Marianne, France Info et d'autres, l'unanimisme médiatique qui entoure le procès opposant Brigitte Macron à Zoé Sagan est emblématique d'une forme de sécession entre plusieurs mondes qui n'ont plus rien à se dire.
— Lia Sagan (@liasagan) October 30, 2025
Au tribunal, le décalage sautait… pic.twitter.com/4CZXz51F5a
Dès lors, la "foule bigarrée" se pose une question légitime : pourquoi aucun média ne choisit de présenter le procès sous un angle différent, celui d'un pouvoir omnipotent qui persécute un écrivain français avec une procédure bâillon ?
Ce sont toutes ces choses racontées nulle part que je m'apprête à évoquer à ma manière dans un article à venir, pour ceux que ça intéresse évidemment. »
Maxime DesGranges
Mardi 15 septembre, Salles du Carrousel, la cérémonie des 50 Best Hotels quitte Londres pour la première fois. La même année, quatre maisons françaises ont perdu leur label Palace, dont le Byblos. Deux jurys, deux verdicts, un seul pays.
Deux jours à Nuuk, une sortie en bateau parmi les icebergs, une enveloppe de 200 millions d’euros. Toute la couverture a titré sur Donald Trump. Satellites, connectivité et centres de données attendaient dans le dernier tiers des dépêches.
L’étude Global Burden of Disease 2023, publiée dans The Lancet Public Health, compte 2,71 milliards de personnes exposées à la fumée secondaire dans 204 pays. Deux chiffres en sortent le même jour. Un seul est devenu une information.
Le gouvernement présente sa loi de modernisation de la sécurité civile le jour où les pompiers déposent un préavis de grève jusqu’au 20 octobre, soit la fin de l’examen du budget. Et 87 pourcent de leurs missions sont désormais du secours d’urgence aux personnes.
Le deuxième film de Charline Bourgeois-Tacquet sort mercredi 9 septembre. Léa Drucker y joue une chirurgienne d'hôpital public que rien n'arrête, jusqu'à ce qu'une romancière vienne passer quelques semaines dans son service. Le film était en compétition à Cannes le 13 mai.
Depuis 2021, le prix Femina proclamait ses lauréats au musée Carnavalet. À partir de cette année, il le fera au 30 avenue Montaigne, chez Dior. Le jury affirme qu'aucun financement n'est en jeu et parle d'avantages, sans dire lesquels. La proclamation est fixée au 4 novembre.