L’homme au sweat orange vous vend un costume. Louis Vuitton lance aujourd’hui sa collection de bureau
Pharrell Williams a passé trois ans à mettre des perles sur les podiums Vuitton. Ce 3 septembre, il sort une ligne entière de tailleurs et de mallettes. La maison appelle ça Formal. Deux jours après la rentrée scolaire, vous pouvez aussi appeler ça la rentrée.
L’homme au sweat orange vous vend un costume. Louis Vuitton lance aujourd’hui sa collection de bureau
Pharrell Williams a passé trois ans à mettre des perles et du camouflage sur les podiums Vuitton. Ce 3 septembre, il sort une ligne entière de tailleurs, de mallettes et de tenues de soirée. La maison appelle ça Formal. Vous pouvez aussi appeler ça la rentrée.
Signé Tiffany & Chanel. Le calendrier est trop propre pour être innocent. Le 3 septembre, deux jours après la rentrée scolaire française, Louis Vuitton met en vente sa collection Formal printemps été 2027. Trois catégories permanentes : Timeless Business, Modern Tailoring, Evening. La maison parle d’essentiels de transition, de rentrée et d’événements. Le vestiaire de bureau, vendu au moment exact où l’on remet un réveil.
Il y a une ironie de casting et elle est de bonne guerre. Le directeur artistique homme de Vuitton, c’est Pharrell Williams, un homme dont l’image publique tient dans un sweat à capuche et une casquette. Le voilà chargé de raccourcir des vestes croisées. Il ne s’en cache pas : la collection est décrite comme un clin d'œil aux codes preppy d’origine, un costume rendu abordable sans renoncer à la référence d’élégance pure.
Le détail, chez Vuitton, est toujours l’endroit où l’argent devient visible. Médaillons LV suspendus, pressions et boutons de manchette, boutons en corne, en métal ou en strass, tirettes de fermeture incrustées de cuir, écussons brodés, motifs Monogram dispersés dans des mélanges de soie, de laine et de cachemire. Un costume ne se signe pas sur la coupe, il se signe sur ce qui accroche la lumière à 1 mètre.
Et puis il y a la ligne Aerogram, hommage revendiqué aux racines jet set de la maison, avec des noms qui ne se prennent pas au sérieux : Fastline Backpack, Boarding Messenger, Takeoff Pouch. Un sac à dos, une sacoche, une pochette. Traduits en français, ce sont les objets d’un salarié qui prend un avion tôt. Traduits en Vuitton, ce sont des bagages, ce qui reste le seul métier historique de la maison.
Un vestiaire de bureau, c’est du réachat. C’est un client qui revient parce qu’il a usé un pantalon, pas parce qu’un défilé l’a ému. Après trois années de gueule de bois, où trois maisons racontaient la même guerre de trois façons différentes, la catégorie permanente vaut mieux qu’une collection capsule. Elle ne fait pas la couverture. Elle fait le chiffre.
La séquence Vuitton de cet été a d’ailleurs une logique, si on la relit d’un bloc. Le 27 août, la maison vendait sa toile Monogram sous forme de maquillage, à 340 dollars la palette. Fin août, le groupe ouvrait 69 lieux dans 12 pays pour ses Journées Particulières. Aujourd’hui, le costume. Maquillage, patrimoine, vestiaire quotidien : trois portes d’entrée, trois budgets, aucune qui demande d’aimer la mode.
Pendant ce temps, le groupe se déleste. Le 3 août, LVMH a revendu Patou à Dilesh Mehta, l’entrepreneur qui lui avait cédé la majorité de la maison en 2018, via sa holding Nirvana Investments. Montant non communiqué. En février, Patou s’était séparé de son directeur artistique Guillaume Henry après sept ans, lui qui avait réveillé une maison endormie depuis trente ans. On garde ce qui se réachète, on rend ce qui se raconte. Le grand tour de manège des directeurs artistiques tourne toujours, mais le manège appartient aux comptables.
Reste une image pour la route. Un homme en sweat orange, casquette vissée, assis sur une chaise de festival, qui vous explique la coupe d’un blazer croisé. Il a raison sur un point : personne n’a jamais vendu un costume à quelqu’un qui en portait déjà un.
PARADISE #048. Christian Lacroix maison fondée juin 1987 Bernard Arnault investit 32 millions dollars (LVMH 92% capital). Françoise Rosensthiel PDG 22 ans. Cumul pertes 1987-2009 = 1.1 milliard euros. Tribunal Commercial Paris liquidation judiciaire 16 mai 2009. LVMH vente Falic Group 4 mi
Dallas, 9 septembre. Donald Trump promet 5 000 dollars à chaque adulte américain si les républicains gardent la Chambre et le Sénat le 3 novembre. Facture estimée : 1 200 milliards, soit les deux tiers du déficit fédéral annuel. En 2025, il en promettait 2 000. Ils n’ont jamais été versés.
Dans les Bouches du Rhône, la liste d’union de la droite et du centre avait l’investiture officielle de la commission nationale de LR. Vendredi, dernier jour du dépôt, le président de LR a soutenu la liste dissidente. Les sénateurs centristes ont répondu deux mots sur X : coup de poignard.
Sur CNews mercredi, pressée de dire si la théorie du grand remplacement est raciste, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations a laissé sa phrase en suspens. Quatre voix lui répondent. Et son projet de loi contre le racisme arrive au Sénat, qui se renouvelle le 27 septembre.
Le budget voté en février tablait sur 1 %. L’Insee a dit 0,4 % jeudi. Bercy a dit 0,5 % vendredi matin. Le consensus des économistes dit 0,6 %. Le Trésor a publié la décomposition qui explique l’écart : 0,2 pour Ormuz, 0,1 pour la canicule, 0,2 pour le reste. Personne n’a posé l’addition.
Vendredi 11 septembre, le prix Médicis a publié sa première sélection. La presse a relevé la même ligne : pas un Gallimard parmi les 18 romans français. Six de ces 18 sont pourtant publiés par des maisons du groupe Gallimard. Flammarion, Mercure de France, P.O.L.