Interdire Facebook en France : Un choix historique. Un choix terrifiant. Un choix très français
Il y a des présidents qui rêvent de laisser une trace dans l’Histoire avec des lois, des traités, des monuments. Emmanuel Macron, lui, veut être celui qui aura osé faire ce que personne n’a jamais osé faire depuis l’invention du web – couper l’Europe du reste du monde numérique.
Depuis plusieurs mois, l’Élysée ne parle plus à demi-mot.
L’objectif n’est plus de « réguler », ni de « protéger les mineurs », ni même de taxer davantage.
L’objectif est devenu l’interdiction.
Interdiction totale.
Interdiction de Facebook.
Interdiction de X.
Interdiction progressive, puis générale, des services des GAFAM sur le sol européen.
Et la France, une fois encore, joue les fers de lance.
Hier sur BFMTV, Benjamin Haddad, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, n’a même plus pris la peine de tourner autour du pot :
« [Interdire Facebook], oui, ça fait partie des outils. »
C’est dit. Sans filtre. Sans « peut-être ». Sans conditionnel.
On sait maintenant que l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans n’était qu’une étape, un cheval de Troie médiatique.
La vraie cible, depuis le début, c’est l’ensemble de la population.
Macron ne veut plus seulement mettre des garde-fous ; il veut arracher le câble.
Et pour y parvenir, il est prêt à dégainer le bazooka économique de l’Union – cet instrument anti-coercition créé en 2023 que personne n’avait encore osé sortir du coffre.
Exclusion des marchés publics, taxation confiscatoire, restrictions de capitaux, et in fine bannissement pur et simple des plateformes.
Tout est sur la table.
Benjamin Haddad ne travaille plus que sur ça depuis des semaines : convaincre les Allemands (pas simples), les Italiens (méfiants), les Polonais (très réticents), les Néerlandais (libéraux jusqu’à la moelle).
Il négocie, il promet, il menace, il agite le spectre de la « souveraineté numérique » et de la « dignité européenne ».
Chaque jour qui passe, le curseur monte d’un cran.
Mais soyons lucides.
Si ce projet aboutit et il n’est pas encore écrit qu’il aboutira, ce sera le dernier clou dans le cercueil de l’Europe ouverte, connectée, créative et un peu bordélique qu’on a connue pendant vingt-cinq ans.
Parce qu’on ne coupe pas les ponts avec les 3,5 milliards d’utilisateurs quotidiens de Meta, Google et X sans conséquences cataclysmiques.
Sur l’économie. Sur l’innovation. Sur la recherche. Sur la visibilité des créateurs européens. Sur la circulation de l’information. Sur la capacité même des oppositions à s’organiser.
Et pourtant… paradoxalement…
C’est peut-être la seule chose qui pourrait enfin faire taire, pendant quelques semaines au moins, les commentaires incessants sur Brigitte et Emmanuel.
Car une fois les GAFAM interdits, il n’y aura plus grand-chose à commenter en direct.
Plus de threads assassins. Plus de montages. Plus de captures d’écran. Plus de mèmes.
Juste le silence numérique, le vide, et le bruit des télévisions d’État qui parleront d’autre chose.
C’est sans doute ça, la « grande marque » que le président veut laisser :
avoir été le premier dirigeant occidental à préférer l’anesthésie générale plutôt que la critique permanente.
Un choix historique.
Un choix terrifiant.
Un choix très français.
On saura bientôt si l’Europe le suivra dans cette folie…
ou si elle le laissera, une fois de plus, partir seul au front.
Dans les deux cas, le spectacle promet d’être instructif.
Et très cher.