1 024 arrestations en 5 jours. En France, l'affaire Epstein compte ses années
L'opération Interpol Global Chain a permis plus de mille arrestations contre la traite dans 59 pays, dont 17 en Belgique pour un réseau livrant des mineures en France. Mis en regard avec le tempo français sur Epstein.
Quand ils veulent, ils peuvent. C'est la première chose que dit ce bilan. Du 8 au 12 juin 2026, en cinq jours, l'opération Global Chain coordonnée par Interpol depuis Lyon a permis 1 024 arrestations dans 59 pays, sur quatre continents, contre les réseaux d'exploitation sexuelle, de travail forcé et de mendicité forcée. Le communiqué, publié le 6 juillet, aligne les chiffres comme des balles : 2 070 victimes identifiées, 465 enquêtes ouvertes, 334 arrestations pour traite d'êtres humains et 690 pour des infractions associées. Environ un dixième des victimes sont des mineurs. Cinq jours. Cinquante neuf pays. Voilà ce que produit une volonté quand elle est là.
Le volet qui nous concerne directement est belge, et il est glaçant. Les autorités ont interpellé 17 suspects, à Charleroi et Verviers, après avoir démantelé un réseau qui recrutait des mineures via les réseaux sociaux, les séquestrait, puis les forçait à se prostituer en Belgique et en France. La presse belge évoque 22 mineures identifiées, dont 21 de nationalité belge et une Polonaise, un décompte qu'il faut attribuer aux médias belges et non au communiqué d'Interpol. La France, ici, n'est pas la salle des machines. Elle est une destination.

Le contraste que personne n'ose poser
Maintenant, mettez ce tempo à côté d'un autre. En France, sur le volet Epstein, le parquet de Paris a ouvert en février 2026 deux enquêtes cadres, l'une sur les infractions sexuelles et la traite, l'autre sur les ramifications financières. En mai, la procureure Laure Beccuau appelait les victimes à se manifester et annonçait une vingtaine de femmes recensées. La durée annoncée de ces enquêtes : plusieurs mois, voire plusieurs années. D'un côté, cinq jours et mille arrestations. De l'autre, plusieurs années et une vingtaine de victimes qui doivent lever la main elles mêmes.
Soyons précis, parce que le sujet interdit la facilité. Comparer les deux ne veut pas dire qu'ils sont liés, ni qu'il y aurait obstruction dans le dossier français. Une opération coup de poing internationale et une enquête préliminaire sur un réseau de notables ne sont pas la même nature de procédure. Mais la mise en regard reste légitime, parce qu'elle porte sur une seule variable : la vitesse. Quand l'exploitation touche des inconnus, la réponse peut être mondiale et fulgurante. Quand elle touche le carnet d'adresses des puissants, elle devient patiente. Ce n'est pas une accusation. C'est une observation, et elle suffit.
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