La censure annoncée six semaines à l’avance
Le 18 septembre 2026, le gouvernement dépose son budget 2027. Le même jour, trois groupes de gauche annoncent qu’ils le censureront. Le débat s’ouvre en octobre. La censure a donc été annoncée avant que le texte ait été lu.
Le 18 septembre 2026, le gouvernement dépose son projet de budget 2027 devant le Haut Conseil des finances publiques. Le même jour, trois groupes de gauche annoncent qu’ils le censureront. La France insoumise par la voix de Mathilde Panot, les écologistes par celle de Cyrielle Chatelain, les communistes par celle de Stéphane Peu. Le débat parlementaire, lui, ne s’ouvre qu’en octobre.
Autrement dit, la censure a été annoncée avant que le texte ait été lu. Ce n’est pas un reproche, c’est une description. Dans un régime où l’exécutif n’a plus de majorité et où la présidentielle est en vue, le calendrier parlementaire n’est plus un lieu de délibération, c’est un plateau de tournage dont tout le monde connaît le scénario.

Les socialistes, eux, jouent le seul rôle encore intéressant. Boris Vallaud dit qu’il est vraisemblable qu’ils votent la censure, tout en n’excluant pas de participer aux discussions budgétaires. Le 23 septembre, Sébastien Lecornu leur tend la main et propose de bâtir un compromis, comme l’an dernier. Comme l’an dernier, donc, un gouvernement sans majorité négocie avec un groupe qui annonce publiquement qu’il le renversera peut être. On appelle ça de la vie parlementaire. Ailleurs on appellerait ça une négociation d’otages où personne ne sait qui est l’otage.
La phrase du Premier ministre citée dans notre panneau vaut la peine d’être relue à froid · personne ne pourra s’exonérer du réel très longtemps. Elle est juste. Elle s’applique aussi à celui qui la prononce.
À côté, le Rassemblement national compte 122 députés et menace lui aussi. Trois candidats déclarés à la présidentielle siègent ou gravitent dans cet hémicycle. Le budget 2027 n’est pas discuté comme un budget, il est discuté comme un premier tour.
Sur l’argent public et ceux qui en vivent, voir aussi qui finance l’intérêt général au Sénat, les 211 milliards d’aides aux entreprises, les sénatoriales du 27 septembre et le budget culture 2027 traité au cas par cas. Et si vous préférez les énoncés datés aux commentaires, le registre des prophéties est ouvert.
PwC chiffre à 31 600 milliards de dollars l’investissement mondial en infrastructures d’intelligence artificielle jusqu’en 2050. Les États Unis en captent 48 pourcent. Ce qui compte dans ce genre de document, ce n’est jamais le total, c’est la répartition.
19,94 millions d’entrées en août 2026 dans les salles françaises, le double d’août 2025, record absolu depuis 1980. Sauf que deux films font 71 pourcent du mois à eux seuls. Ce n’est pas une reprise, c’est une loi de puissance.
Les actionnaires de Warner Bros. Discovery ont rejeté la paie de David Zaslav trois exercices de suite. Il partira avec 887 millions de dollars, dont 335,4 millions de remboursement d’impôt. Le vote est consultatif. Portrait d’un métier qui n’a rien à voir avec le cinéma.
2 semaines après sa levée de 3 milliards d’euros menée par Samsung, avec Nvidia et ASML, Mistral rachète Pimento, start up de publicité par IA, pour près de 3,8 millions selon L’Informé. Soit 0,13 % de la levée. Sans annonce officielle.
Sotheby’s vend à Paris la collection de Jeanne Schlumberger. En tête, un Iris de Monet estimé 22 à 30 millions d’euros, près de 7 à 9 fois le record d’un Monet tardif. En bas, 3 Cézanne classés trésors nationaux, et 30 mois pour l’État.
L’accord sur le Groenland a été signé à New York le 22 septembre et publié par la Maison Blanche. Lu article par article : pas de nom, pas de date de fin, des bases nouvelles soumises à accord mutuel, et un futur État indépendant déjà engagé.